Le samedi 30 mars Journée départementale du CMR Loiret à Lombreuil :

Vivre en rural ! ?

Depuis novembre dernier l’actualité a mis en lumière de façon inattendue et brutale les difficultés d’une grande part de la population, particulièrement en rural, à vivre au jour le jour et à être entendue par nos dirigeants. A l’occasion de sa journée départementale, le bureau du CMR Loiret a proposé aux équipes de prendre une part active au débat qui nous est proposé, à nous y engager, à faire entendre notre espérance de Chrétiens face aux enjeux de cette crise démocratique, écologique et sociale. Le but de cette journée était de mettre en commun nos engagements dans ce débat et d’oser une parole commune sur ces questions si complexes. Elle a réuni 35 personnes en lien avec le CMR ou engagée dans d’autres mouvements, paroisses, municipalités.

La matinée a commencé par un échange sur ce que nous avons vécu de cette crise.

Au-delà du problème de la taxe sur le prix du gazole nous avons compris que les mécontentements étaient nombreux et profonds. Et peut-être toujours pas entendu par le gouvernement. Les gens n’ont plus de porte-parole ils se sentent seuls à l’exemple d’une femme en difficulté sociale qui va tous les samedis sur le rond-point : « j’ai trouvé une famille ! »

On voit des salaires ou des indemnités faramineuses qui ne sont pas plafonnées. Pourquoi ?

Comment nous nous sommes engagés dans le débat national ?

Dans nos communes des débats ont été proposés, par les municipalités

  • A Sully :

Un débat très dirigé sur des questions qui ne concernent pas directement la vie des gens. Un sentiment d’insatisfaction de ne pas avoir pu s’exprimer.

  • A Sandillon : les gens ont pu s’exprimer dans des cahiers de doléances

Le débat a été organisé par les élus en 2 séances mais sans intervention de leur part. Une grande écoute entre les gens. Des échanges ramenés au niveau local. Les gens ont des idées mais comment les faire remonter, les étudier et les appliquer ? Un moment très positif dans la vie locale.

  • A Ervauville

Un débat organisé par la commune : 40 à 50 personnes. Il y a eu un vrai dialogue, pas un « déballage ».  On a le sentiment d’avancer.

Des débats ont eu lieu à l’initiative de citoyen ou d’association locale

  • A Beaune la Rolande :

Débat lancé par un citoyen (40 à 50 personnes participantes) mais pas de « gilets jaunes ». Des gens de milieux très différents avec pour certains des discours assez agressifs et contestataires. Les gens n’ont pas l’habitude d’échanger, de discuter et d’écouter.

  • A Nogent Sur Vernisson

Organisé par une association. Une quarantaine de participants 3 « gilets jaunes » présents. Ils ont trouvé des copains et ils souhaitent dialoguer.

  • A Saint Germain des Prés

Organisé par des habitants et soutenu par la mairie (maire présent mais n’a pas participé). Une quarantaine de participants. Aucun « gilets jaunes ». Une forte demande d’écoute des gens par les responsables politiques. Des débats animés par des personnes compétentes mais qui ont su laisser la parole aux participants. Des récriminations contre les gilets jaunes. Les formes violentes des manifestations sont source de divisions et d’une violence latente.

Pour 2 équipes CMR la participation au Grand Débat a été le sujet d’une ou plusieurs rencontres.

  • Pour mieux comprendre : « qu’est ce qu’on apprend » sur la vie des gens à travers ces manifestations. Dans nos réseaux, nos amis on ne connait pas de personnes engagées dans ce mouvement ! Ce qui apparait le plus c’est le manque de dialogue entre les gens. …
  • Pour réfléchir à des propositions : à partir de ce que nous vivons et des analyses des mouvements, associations et autres qui pensent et agissent sur ces sujets (transition écologique, citoyenneté).
  • Pour repèrer les signes d’espérances ?

Au Secours Catholique des temps d’échanges ont été proposés entre bénévoles et accueillis. Ils ont donné lieu à des échanges très profonds. Parmi les sujets une réflexion sur les taxes : Pourquoi on en paye, à quoi sert l’argent collecté.

Nous n’avons pas eu d’échos d’initiative au niveau des paroisses.

Ce grand débat devrait être reconduit à d’autres moments et ne pas attendre un évènement dramatique. Cela permettrait à la population de s’exprimer sur divers sujets.

Au-delà des difficultés et des inquiétudes pour l’avenir quels signes d’Espérance ?

Les manifs ont permis de s’exprimer, de s’écouter, à des gens qui n’en n’avaient jamais fait l’expérience. Quelques uns ont envie de continuer à réfléchir autrement et à s’engager.

La mobilisation des jeunes lycéens. On avait l’habitude de les voir dans la rue chaque printemps cette fois c’est sur des revendications plus profondes et d’autres modes d’engagement (pour certains le jeûne a été un moyen de s’engager).

Les marches pour le climat qui prennent de l’ampleur (avec ponctuellement des « gilets jaunes » qui s’y associent).

Des nouvelles façons de s’informer et de s’engager : les formations proposées sur internet par le réseau des « colibris » ; des expériences qui se développent : éco-écoles, recycleries, jardins partagés …

Les élans de solidarité lors d’événements difficiles : inondations, incendies… avec un réel souci les uns des autres.

