Pour préparer l’évangile du dimanche, le P. Xavier Guermonprez vous propose de partager sa méditation

Attention au changement d’heure ce dimanche !

Je suis partagé!!! D’un côté ce dimanche est dédié à la fête de la Dédicace*, et de l’autre le tour arrive au 30ème dimanche ordinaire… Quel Évangile choisir? celui de la dédicace ou celui du temps ordinaire? J’opte pour le texte qui est le plus diffusé dans les missels: l’Évangile du temps ordinaire de l’année A: Mt 22,34-40. Ce qui n’est pas inintéressant puisqu’il suit le passage de dimanche dernier! (à un paragraphe près quand même, puisque l’Évangile de dimanche dernier était Mt 22,15-21)

Au fur et à mesure de l’avancée dans la rédaction de ce partage d’Évangile, je réalise qu’il y aurait tant à dire, sur les circonstances bibliques du texte, et sur les résonnances possibles, tant psychologiques que sociales… L’amour renvoie à un champ de réalités si vaste… Nous nous contenterons donc de quelques pistes d’interprétation pour cette fois!

Je vous envoie ce partage dès ce mercredi, car je partirai demain de bonne heure pour Lourdes! Oui j’ai de la chance! Mais je présenterai toutes vos intentions de prière aux pieds de Notre-Dame… Nous attend là-bas une session des présidents et aumôniers d’Hospitalité, dont je fais partie. Bonne lecture!

* «Dans le missel romain de 1970, la date du 25 octobre est la date à laquelle on fête la dédicace des églises dont on ne connaît pas la date de consécration.»

INTRODUCTION
“Aimer Dieu et aimer son prochain”: voilà à quoi sont appelés les disciples de Jésus que nous sommes. En nous rassemblant autour du Seigneur, c’est à ce double appel que nous voulons répondre. Notre prière commune et la Parole de Dieu nous rendent capables de vivre ces deux dimensions de notre foi. Rassemblés en frères et sœurs, accueillons le Seigneur qui vient au milieu de nous: c’est lui qui nous donne la force d’aimer.

(Extrait de la page internet: https://croire.la-croix.com/Paroisses/Textes-du-dimanche/30e-dimanche-ordinaire-annee-a

PRIÈRE
Dieu notre Père, tu as mis tout ton amour à nous créer, à trouver par avance ta joie dans notre vie.

Puis tu es resté proche par ton Esprit, et à travers l’inspiration des prophètes, tu nous as guidés à travers l’histoire.

Dans ton amour, tu nous as envoyé ton Fils bien-aimé Jésus, et il est lui-même allé jusqu’au bout de cet amour.

Que ta Parole touche mon cœur aujourd’hui: qu’elle me fasse découvrir en tout homme et en toute femme un reflet de ton visage… un être immensément aimé de toi!

Je sais bien que c’est en aimant mieux mes frères et sœurs en humanité, que je pourrai t’adorer en vérité, toi le Dieu vivant, avec ton Fils et l’Esprit-Saint, maintenant et jusqu’aux les siècles des siècles.

Enrique Simonet, Tête de Jésus, 1890.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu. (Mt 22,34-40)

En ce temps-là, les pharisiens, apprenant que Jésus avait fermé la bouche aux sadducéens, se réunirent, et l’un d’entre eux, un docteur de la Loi, posa une question à Jésus pour le mettre à l’épreuve: «Maître, dans la Loi, quel est le grand commandement?»

Jésus lui répondit: «Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit. Voilà le grand, le premier commandement. Et le second lui est semblable: Tu aimeras ton prochain comme toi-même. De ces deux commandements dépend toute la Loi, ainsi que les Prophètes.»

COMMENTAIRE: Jésus crée-t-il une nouvelle relation?

Oui et non… Jésus ne crée pas les deux impératifs d’aimer, mais il crée le lien entre les deux! Les lettrés juifs aimaient bien à son époque débattre sur des thèmes théologiques comme le commandement le plus important, et ils s’appuyaient sur les textes bibliques anciens pour argumenter leurs positions… Cette question posée à Jésus n’est donc pas étonnante. Ce qui est moins habituel, c’est le contexte dans lequel cette question est posée: la confrontation dans le Temple de Jérusalem entre Jésus et les Pharisiens ou les partisans d’Hérode!

