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vendredi 29 mai

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

Jésus se manifesta encore aux disciples
sur le bord de la mer de Tibériade.
Quand ils eurent mangé,
Jésus dit à Simon-Pierre :
« Simon, fils de Jean,
m’aimes- tu vraiment, plus que ceux-ci ? »
Il lui répond :
« Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime. »
Jésus lui dit :
« Sois le berger de mes agneaux. »
Il lui dit une deuxième fois :
« Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment ? »
Il lui répond :
« Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime. »
Jésus lui dit :
« Sois le pasteur de mes brebis. »

Il lui dit, pour la troisième fois :
« Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ? »
Pierre fut peiné
parce que, la troisième fois, Jésus lui demandait :
« M’aimes-tu ? »
Il lui répond :
« Seigneur, toi, tu sais tout :
tu sais bien que je t’aime. »
Jésus lui dit :
« Sois le berger de mes brebis.
Amen, amen, je te le dis :
quand tu étais jeune,
tu mettais ta ceinture toi-même
pour aller là où tu voulais ;
quand tu seras vieux,
tu étendras les mains,
et c’est un autre qui te mettra ta ceinture,
pour t’emmener là où tu ne voudrais pas aller. »
Jésus disait cela pour signifier par quel genre de mort
Pierre rendrait gloire à Dieu.
Sur ces mots, il lui dit :
« Suis-moi. »

Méditation du père Julien Tellier

Vous vous souvenez peut-être de la publicité pour le label discographique His Master’s Voice que l’on traduit en français par « la voix de son maître ». Sur la publicité nous voyons un chien écoutant la voix de son maître qu’il reconnait grâce à la qualité sonore du phonographe. De la même manière les disciples que nous sommes sont captivés par la parole de Jésus.

C’est l’attitude de Pierre dans l’évangile de ce jour. Celui-ci répond positivement à la question que Jésus lui pose trois fois : « Pierre, m’aimes-tu?» c’est-à-dire : « Pierre, est-ce que tu me reconnais? ». Ce dernier n’a pas toujours été aussi sûr de lui car si aujourd’hui il n’hésite pas une seconde à affirmer par trois fois qu’il aime Jésus et que cela semble une évidence, il n’en a pas toujours été le cas. Il est aussi celui qui par trois fois a fait semblant de ne pas connaître le Christ. Pour cette raison Pierre nous ressemble, naviguant entre amour et trahison, entre les « tu sais bien que je t’aime » et les « je ne connais pas cet homme ». Malgré son ambivalence, Pierre est choisi par Jésus pour conduire son Église !

Cela nous invite à méditer sur le choix de Jésus par rapport à notre propre vocation; le Christ n’appelle pas les meilleurs ou les plus compétents mais il rend capable ceux qu’il choisit, qu’il appelle ! Dans mon itinéraire de foi, je me sens relativement proche de ce « Pierre » pour qui la rencontre personnelle avec le Christ se manifeste dans la discrétion d’une vie remplie de rencontres et de petits signes. Merci Seigneur Jésus pour ta présence dans nos vies.

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Jeudi 28 mai

Évangile selon St Jean 17,20-26

En ce temps-là, les yeux levés au ciel, Jésus priait ainsi : « Père saint, je ne prie pas seulement pour ceux qui sont là, mais encore pour ceux qui, grâce à leur parole, croiront en moi. Que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi. Qu’ils soient un en nous, eux aussi, pour que le monde croie que tu m’as envoyé. Et moi, je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, pour qu’ils soient un comme nous sommes UN : moi en eux, et toi en moi. Qu’ils deviennent ainsi parfaitement un, afin que le monde sache que tu m’as envoyé, et que tu les as aimés comme tu m’as aimé.
Père, ceux que tu m’as donnés, je veux que là où je suis, ils soient eux aussi avec moi, et qu’ils contemplent ma gloire, celle que tu m’as donnée parce que tu m’as aimé avant la fondation du monde.
Père juste, le monde ne t’a pas connu, mais moi je t’ai connu, et ceux-ci ont reconnu que tu m’as envoyé. Je leur ai fait connaître ton nom, et je le ferai connaître, pour que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux, et que moi aussi, je sois en eux. »