Ensuite trois groupes se sont constitués pour réfléchir à des propositions : démocratie et citoyenneté, organisation de l’état et des collectivités publiques et transition écologique

Démocratie et citoyenneté

  • Des recherches sont faites sur les modalités de vote. Cumul des mandat, RIC, mais rien n’est simple. Des expériences existent : postes tournants pour des maires-adjoints, conseillers d’opposition qui laisse leur place au bout de 2 ans au suivant de leur liste, etc.
  • Création de lieux de proximité ou les différentes questions des citoyens pourraient trouver une réponse comme les maisons de service d’accueil du Public (ex. à Beaune la Rolande : 1 personne qui accueille et aide les gens dans leurs démarches avec accès informatique) ou les bus numériques qui vont dans les villages.
  • Passer de l’information à l’éducation pour un changement de mentalité mais comment toucher les gens qui sont saturés d’informations et de sollicitations, particulièrement sur le net. On éprouve souvent un sentiment d’impuissance face à la complexité des problèmes.
  • Dialogues et échanges : proposer des temps de débat sur une commune par quartier, par thème, par tranche d’âge, et ensuite des propositions viendront
  • La non maitrise des décisions : on élit une personne et comment on lui redemande des comptes par la suite. Instituer des moyens et soi-même y être attentif.
  • Savoir déléguer : pas de super Maires qui font tout il en est de même pour les responsables associatifs, pastoraux…
  • Favoriser la convivialité pour rompre et éviter l’isolement des personnes : aller à la rencontre : proposer des actions collectives : ramassage des déchets …
  • Reconnaitre en chacun(e) des capacités différentes ; pas facile de prendre la parole, d’oser dire ce que je pense, le regard des autres est pesant : apprendre
  • Dans l’éducatif : milieu familial, scolaire, investissement dans l’associatif.
  • Ecoute et respect des différentes idées : chacun(e) détient un bout de vérité
  • S’informer et se former : animation d’un groupe, prise de parole : climat de confiance
  • S’adapter au public, au territoire
  • des moyens : bulletin municipal, panneaux d’affichage, blog, sondage pour demander des avis
  • Faire confiance : laisser vivre des expérimentations.
  • Rejoindre les personnes car notre société crée bien des écarts : mobilité des personnes, rythme du travail, famille monoparentale, précarité… comment avoir la tête à s’engager quand des soucis sont au quotidien
  • Prendre conscience que toutes nos actions ont un sens et des répercussions.
  • Notre foi au christ nous pousse à nous engager, à aller à la rencontre des personnes en plus grande fragilité
  • Attention à la prise de décisions : seul ou collectif
  • « il faut toute une vie pour gagner la confiance, il faut 5 minutes pour la perdre »

Organisation de l’état et des collectivités publiques

De quoi a-t-on besoin comme services publics sur notre territoire de vie ?

  • Le territoire de vie c’est l’endroit où l’on peut communiquer ensemble : associations, écoles, commerces, Eglise. Il est difficile à définir pour chacun car on appartient à des espaces de vie différents : vie familiale et de village, vie professionnelle, scolarité des enfants, etc.
  • Danger des métropoles locales : regroupement des activités dans le même lieu pour un canton.
  • Nécessité de communication entre les citoyens et les dirigeants.
  • Les décisions ne sont pas prises à l’échelon concerné. La base n’a plus que le choix d’accepter ou de manifester

Transition écologique

  • Privilégier les initiatives basées sur la recherche du bien commun. Soutenir les initiatives des associations, des collectivités, les regroupements en coopératives, etc. plutôt que de confier des projets à des groupes privés (qui chercheront d’abord la rentabilité) exemple de parc solaire citoyen, AMMAP, recycleries, …
  • Prioriser l’éducation sur ces sujets : (voir la version pour enfants en vidéo de Laudato Si)
  • Signes d’espérance : façons différentes des jeunes d’appréhender des questions d’écologie
  • Anticiper et planifier une baisse significative des transports de marchandises à longue distance et des transports aériens et maritimes en taxant les carburants au moins à l’égal des voitures individuelles.
  • Comment aller vers une sobriété heureuse collective ?

Reprise en assemblée des échanges de groupes

Au regard de ce que les autres ont présenté, des personnes réagissent :

  • Heureux d’être acteur dans notre société,
  • Place de l’humain dans notre société de consommation. Sommes nous des moutons ?
  • Apporter un message pour les jeunes générations : avoir un regard positif, une préoccupation de l’écologie 
  • Des collectivités territoriales, des associations, des citoyens bougent exemples : Zéro pesticides : des petits pas au départ et de plus en plus de changement
  • Faire autrement
  • Pour l’environnement et l’écologie : cela devient une préoccupation de tous : enseignements au lycée agricole : des restaurations collectives se questionnent et font des propositions avec des parents, des professionnels, les jardins de cocagne, les AMAPP
  • Une réflexion sur la mobilité qui est une difficulté en rural : transport collectif ??? Rezo pouce qui se met en place pour du co-voiturage pour les petits trajets
  • Une prise de conscience avec les lanceurs d’alertes : actifs au CCFD terre solidaire les plaidoyers peuvent avoir du poids : donc chaque citoyen a du poids stop paradis fiscaux…
  • Des domaines qui davantage nous dépassent comme la fiscalité : des décisions internationales par des grands groupes financiers.
    • Taxer les multinationales
    • Taxer la robotique pour favoriser le travail de l’homme
  • Avoir vraiment une réflexion sur notre territoire de Vie : quels sont nos besoins : pour les services, commerces … pour réfléchir à limiter les déplacements : des Maisons de la santé, des maisons des services se développent pour être au plus près de la population.
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