Jésus répond j’imagine en puisant dans ses convictions d’homme, et sans mentir à son engagement de sincérité. Il cite d’abord Deutéronome 6,5 (“Tu aimeras le Seigneur ton Dieu”), et précise qu’il s’agit là du premier commandement. Ainsi, il établit une échelle des valeurs et désigne le critère qui doit permettre d’apprécier l’importance relative de tous les autres commandements. Or, parmi ceux-ci, il en est un que Jésus déclare “semblable” au premier : “Tu aimeras ton prochain comme toi-même” (Lévitique 19,18). C’est sa deuxième citation de l’Ancien-Testament.

Voilà qui innove, en effet, par rapport à l’Écriture de la première Alliance, où les deux commandements étaient énoncés séparément et “noyés”, en quelque sorte, dans un ensemble des plus complexes. En s’exprimant de la sorte, Jésus souligne l’unité organique de la Bible tout en privilégiant l’amour au détriment d’autres attitudes recommandées par l’Écriture, telles la pureté ou la crainte.

Quel est le grand commandement? La question est bien piégée, car en reconnaissant un commandement plus grand que les autres, on relativise ceux-ci, chose que les Pharisiens n’appréciaient pas, eux qui avaient établi des catalogues minutieux et fait le décompte de tous les commandements importants. Jésus saisit l’occasion pour initier ses auditeurs -et nous en sommes- à une autre manière de considérer la Loi.

C’est le même sentiment qui anime la relation à Dieu et la relation aux autres… L’amour de fraternité (« agapê » dans le texte original grec) constitue ce qui soutient et résume le code de loi reçu par Moïse. Il n’est pas un commandement à proprement parler, mais il en tient lieu au niveau de sa préséance sur toute autre obéissance. En effet, on pourrait obéir à toutes les lois de l’Ancien-Testament, et passer comlètement à côté de la relation à Dieu, faite d’écoute et de dialogue…

Jésus innove donc un chemin d’humanité fait de sincérité et d’humilité, chemin qui sera réexprimé par saint Paul, saint Jean, et même saint Pierre! Si Dieu est Amour, alors la meilleure façon de lui plaire est de réaliser sa volonté d’aimer! Si Dieu est amour, alors la meilleure façon de le connaître est de se mettre à son école en apprenant à aimer!

Voici ci-dessous quelques citations pour vous aider à méditer ce « commandement » qui est plus que cela, une nécessité absolue:

Mt 5,43-46: «Vous avez appris qu’il a été dit: Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi. Eh bien! moi, je vous dis: Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent, afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est aux cieux; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, il fait tomber la pluie sur les justes et sur les injustes. En effet, si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous? Les publicains eux-mêmes n’en font-ils pas autant?»

Mt 25: «Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait.»

Jn 15,12-13 (et aussi les versets autour): «Mon commandement, le voici: Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime.»

Ga 5,14: «Car toute la Loi est accomplie dans l’unique parole que voici: Tu aimeras ton prochain comme toi-même.»

1P 1,22: «En obéissant à la vérité, vous avez purifié vos âmes pour vous aimer sincèrement comme des frères; aussi, d’un cœur pur, aimez-vous intensément les uns les autres…»

1Jn 4,8: «Celui qui n’aime pas n’a pas connu Dieu, car Dieu est amour.»

1Jn 4,16b: «Dieu est amour: qui demeure dans l’amour demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui.»

1Jn 4,20-21: «Si quelqu’un dit: « J’aime Dieu », alors qu’il a de la haine contre son frère, c’est un menteur. En effet, celui qui n’aime pas son frère, qu’il voit, est incapable d’aimer Dieu, qu’il ne voit pas. Et voici le commandement que nous tenons de lui:  celui qui aime Dieu, qu’il aime aussi son frère.

He 13,1-3: «Que demeure l’amour fraternel! N’oubliez pas l’hospitalité: elle a permis à certains, sans le savoir, de recevoir chez eux des anges. Souvenez-vous de ceux qui sont en prison, comme si vous étiez prisonniers avec eux. Souvenez-vous de ceux qui sont maltraités, car vous aussi, vous avez un corps.»

COMMENTAIRE: Que veut dire « aimer »?