Méditation du frère Paul Fruchet

L’évangile de saint Jean est écrit pour des communautés qui ont déjà quelques dizaines d’années d’existence. Après la ferveur des premiers temps, le relâchement les guette. Ce que redoute surtout l’évangéliste, c’est la désunion, les discordes. Alors Jean rappelle les paroles de Jésus, cette prière que Jésus a faite à haute voix, le dernier soir, « avant de passer de ce monde à son Père ».
Cette prière est restée gravée dans la mémoire et le cœur de Jean. Et il la met par écrit pour la redire aux chrétiens dont il a la charge. « Que tous soient un. Comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi. »
Ce mot « comme » c’est bien plus qu’une comparaison, bien plus qu’un modèle. Il fait connaître une source. Il y a un échange d’amour entre Jésus et son Père. Jésus prie pour que cet amour soit au cœur de ceux qui veulent être ses disciples. Jésus prie pour que nous nous aimions de l’amour même qui est au cœur de Dieu. « Qu’ils soient un comme nous sommes unis, moi en eux et toi en moi ». Voilà l’unité parfaite.
Cette désunion, nous la vivons. Et nous essayons de nous rencontrer avec nos différences. Nous voulons tendre vers l’unité.
Aimez-vous de l’amour même de Dieu, dit Jésus. C’est un amour contagieux qui étonnera, qui attirera. Quand le monde saura que tu m’as envoyé apporter ton amour, quand les gens verront les chrétiens vivre de l’amour que le Père a mis en son Fils, pour nous l’apporter.
« Ceux que tu m’as donnés, je veux que là où je suis, eux aussi soient avec moi ».
« Ceux que tu m’as donnés ». Jésus exprime de cette manière toute la tendresse qu’il a pour nous.
« Je veux ». Jésus semble imposer son désir à son Père ! C’est que Jésus tient à nous. Son amour pour nous, il l’a payé de sa vie. Là où je suis, dans sa vie de ressuscité. Nous qui venons de fêter l’Ascension, Jésus nous veut avec lui. Être avec Jésus ; partager son bonheur d’être près du Père, contempler sa gloire.
D’abord rappeler et témoigner que Jésus aime passionnément son Père. Jésus met sa joie à être avec le Père et il invite ses disciples à entrer dans sa communion d’amour avec le Père. Jésus nous fait entrer dans son intimité avec son Père. C’est ce que nous venons d’entendre : « Que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi, pour que le monde croit que tu m’as envoyé. »
Être unis malgré nos différences ; c’est ce que Jésus veut ; c’est aussi le témoignage que le monde peut attendre de nous. Être unis avec nos différences. Ce qui nous rassemble, c’est l’écoute d’une même Parole, c’est l’attention à une même Présence, une même communion dans l’Esprit d’amour.
Nos communautés du dimanche vont recommencer. Nous allons nous retrouver dans une même communion. Nous pourrons y trouver l’envie et le courage de vivre en frères, là où nous vivons, tous les jours de la semaine.tag

Mardi 26 mai 2020

Évangile (Jn 17, 1-11a)

En ce temps-là, Jésus leva les yeux au ciel et dit : « Père, l’heure est venue. Glorifie ton Fils afin que le Fils te glorifie. Ainsi, comme tu lui as donné pouvoir sur tout être de chair, il donnera la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés. Or, la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ. Moi, je t’ai glorifié sur la terre en accomplissant l’œuvre que tu m’avais donnée à faire. Et maintenant, glorifie-moi auprès de toi, Père, de la gloire que j’avais auprès de toi avant que le monde existe. J’ai manifesté ton nom aux hommes que tu as pris dans le monde pour me les donner. Ils étaient à toi, tu me les as donnés, et ils ont gardé ta parole. Maintenant, ils ont reconnu que tout ce que tu m’as donné vient de toi, car je leur ai donné les paroles que tu m’avais données : ils les ont reçues, ils ont vraiment reconnu que je suis sorti de toi, et ils ont cru que tu m’as envoyé. Moi, je prie pour eux ; ce n’est pas pour le monde que je prie, mais pour ceux que tu m’as donnés, car ils sont à toi. Tout ce qui est à moi est à toi, et ce qui est à toi est à moi ; et je suis glorifié en eux. Désormais, je ne suis plus dans le monde ; eux, ils sont dans le monde, et moi, je viens vers toi. » – Acclamons la Parole de Dieu. 

Méditation du père Richard MENTION

L’œuvre de Dieu doit se poursuivre

Le temps de Pâques va bientôt se terminer avec la grande fête de la Pentecôte. Nous entendons aujourd’hui un texte qui nous transporte avant Pâques, au temps de la Passion, le début de la grande prière de Jésus en Jean 17. Ce chapitre sera lu en trois jours. La partie d’aujourd’hui parle de la gloire du Christ et de l’œuvre de Dieu. Je retiens trois phrases.

« J’ai fait connaître ton nom aux hommes que tu as pris dans le monde pour me les donner. » Voilà en résumé ce que le Christ a fait : révéler le Père aux hommes. Pour ce faire, il est venu chez les hommes, il a vécu notre condition jusqu’au bout de notre humanité : la mort, pour la dépasser. En étant avec nous, en cheminant à nos côtés, il nous a permis de le connaître et aussi de connaître le Père. Cette humanité du Christ donne de le rencontrer, mais aussi de rencontrer la source de la vie qu’il est venu nous montrer. Par sa vie, le Christ, Fils de Dieu qui accomplit l’œuvre de son Père nous fait voir la nature aimante de Dieu.

« Maintenant, ils ont reconnu que tout ce que tu m’as donné vient de toi. » Il n’est tout de même pas toujours facile de reconnaître ! Pensons au dialogue entre Jésus et Philippe en Jn 14 : Jésus dit : « “Puisque vous me connaissez, vous connaîtrez aussi mon Père. Dès maintenant vous le connaissez, et vous l’avez vu.” Philippe lui dit : “Seigneur, montre-nous le Père ; cela nous suffit.” Jésus lui répond : “Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne me connais pas, Philippe ! Celui qui m’a vu a vu le Père. Comment peux-tu dire : ‘Montre-nous le Père’ Tu ne crois donc pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi ! Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même ; le Père qui demeure en moi fait ses propres œuvres.” » A travers l’œuvre du Fils, il nous faut recevoir et comprendre le don du Père. Quel don ? Plusieurs : l’amour, le pardon, la filiation qui permet à l’homme de s’adresser à Dieu comme à un Père qui donne la vie.

« Désormais, je ne suis plus dans le monde ; eux, ils sont dans le monde. » Nous sommes dans le monde, mais pas seuls, sans le Christ, jamais ! Il est là, avec nous et nous donne l’Esprit grâce auquel nous pouvons témoigner, au milieu du monde, de ce que nous avons reçu. Le monde a besoin de ce témoignage et l’Esprit nous en comme la capacité. Ce témoignage passe par la parole, par des actes, par de la solidarité, parfois par des gestes simples mais lourds de sens et chargés d’espérance.