Le mot grec employé dans le texte original est « agapê », et veut dire fraternité (ou sororité pour les femmes), amour fraternel, amitié même. Il s’agit d’un amour désintéressé, sans séduction ni affinité. Il s’agit d’un amour de partage et de soutien fraternel…

On peut relire la belle page de saint Paul aux chrétiens de Corinthe: «L’amour prend patience; l’amour rend service; l’amour ne jalouse pas; il ne se vante pas, ne se gonfle pas d’orgueil; il ne fait rien d’inconvenant; il ne cherche pas son intérêt; il ne s’emporte pas; il n’entretient pas de rancune; il ne se réjouit pas de ce qui est injuste, mais il trouve sa joie dans ce qui est vrai; il supporte tout, il fait confiance en tout, il espère tout, il endure tout. L’amour ne passera jamais.» (1Co 13,4-8a)

Loin de s’opposer à la raison ou aux solutions politiques et économiques, l’amour (de Dieu et du prochain) a pour vocation d’inspirer toutes les activités humaines pour en développer la fécondité et le rayonnement. Les aménagements techniques ne répondront jamais de manière satisfaisante aux aspirations fondamentales de l’homme. Rien ne peut remplacer la relation personnelle, dans laquelle chacun s’épanouit en même temps qu’il se confronte… Et réciproquement l’amour fraternel n’a pas vocation à remplacer les moyens techniques pour améliorer les conditions de vie sociale… Les deux sont nécessaires à l’épanouissement de l’humanité: nous avons peut-être trop oublié aujourd’hui l’importance de l’amitié, du respect et de la rencontre!

COMMENTAIRE de Marie-Noëlle THABUT:

«MAÎTRE, DANS LA LOI, QUEL EST LE GRAND COMMANDEMENT?»

«Maître, dans la Loi, quel est le grand commandement?» Les Pharisiens posent à Jésus une question qui pour eux était classique. On sait que la loi comporte six cent treize commandements; et ils avaient l’habitude de discuter à longueur de temps pour savoir quel commandement était le plus important; quand un conflit de devoirs se présentait, il fallait bien hiérarchiser les divers commandements. La réponse de Jésus va les surpendre en les emmenant bien au-delà du terrain juridique.

Le contexte, ici, est important: nous sommes, chez Saint Matthieu, dans la dernière étape de la vie terrestre de Jésus, entre son entrée triomphale à Jérusalem et sa Passion. Les discussions se succèdent entre celui que la foule a reconnu comme le Messie et les autorités religieuses, qui, croient-elles, ont, seules, autorité pour reconnaître le véritable Messie. Jésus a raconté trois paraboles (celle des deux fils, celle des vignerons homicides et enfin celle du banquet nuptial et de la robe de noces). C’est le tour des autorités religieuses, maintenant, de lui poser trois questions, dans l’intention de le prendre au piège : celle sur l’impôt à payer à César, celle sur la résurrection des morts et enfin, celle d’aujourd’hui: «Maître, dans la Loi, quel est le grand commandement?»

NON PAS UN COMMANDEMENT MAIS DEUX !

On interroge Jésus sur la Loi, il puise sa réponse dans la Loi; mais il refuse d’établir une hiérarchie entre les six cent-treize commandements de la Loi: il cite deux commandements tous deux inscrits dans la Loi d’Israël et il les place au même niveau: Tu aimeras le Seigneur, tu aimeras ton prochain.

«Tu aimeras le SEIGNEUR ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme et de tout ton esprit»: c’est dans le Livre du Deutéronome au chapitre 6, cela fait partie de la profession de foi juive, le « Shema Israël » (« écoute Israël »); «Tu aimeras ton prochain comme toi-même», c’est dans le livre du Lévitique (Lv 19,18). Et il dit «ces deux-là donnent sens à tous les autres»: «De ces deux commandements dépend toute la Loi, ainsi que les Prophètes.»

Il est vrai que la Loi, mais aussi les Prophètes liaient déjà très fort ces deux commandements; pour la Loi, il suffit de relire le Décalogue, ce que nous appelons les dix commandements: les commandements concernant la conduite envers Dieu sont immédiatement suivis des commandements concernant la conduite envers les autres. Et l’ensemble de la Loi, nous l’avons revu avec le texte du livre de l’Exode qui nous est proposé en première lecture, quand elle dictait la conduite envers les autres, spécialement envers les pauvres, les veuves, les orphelins, les immigrés, le faisait au nom du Dieu de l’Alliance, ce Dieu que l’on devait aimer de tout son coeur et de toute son âme…

Quant aux Prophètes, ils n’avaient fait que rappeler ce lien entre les deux commandements: Isaïe, par exemple: «Le jeûne qui me plaît, n’est-ce pas ceci: faire tomber les chaînes injustes, délier les attaches du joug, rendre la liberté aux opprimés, briser tous les jougs? (Is 58,6). Ou encore Michée: «Homme, répond le prophète, on t’a fait connaître ce qui est bien, ce que le SEIGNEUR réclame de toi: rien d’autre que respecter le droit, aimer la fidélité, et t’appliquer à marcher avec ton Dieu.» (Mi 6,8)

En résumé, dans la Loi comme chez les Prophètes, la grande leçon c’était «si vous voulez être les fils du Dieu qui vous a libérés, soyez des libérateurs à votre tour». Ce qui veut dire que l’expression «tu aimeras» engage une conduite concrète, beaucoup plus qu’un sentiment.