C’est ainsi que nous poursuivons l’œuvre de Dieu, que « nous devons faire ce qu’il aime pour témoigner qu’il est amour » (Patrice de La Tour du Pin).

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Méditation du lundi 25 mai

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (16, 29-33)

En ce temps-là,
les disciples de Jésus lui dirent :
« Voici que tu parles ouvertement
et non plus en images.
Maintenant nous savons que tu sais toutes choses,
et tu n’as pas besoin qu’on t’interroge :
voilà pourquoi nous croyons que tu es sorti de Dieu. »
Jésus leur répondit :
« Maintenant vous croyez !
Voici que l’heure vient – déjà elle est venue –
où vous serez dispersés chacun de son côté,
et vous me laisserez seul ;
mais je ne suis pas seul,
puisque le Père est avec moi.
Je vous ai parlé ainsi,
afin qu’en moi vous ayez la paix.
Dans le monde, vous avez à souffrir,
mais courage !
Moi, je suis vainqueur du monde. »

Méditation du père Stanislas de Christen

Après plus de 10 semaines nous arrivons à la fin d’un temps sans célébrations eucharistiques dominicales publiques. Bien sûr rien ne sera totalement comme avant : notre manière de célébrer avec les règles de distanciation sociale, mais aussi le monde aura bougé. Les disciples vivent en quelque sorte la même expérience : ils entendent que la manière de parler de Jésus a changé, que ses paroles sont plus explicites et son discours plus alarmant. Ils présentent que quelque chose va arriver et que cela va bouleverser leur vie… Bien sûr ils sont bien loin d’imaginer ce qui va réellement se passer ! Mais ils lui font confiance, ils croient en lui. Cela ne veut pas dire que tout va bien se passer, car la foi n’empêche pas que le réel soit compliqué, violent et même mortifère ! Mais avec la foi, nous pouvons être vainqueur et vivre tous les évènements du monde le cœur en paix. Comme pour les disciples, notre foi ne fait pas disparaitre les souffrances que les hommes s’infligent mutuellement, mais elle nous permet d’être courageux (ce qui ne veut pas dire téméraire : dans les premiers temps de l’Eglise un chrétien qui allait se dénoncer lui-même aux autorités, n’étais pas reconnu comme martyr ! Par contre un martyre était courageux lorsque, devant ces mêmes autorités qui l’avaient arrêté, il se reconnaissait comme chrétien, ce qui pouvait entrainer sa mort !). Avec l’aide de l’Esprit saint, nous aussi, nous pouvons être courageux et être vainqueurs sur la logique du monde comme nous y invite régulièrement le Pape François, et tout particulièrement dans son encyclique Laudato Si. Il nous invite à un changement de comportement et nous propose une écologie intégrale pour que tout homme soit respecté. Mais il nous faut du courage pour changer nos habitudes et nos logiques économiques… Faisons confiance à Jésus qui nous dit : « Courage ! Moi, je suis vainqueur du monde »

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Dimanche 24 mai 2020

Évangile (Jn 17, 1b-11a)

En ce temps-là, Jésus leva les yeux au ciel et dit : « Père, l’heure est venue. Glorifie ton Fils afin que le Fils te glorifie. Ainsi, comme tu lui as donné pouvoir sur tout être de chair, il donnera la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés. Or, la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ. Moi, je t’ai glorifié sur la terre en accomplissant l’œuvre que tu m’avais donnée à faire. Et maintenant, glorifie-moi auprès de toi, Père, de la gloire que j’avais auprès de toi avant que le monde existe. J’ai manifesté ton nom aux hommes que tu as pris dans le monde pour me les donner. Ils étaient à toi, tu me les as donnés, et ils ont gardé ta parole. Maintenant, ils ont reconnu que tout ce que tu m’as donné vient de toi, car je leur ai donné les paroles que tu m’avais données : ils les ont reçues, ils ont vraiment reconnu que je suis sorti de toi, et ils ont cru que tu m’as envoyé. Moi, je prie pour eux ; ce n’est pas pour le monde que je prie, mais pour ceux que tu m’as donnés, car ils sont à toi. Tout ce qui est à moi est à toi, et ce qui est à toi est à moi ; et je suis glorifié en eux. Désormais, je ne suis plus dans le monde ; eux, ils sont dans le monde, et moi, je viens vers toi. » – Acclamons la Parole de Dieu. 