SORTIR DU LÉGALISME

Ce faisant, Jésus invite ses interlocuteurs à sortir de l’esprit légaliste: il les appelle à une conversion radicale: avec Dieu on n’est pas dans le domaine du calcul, de ce qu’il faut faire pour être en règle; on est sous la seule loi de l’amour. Saint Paul, l’ancien Pharisien scrupuleux, qui a fait l’expérience de cette conversion, dira dans la lettre aux Romains «Vous n’êtes plus sous la loi mais sous la grâce.» (Rm 6,14)
Et si l’on entre dans la logique de l’amour, ces deux commandements sont semblables, dit Jésus, ils sont de même nature; bien sûr, car il n’y a pas deux sortes d’amour! Celui dont on aimerait Dieu et celui dont on aimerait nos frères; le second est la vérification du premier; comme dit Saint Jean: «Si quelqu’un dit: J’aime Dieu, et qu’il haïsse son frère, c’est un menteur. En effet, celui qui n’aime pas son frère, qu’il voit, ne peut pas aimer Dieu qu’il ne voit pas.» (1 Jn 4,20)

Ici, donc, Jésus met en garde les Pharisiens: il y a des manières d’appliquer la loi qui la trahissent; elle a été donnée par Dieu pour être un chemin de liberté et de vie, mais on peut très bien en faire un esclavage et même parfois un chemin de mort: par exemple quand le commandement du repos sabbatique vous conduit à laisser à l’abandon un malade ou un mourant, la loi qui dicte le service du frère est trahie.

Donc, ce que Jésus cherche à faire comprendre aux Pharisiens, c’est qu’ils risquent, au nom même de la Loi, d’oublier le commandement de l’amour.

Il est certain que c’est un thème cher à Saint Matthieu: lui, le seul des évangélistes à citer deux fois la phrase du prophète Osée «C’est la miséricorde que je veux et non les sacrifices» (Osée 6,6) (Note 1); lui aussi, le seul à rapporter la parabole du jugement dernier «chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait.» (Mt 25,40)

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Note 1 – Matthieu cite cette phrase du prophète Osée une première fois dans le récit de sa vocation (Mt 9,13); la deuxième fois, c’est précisément à l’occasion d’une controverse de Jésus avec les Pharisiens sur une question similaire à celle de ce dimanche. Il s’agit de l’épisode des épis arrachés dans un champ de blé par les disciples un jour de sabbat. Les Pharisiens reprochent à Jésus ce manquement: «Vois tes disciples qui font ce qu’il n’est pas permis de faire le jour du sabbat.» Jésus leur répond: «Si vous aviez compris ce que signifie: C’est la miséricorde que je veux, non le sacrifice, vous n’auriez pas condamné ces hommes.» (Mt 12,1-8)

Commentaire de Marie-Noëlle THABUT, extrait de la page internet: https://eglise.catholique.fr/approfondir-sa-foi/la-celebration-de-la-foi/le-dimanche-jour-du-seigneur/commentaires-de-marie-noelle-thabut/

PRIÈRE à partir de l’évangile de ce dimanche:

Seigneur, notre Dieu,
tu sais combien notre cœur est compliqué,
captif de la vanité et de l’égoïsme.
Tu sais que notre esprit est souvent inquiet.
Ajuste-nous à la simplicité de ton amour.
Donne-nous d’aimer.

Oui, donne à chacun
de s’aimer lui-même en vérité
et d’aimer son prochain comme lui-même.

Donne à chacun
d’aimer comme Jésus a aimé,
et de t’aimer, Dieu d’amour,
en aimant le Christ.

(Prière extraite de la page internet: https://croire.la-croix.com/Paroisses/Textes-du-dimanche/30e-dimanche-ordinaire-annee-a

PRIÈRE

Seigneur Jésus, tu nous as appris que toute la loi consiste à aimer Dieu et son prochain.

Toi qui m’as aimé(e) jusqu’à en mourir, apprends-moi à donner ma vie pour les autres, dans un fidèle esprit de service.