Méditation du 7 è dimanche de Pâques du père Didier MAVOKA

Après la fête de l’Ascension , ce 7 è dimanche de Pâques nous prépare à la grande fête de la Pentecôte qui sera célébrée le dimanche prochain. Ce jour-là, les apôtres se mettront à proclamer avec force et courage les merveilles de Dieu. Mais avant cela, Jésus prie son Père pour eux:  » La vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, Toi le seul Vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ. »Pour connaitre le Père, il faut connaitre le Christ Jésus. Et, pour connaitre Jésus, il ne suffit pas de lire des livres. Mais connaitre quelqu’un , cela ne peut se faire qu’en passant du temps avec lui.Voilà pourquoi les évangélistes ont souvent retenu le souvenir de ces solitudes nocturnes prolongées où Jésus priait son Père. C’est là où résidait le secret de sa mission sur cette terre c’est -à- dire la forte communion avec son Père. Cette union entre Jésus et son Père surpasse tout ce que nous pouvons imaginer et vivre à notre niveau.En regard de la prière de Jésus, notre prière à nous semble bien faible et limitée. Souvent, elle n’est faite que des mots enchaînés rapidement et distraitement, sans communication réelle avec le Seigneur  Dieu.Mes frères et soeurs, la vraie prière est communion avec Dieu, parfois même dans le silence. La vraie prière est aussi communion fraternelle avec celles et ceux qu’elle veut porter. La prière tisse des liens entre les êtres, même au-delà de la mort.En bref, la prière transcende le temps et l’espace.Sur le point de quitter ce monde pour aller vers son Père, Jésus présente en quelque sorte un bilan de sa mission: »J’ai fait connaitre ton nom aux hommes…. ». Jésus a révélé le Père par le témoignage de sa parole et de son action auprès des humains pécheurs, malades et pauvres.Et à ce moment dramatique, le Christ veut partager à ses disciples la joie de la mission achevée. Sa prière est toute entière une action des grâces. Mais malheureusement, en observant notre prière à nous, elle a souvent des allures d’une plainte, cri et demande. Elle en vient à oublier que sa plus belle expression est l’action de grâces. Dans sa prière, Jésus pense surtout à ses disciples. Il veut les protéger du Mauvais. Il sait combien leur tâche est risquée dans le monde: »Garde ceux que tu m’as donnés !  » car leur fidélité sera sans cesse mise à l’épreuve.Sur ce, la plus grande partie de cette prière après la Cène est l’intercession pour ses disciples de tous les temps. Chacun de nous peut se dire aujourd’hui: « Effectivement, le soir de la Cène, le Christ avait aussi prié pour moi. »Comme conclusion, sachons que la prière pour les autres est une de plus belles expressions d’amour fraternel.Reconnaissons, frères et soeurs, que nous avons beaucoup à apprendre sur ce point.                                                                                                                            Amen

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Méditation du samedi 23 mai

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Amen, amen, je vous le dis :
ce que vous demanderez au Père en mon nom,
il vous le donnera.
Jusqu’à présent vous n’avez rien demandé en mon nom ;
demandez, et vous recevrez :
ainsi votre joie sera parfaite.
En disant cela, je vous ai parlé en images.
L’heure vient où je vous parlerai sans images,
et vous annoncerai ouvertement ce qui concerne le Père.
Ce jour-là, vous demanderez en mon nom ;
or, je ne vous dis pas que moi, je prierai le Père pour vous,
car le Père lui-même vous aime,
parce que vous m’avez aimé
et vous avez cru que c’est de Dieu que je suis sorti.
Je suis sorti du Père, et je suis venu dans le monde ;
maintenant, je quitte le monde, et je pars vers le Père. »

Méditation du père Jean-Marie Richard

Que pouvons-nous demander à Dieu ? Quelle est notre prière ? Souvent, nous l’adressons à Toi, Dieu qui es un Père . « Je ne vous dis pas que je prierai le Père, car le Père Lui-même vous aime. » Au cours des liturgies, nous prions le Père, Par Jésus-Christ, dans l’unité de L’Esprit-saint. Selon nos sensibilités, nous nous tournons spontanément vers le Père, le Fils ou l’Esprit-Saint ; mais Jésus nous invite à toujours nous orienter vers ce Père qui nous aime.

Oui, cette promesse est bien belle, disent de nombreuses personnes – des enfants, des adultes également – J’ai prié Dieu pour la guérison d’un proche ; et Dieu ne m’a pas exaucé.. Depuis cela j’ai cessé de prier… et même de croire en un Dieu proche de nous. Jésus nous aurait-il bercé d’illusions ? Nous voilà conduits à la modestie dans l’accueil de cette parole.

Sans doute faut-il relire le passage de l’Evangile. Jésus, qui nous parle de demander en Son Nom nous dit qu’Il est sorti du Père (autrement dit qu’Il est totalement uni au Père et à Son dessein d’Amour…) : « Père que Ta volonté soit faite » ; c’est la prière de Gethsémani, c’est aussi le Notre Père, la prière que Jésus laisse et recommande aux siens.

Demander au nom de Jésus, ce n’est pas chercher un appui, un joker, quand ma prière est risquée. Demander au Nom de Jésus ,c’est avec Lui, tenter de me placer dans ses pas et dans son cœur, parce que -dans la foi – je crois et je sais qu’Il nous donnera ce qui est meilleur. Quand l’évangéliste Luc parle de la prière, (Luc XI,13) Jésus dit que Dieu nous donne l’Esprit-Saint. Accueillons ce Don essentiel de notre Père, le Don de l’Esprit de Pentecôte ; et avec Lui, nous inventerons notre chemin de vie. Dans toute situation, sans aucune exclusion, je peux prier le Père…de me donner Son Esprit pour que je et nous vivions selon l’Esprit et la Parole de Jésus, dans la volonté du Père le temps et les événements qui me pèsent.

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Méditation du vendredi 22 mai

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples: «Amen, amen, je vous le dis: vous allez pleurer et vous lamenter, tandis que le monde se réjouira; vous serez dans la peine, mais votre peine se changera en joie. La femme qui enfante est dans la peine parce que son heure est arrivée. Mais, quand l’enfant est né, elle ne se souvient plus de sa souffrance, tout heureuse qu’un être humain soit venu au monde.

Vous aussi, maintenant, vous êtes dans la peine, mais je vous reverrai, et votre cœur se réjouira; et votre joie, personne ne vous l’enlèvera. En ce jour-là, vous ne me poserez plus de questions.»

Méditation du père Xavier Guermonprez

Il est question d’enfantement! Nicodème demandait à Jésus comment cela pouvait se passer, s’il fallait retourner dans le ventre de sa mère? (en Jean 3) Jésus nous parle ici de l’enfantement d’un monde, et donc d’une joie largement partagée… Il ne nie pas que nous puissions le vivre dans des larmes, des doutes, des désespoirs parfois. Mais il nous invite à l’espoir! Il nous invite à la confiance que la Promesse de Dieu est plus forte que toute difficulté, toute épreuve, tout arrachement… et à accueillir l’action de son Esprit, qui transforme le monde d’aujourd’hui, qui apportera la joie définitive et complète. Notre chemin de vie devient alors une progression dans la confiance, pour accueillir cette joie nouvelle d’une relation à Dieu étonnamment proche et amicale! Notre chemin s’éclaire d’un espoir nouveau, comme un soleil levant, qui nous redonne le courage de construire une vie partagée. Et notre attente n’est plus passive mais entreprenante!

Intentions de prière:

Seigneur, soutiens tous ceux qui sont dans la peine suite à des difficultés dans leur vie, qu’ils trouvent auprès de toi la vraie joie, qui permet de vivre ces moments difficiles dans la paix.

Seigneur Jésus, je te confie toutes les personnes qui ont un deuil à vivre. Fais briller en elles ta lumière de Ressuscité.

Seigneur, donne-nous de supporter avec force et courage les souffrances liées à notre engagement et aux exigences de la vie chrétienne.

Seigneur Dieu, toi qui nous a créés, toi qui nous confies la création comme un bien précieux à épanouir, envoie sur nous ton Esprit de Communion et d’Inventivité, et accompagne-nous dans notre quête d’humanité!

Viens Esprit-Saint! Apprends-moi à traverser les peines qui jalonnent ma vie chrétienne dans la confiance et l’abandon. Par ton amour, que mes peines se changent en joie!

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Jeudi 21 mai 2020

Évangile (Mt 28, 16-20)

En ce temps-là, les onze disciples s’en allèrent en Galilée, à la montagne où Jésus leur avait ordonné de se rendre. Quand ils le virent, ils se prosternèrent, mais certains eurent des doutes. Jésus s’approcha d’eux et leur adressa ces paroles : « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre. Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. » – Acclamons la Parole de Dieu. 

Méditation du père Paul Bénézit

Ascension Solennité

L’Ascension marque la fin de la présence visible du Christ sur la terre. « Présence visible »… L’expression est intéressante. Elle semble suggérer qu’il existerait aussi une présence invisible du Christ…

Or, spontanément, nous avons tendance à associer la présence à la vision. Par conséquent, nous doutons généralement de la présence de quelqu’un ou de quelque chose qui serait invisible.

Par exemple, quand nous constatons qu’il n’y a plus de pain dans la cuisine, nous concluons qu’il n’y a plus de pain du tout et qu’il est donc temps d’aller s’en procurer à la boulangerie.

Mais avons-nous conscience que bien des choses sont présentes invisiblement ? Le meilleur exemple est peut-être l’air que nous respirons ? Il est présent partout sans que nous ne puissions jamais le voir ! Oui, il est bien présent invisiblement. Vous me direz peut-être que l’air n’est pas comparable au Christ puisque l’air n’a jamais été visible alors que le Christ est passé d’un état visible à un état invisible…

D’accord, alors prenons un autre exemple. Les étoiles d’une nuit magnifiquement dégagée. Elles sont lumineuses, elles sont belles, elles sont nombreuses. Et lorsque le soleil se lève, elles disparaissent de nos yeux… Et lorsque nous regardons le bleu du ciel en plein jour, nous doutons volontiers de la présence de ces innombrables étoiles qui peuplent le ciel et qui sont momentanément invisibles à nos yeux.

La fête de l’Ascension nous invite donc à faire un pas décisif dans la foi. Ce pas consiste à accepter l’absence du Christ visible pour aller à la rencontre du Christ désormais invisible mais bien présent. Mais comment faire ? Où chercher le Christ depuis qu’il est monté à la droite du Père ? A quelles conditions le Christ se laissera-t-il trouver ?

Si j’actualisais la question posée par les deux hommes en vêtement blanc aux Apôtres cela donnerait : « Peuple du Gâtinais, pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ? Ce Jésus qui a été enlevé au ciel d’auprès de vous viendra de la même manière que vous l’avez vu s’en aller vers le ciel. »

La première bonne nouvelle de la fête de l’Ascension est donc qu’« Il viendra de la même manière que les Apôtres l’ont vu s’en aller vers le ciel ». Alléluia ! Cela signifie que si le Christ est invisible pour le moment il va se manifester à nouveau ! Quand ? Nul ne le sait sinon le Père. Mais que nous importe pourvu que soyons sûrs de nous retrouver un jour avec lui. Alors, pour rencontrer le Christ, rien de plus simple… il nous suffit d’attendre son retour avec patience et vigilance.

Mais ce n’est pas tout ! La seconde bonne nouvelle de la fête de l’Ascension nous vient de l’Évangile. Saint Matthieu nous révèle que le Christ nous a promis d’être « avec nous tous les jours jusqu’à la fin du monde ». Cette promesse a changé la vie de milliers d’hommes et de femmes à travers les siècles. Et jusqu’aujourd’hui des martyrs anonymes vont jusqu’à verser leur sang en témoignant qu’ils sont amis du Christ, que le Christ est vivant et présent en eux à tous les instants.  

Oui, lorsque l’on écoute les Saints et les Saintes, on se dit que ce n’est pas le Christ qui est absent. On découvre que c’est bien plutôt nous qui sommes souvent absents, inconsistants, invisibles devant le Christ. Nous sommes un peu comme quelqu’un qui écoute de la musique à fond avec des écouteurs et à qui quelqu’un essaie de parler… Pas de réponse. Pas étonnant. Nous ne sommes pas disponibles pour la rencontre. Nous sommes présents physiquement mais absents mentalement et spirituellement. 