Rends-moi encore attentif(ve) à celles ou ceux que je côtoie comme étrangers, pauvres ou souffrants…

Car chaque fois que nous aurons aimé un de ces petits qui sont nos frères, nous t’aurons aimé toi, le Vivant pour les siècles des siècles.

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Pour revenir à la solennité de la dédicace, fêtée chaque 25 octobre, voici quelques indications historiques:

«La consécration d’une église apparaît traditionnellement comme le moment décisif de son histoire, celui de sa « mise en service ». Sans trop s’attarder à l’étymologie du terme, on relèvera que les définitions proposées par les encyclopédies religieuses et autres dictionnaires du christianisme parlent d’une « cérémonie liturgique ou rituelle » par laquelle un simple édifice architectural est appelé à devenir « maison de Dieu », lieu de rassemblement de la communauté des fidèles (Église), réunie pour célébrer le culte divin. […] La consécration est à la fois un moment dans un temps linéaire et un commencement, puisqu’elle équivaut à l’intégration d’un nouvel espace à ce temps du salut. D’où le soin exceptionnel apporté à la datation des « actes de consécration ».» (Extraits du livre de Zimmermann Michel. Les actes de consécration d’églises. Construction d’un espace et d’un temps chrétiens dans la Catalogne médiévale (IXe-XIIe siècle). In: Annexes des Cahiers de linguistique et de civilisation hispaniques médiévales. N°15, 2003. pp. 29-52.)

Et voici quelques pistes d’interprétation:

Nos églises de pierre sont un symbole de l’Église de Dieu, dont le Christ est la « pierre angulaire » et dont nous sommes les « pierres vivantes ». C’est cette dernière qui est la véritable Maison de prière, le Temple de la gloire de Dieu, l’Épouse que le Christ a acquise de son sang et qu’il vivifie de son Esprit, la Famille des baptisés dans laquelle nous naissons à une vie nouvelle et éternelle.

L’église de pierres est le lieu de l’eucharistie, «source et sommet de la vie chrétienne» (Concile Vatican II, Lumen Gentium), où est offert le Sacrifice du Christ, où il demeure présent dans le tabernacle, «cœur vivant de chacune de nos églises» (Credo de Paul VI), et où, «par la communion eucharistique, l’Église est […] consolidée dans son unité de corps du Christ.» (Lettre encyclique « Ecclesia de Eucharistia » du pape Jean-Paul II)

« L’Antiquité chrétienne désignait par la même expression, Corpus Christi, le corps né de la Vierge Marie, le Corps eucharistique et le Corps ecclésial du Christ. Cette donnée bien présente dans la tradition nous aide à faire grandir en nous la conscience du caractère inséparable du Christ et de l’Église.» (Exhortation apostolique « Sacramentum Caritatis » du pape Benoît XVI)

La beauté et l’harmonie des églises représentent aussi comme un avant-goût du paradis auquel nous sommes promis! «Toute consécration récapitule et poursuit l’entreprise universelle de salut…  L’histoire du salut s’accommode d’interruptions et de régressions ; les actes de consécration constituent autant de séquences…  Liturgie créatrice de transcendance, les rites de consécration régulent les échanges entre ici-bas et au-delà ; maison de Dieu, l’église devient le lieu de la rencontre entre les hommes et Dieu, entre les fidèles et les saints, entre les vivants et les morts.» (Extraits du livre de Zimmermann Michel. Les actes de consécration d’églises. Construction d’un espace et d’un temps chrétiens dans la Catalogne médiévale (IXe-XIIe siècle). In: Annexes des Cahiers de linguistique et de civilisation hispaniques médiévales. N°15, 2003. pp. 29-52.)

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Suite à l’attentat de la semaine dernière, j’ai publié sur FaceBook trois citations du pape François, pour exprimer ma solidarité avec celles et ceux qui veulent défendre la liberté de penser. Je les reproduis ici pour vous:

«Chacun a non seulement la liberté, le droit, mais aussi l’obligation de dire ce qu’il pense pour aider au bien commun. Il est légitime d’user de cette liberté, mais sans offenser […] On ne peut provoquer, on ne peut insulter la foi des autres, on ne peut la tourner en dérision!» (Pape François le 15 janvier 2015)

«Je veux répéter avec fermeté que la voie de la violence et de la haine ne résout pas les problèmes de l’humanité, et utiliser le nom de Dieu pour justifier cette voie est un blasphème.» (Pape François le 15 novembre 2015)