Dans quelques jours nous célèbrerons la fête de la Pentecôte. Dès aujourd’hui implorons l’Esprit-Saint de nous aider à ne pas manquer les rendez-vous que le Christ nous offre dans notre quotidien. Oui, le Christ nous attend : dans la prière personnelle, dans la méditation de sa Parole et très bientôt nous l’espérons de tout cœur dans la célébration commune des sacrements.

Frères et sœurs, que le Dieu de notre Seigneur Jésus Christ, le Père dans sa gloire, vous donne un esprit de sagesse qui vous le révèle et vous le fasse vraiment connaître ! Amen.

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Les chrétiens dans le monde

« Les chrétiens ne se distinguent des autres hommes ni par le pays, ni par le langage, ni par les coutumes. Car ils n’habitent pas de villes qui leur soient propres, ils n’emploient pas quelque dialecte extraordinaire, leur genre de vie n’a rien de singulier. Leur doctrine n’a pas été découverte par l’imagination ou par les rêveries d’esprits inquiets; ils ne se font pas, comme tant d’autres, les champions d’une doctrine d’origine humaine. 

Ils habitent les cités grecques et les cités barbares suivant le destin de chacun ; ils se conforment aux usages locaux pour les vêtements, la nourriture et le reste de l’existence, tout en manifestant les lois extraordinaires et vraiment paradoxales de leur manière de vivre. Ils résident chacun dans sa propre patrie, mais comme des étrangers domiciliés. Ils s’acquittent de tous leurs devoirs de citoyens, et supportent toutes les charges comme des étrangers. Toute terre étrangère leur est une patrie, et toute patrie leur est une terre étrangère. Ils se marient comme tout le monde, ils ont des enfants, mais ils n’abandonnent pas leurs nouveau-nés. Ils prennent place à une table commune, mais qui n’est pas une table ordinaire.

Ils sont dans la chair, mais ils ne vivent pas selon la chair. Ils passent leur vie sur la terre, mais ils sont citoyens du ciel. Ils obéissent aux lois établies, et leur manière de vivre est plus parfaite que les lois. Ils aiment tout le monde, et tout le monde les persécute. On ne les connaît pas, mais on les condamne ; on les tue et c’est ainsi qu’ils trouvent la vie. Ils sont pauvres et font beaucoup de riches. Ils manquent de tout et ils tout en abondance. On les méprise et, dans ce mépris, ils trouvent leur gloire. On les calomnie, et ils y trouvent leur justification. On les insulte, et ils bénissent. On les outrage, et ils honorent. Alors qu’ils font le bien, on les punit comme des malfaiteurs. Tandis qu’on les châtie, ils se réjouissent comme s’ils naissaient à la vie. Les Juifs leur font la guerre comme à des étrangers, et les Grecs les persécutent ; ceux qui les détestent ne peuvent pas dire la cause de leur hostilité.

En un mot, ce que l’âme est dans le corps, les chrétiens le sont dans le monde. L’âme est répandue dans membres du corps comme les chrétiens dans les cités du monde. L’âme habite dans le corps, et pourtant elle n’appartient pas au corps, comme les chrétiens habitent dans le monde, mais n’appartiennent pas au monde. L’âme invisible est retenue prisonnière dans le corps visible; ainsi les chrétiens : on les voit vivre dans le monde, mais le culte qu’ils rendent à Dieu demeure invisible. La chair déteste l’âme et lui fait la guerre, sans que celle-ci lui ai fait de tort, mais parce qu’elle l’empêche de jouir des plaisirs ; de même que le monde déteste les chrétiens, sans que ceux-ci lui aient fait de tort, mais parce qu’ils s’opposent à ses plaisirs.

L’âme aime cette chair qui la déteste, ainsi que ses membres, comme les chrétiens aiment ceux qui les déteste. L’âme est enfermée dans le corps, mais c’est elle qui maintient le corps; et les chrétiens sont comme détenus dans la prison du monde, mais c’est eux qui maintiennent le monde. L’âme immortelle campe dans une tente mortelle: ainsi les chrétiens campent-ils dans le monde corruptible, en attendant l’incorruptibilité du ciel. L’âme devient meilleure en se mortifiant par la faim et la soif; et les chrétiens, persécutés, se multiplient de jour en jour. Le poste que Dieu leur a fixé est si beau qu’il ne leur est pas permis de le déserter.« 

De la Lettre à Diognète, nn. 5-6 (Funk, 1, 317-321)

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Vendredi 15 mai 2020

Évangile (Jn 15, 12-17)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Mon commandement, le voici : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande. Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; je vous appelle mes amis, car tout ce que j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai fait connaître. Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et établis afin que vous alliez, que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure. Alors, tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera. Voici ce que je vous commande : c’est de vous aimer les uns les autres. » – Acclamons la Parole de Dieu. 

Méditation du père Didier MAVOKA

Jésus ne peut jamais nous aimer comme nous aimons nos voisins ou comme nous aimons les personnes qui partagent les mêmes idées que nous. Jésus ne nous aime pas ainsi car dans nos amours humains, il y a toujours beaucoup de trahisons, il y a toujours le haut et le bas. La constance dans nos amours est lettre morte. Mais pour Jésus, ce n’est pas ainsi. Il nous aime, chacun personnellement, d’un amour total et inconditionnel. Qui que nous soyons, malgré nos indifférences, nos méchancetés, Jésus nous aime autant. Il nous aime tellement qu’il est mort sur la Croix pour que nous ayons la vie en nous.

Sur ce, la seule chose que Jésus attend de nous aujourd’hui, c’est que nous reconnaissions son amour en nous et d’en vivre. A quoi bon jouer à l’hypocrisie en disant à Jésus que je t’aime, mais sur le terrain, nous vivons sans lui. En bref, comme s’il n’existait pas.

Nous manquons souvent de cohérence dans nos vies entre nos paroles et nos actes. Reconnaître que Jésus nous aime n’a donc de sens que si nous acceptons de vivre notre vie selon son amour et de suivre son commandement qui dit: » Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. » Si j’aime vraiment mon frère, ma soeur, avec un amour sincère, je ne lui ferai jamais du tort, du mal. Mais si je ne l’aime pas, alors la porte est ouverte à toutes mauvaises pensées et actions.

Sur ce, Jésus ne se contente pas de nous dire de nous aimer les uns les autres c’est-à-dire aimons-nous comme nous pouvons. Non, il nous dit de nous aimer comme lui nous a aimés.

Et comment il nous a aimés? Il s’est offert pour nous, sans aucune assurance de notre conversion. Et ce qui me frappe toujours le plus dans l’amour de Jésus , ce chèque d’amour, en blanc qu’il nous a signé sur la Croix. Avec un tel cadeau, il est en droit de recevoir une réponse d’amour de notre part, au travers de l’amour que nous nous manifestons les uns aux autres.

D’où, l’amour seul nous suffit, et tout sera un paradis.

                                                                                                     Amour

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Jeudi 14 mai 2020.

Évangile (Jn 15, 9-17)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour. Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme moi, j’ai gardé les commandements de mon Père, et je demeure dans son amour. Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite. Mon commandement, le voici : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande. Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; je vous appelle mes amis, car tout ce que j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai fait connaître. Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et établis afin que vous alliez, que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure. Alors, tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera. Voici ce que je vous commande : c’est de vous aimer les uns les autres. » – Acclamons la Parole de Dieu. 

Méditation du père Jean Marie RICHARD

« Mon commandement, le voici : Aimez-vous les uns les autres comme Je vous ai aimés » Jean XV,10…

Quel  beau condensé de tout l’Evangile !  Cette parole est rapportée par les 4 évangélistes. Saint Jean nous livre ainsi de l’essentiel. Mon commandement ? il n’en est qu’un : Aimez-vous les uns les autres.  Mais dit  le perfectionniste ; il y a 10 préceptes des commandements de Dieu.  Oui, et même les Juifs ont identifié plus de 600 préceptes ;  Jésus donne une colonne vertébrale à tout l’ ensemble :  AIMER ma famille, mes collègues, mes voisins, mes ennemis… et mon dieu bien évidemment.                                                                                     Mais dit la personne pieuse, il n’est pas besoin d’être chrétien pour aimer les autres…Est-ce si  sur ? Jésus , pourtant, est bien affirmatif !

Aimez-vous les uns les autres COMME je vous ai aimés. Ce n’est pas quand je suis touché,  ni quand j’ai envie. c’est comme Jésus, et comme Dieu Père aiment.. autrement dit, Jésus nous parle d’un Amour qui s’échange, au sein de Dieu Trinitaire, en permanence ; d’un Amour auquel nous sommes associés par notre baptême ; d’un Amour qu’il nous est confié de faire vivre, là où nous sommes, avec nos conditions de vie : c’est là pour vous, pour moi, la Galilée où Jésus me précède et où Il  m’envoie partager cet Amour.

En ces jours, nous avons parlé de la vocation. La voilà la vocation des baptisés ( qui est aussi vocation de toute personne humaine) : Là où je vis, où je travaille, où je suis aimé , où  j’ai des relations en Eglise… partout, sans cesse, y mettre amour… et Amour à la manière du Christ Jésus. Et même amour qui m’est donné en Christ.   Bien entendu, j’ai aussi d’autres soucis, de santé, d’argent, de famille… bien entendu, mais cela n’enlève rien à l’Amour qui me vient du Christ et qu’Il me confie de faire grandir, aujourd’hui, chaque jour. Je vous envoie pour que votre vie porte du fruit (fruit d’aimer, cela va prendre des visages divers selon que je suis jeune maman,  personnel éducatif, responsable politique, syndicaliste, animateur en Eglise), mais le message est le même : AIMEZ.

Je vous dis cela pour que ma joie soit en vous ; et que votre joie soit parfaite.

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Méditation du mercredi 13 mai

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 15, 1-8)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Moi, je suis la vraie vigne, et mon Père est le vigneron.
Tout sarment qui est en moi, mais qui ne porte pas de fruit, mon Père l’enlève ; tout sarment qui porte du fruit, il le purifie en le taillant, pour qu’il en porte davantage.
Mais vous, déjà vous voici purifiés grâce à la parole que je vous ai dite.
Demeurez en moi, comme moi en vous. De même que le sarment ne peut pas porter de fruit par lui-même
s’il ne demeure pas sur la vigne, de même vous non plus, si vous ne demeurez pas en moi.

Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments.
Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là porte beaucoup de fruit, car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire.
Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est, comme le sarment, jeté dehors, et il se dessèche. Les sarments secs, on les ramasse, on les jette au feu, et ils brûlent.
Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous,
demandez tout ce que vous voulez, et cela se réalisera pour vous.
Ce qui fait la gloire de mon Père, c’est que vous portiez beaucoup de fruit et que vous soyez pour moi des disciples. »

Méditation du père Xavier Guermonprez

Qu’est-ce que la Vigne du Seigneur? C’est chez les prophètes Isaïe ou Jérémie le champ qu’il aime créer et entretenir… C’est dans les Évangiles synoptiques le champ dont il prend soin par l’intermédiaire des ouvriers et des métayers… C’est le peuple d’Israël qui comprend combien il est aimé de Dieu, que Dieu prend soin de lui, de le faire croître, fructifier, et rayonner sa culture… C’est l’Église des chrétiens, irriguée par la sève de l’Esprit (cf. 1Co 12), qui fait porter à chacun les fruits qui lui sont propres. Qu’est-ce alors que la Vigne du Seigneur? C’est le peuple immense des Ressuscités, vivants et vivifiants pour toujours, fructueux pour tous par la prière et par le travail, irrigués à chaque instant par les dons de l’Esprit de Vie (cf. Jn 7,37-38)!

Intentions de prière:

Seigneur Jésus, nous voulons être ces sarments qui portent du fruit. Donne-nous le goût de ta Parole et fais de nous les disciples-missionnaires dont le monde à besoin.

Seigneur, tu nous invites à demeurer en toi pour porter du fruit, que la prière, l’étude de ta parole soient le lieu du ressourcement à ta vie, afin que le service de nos frères, en particulier les plus pauvres, en soit le signe pour le monde, et révèle ta gloire.

Donne-nous, Seigneur d’être davantage unis à toi notre unique Sauveur. Nous pourrons ainsi porter de bons fruits. Car sans toi, nous ne sommes rien et ne pouvons rien.

Seigneur Jésus, toi le Cep qui portes et irrigues l’Église, je te confie tous les croyants qui se sentent secs, comme incapables de porter du fruit: aide-les à mieux se connaître et à entrer dans la confiance avec toi.

Méditation du mardi 12 mai

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Je vous laisse la paix,
je vous donne ma paix ;
ce n’est pas à la manière du monde
que je vous la donne.
Que votre cœur ne soit pas bouleversé ni effrayé.
Vous avez entendu ce que je vous ai dit :
Je m’en vais,
et je reviens vers vous.
Si vous m’aimiez, vous seriez dans la joie
puisque je pars vers le Père,
car le Père est plus grand que moi.
Je vous ai dit ces choses maintenant,
avant qu’elles n’arrivent ;
ainsi, lorsqu’elles arriveront,
vous croirez.
Désormais, je ne parlerai plus beaucoup avec vous,
car il vient, le prince du monde.
Certes, sur moi il n’a aucune prise,
mais il faut que le monde sache
que j’aime le Père,
et que je fais comme le Père me l’a commandé. »

Méditation du père Stanislas de Christen

« Je vous laisse la paix,
je vous donne ma paix ;
ce n’est pas à la manière du monde
que je vous la donne. »

Cette phrase de Jésus, me renvoi à une remarque qu’un guide Israélien à notre de pèlerinage en terre sainte : « quand vous priez Dieu pour la paix, qu’est ce que vous lui demandez exactement ? Pour nous en Israël c’est que nos chars de combat ne tombent pas en panne ! Car les armées ennemies peuvent traverser notre pays et atteindre la méditerranée en deux heures si rien ne les arrête ! »

Qu’est ce que je demande vraiment au Seigneur quand je demande la paix ? Que je sois victorieux sur mes ennemies, que je sois le plus fort et qu’ainsi j’impose ma paix ! C’est peut être cela la manière du Monde ! Dans nos histoires personnelles ou dans la grande histoire, quand la paix est imposée, il se développe alors un désir de revanche, de libération car nous nous sentons oppressés, car l’accord n’est pas fait d’égal à égal mais il est pris comme un dictat !

Cette paix que nous laisse Jésus, c’est sa paix ! Paix déroutante de celui qui va être bientôt, (ce discours de Jésus est entre la dernière cène et le jardin des oliviers) rejeté, condamné, torturé et assassiné sur une croix ! La Paix de celui qui se montre tout petit dans une crèche et que les anges chantent ! La paix de Jésus : c’est la présence de Dieu qui se fait au monde même dans les lieux les plus terribles : Paix pour le Père Maximilien Kolbe martyre franciscain et ses compagnons de cellules qui moururent de faim à Auschwitz paisiblement à l’étonnement de leurs bourreaux. Paix des parents qui, lors du procès, pardonnent à l’adolescent assassin de leur enfant et fonde une association pour accompagner les jeunes en situation de violence.

Cette paix n’est pas une morale, c’est une manière de vivre en accueillant en nous cette paix, et qui nous rend paisible, pour mieux vivre en paix avec nos frères les hommes. La paix du Christ continuera à être donnée par chacun de nous, elle s’incarnera dans nos histoires… Alors ce refrain se réalisera:

La paix, elle aura ton visage,
La paix, elle aura tous les âges.
La paix sera toi, sera moi, sera nous,
Et la paix sera chacun de nous

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Lundi 11 mai 2020

Évangile (Jn 14, 21-26)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Celui qui reçoit mes commandements et les garde, c’est celui-là qui m’aime ; et celui qui m’aime sera aimé de mon Père ; moi aussi, je l’aimerai, et je me manifesterai à lui. » Jude – non pas Judas l’Iscariote – lui demanda : « Seigneur, que se passe-t-il ? Est-ce à nous que tu vas te manifester, et non pas au monde ? » Jésus lui répondit : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons vers lui et, chez lui, nous nous ferons une demeure. Celui qui ne m’aime pas ne garde pas mes paroles. Or, la parole que vous entendez n’est pas de moi : elle est du Père, qui m’a envoyé. Je vous parle ainsi, tant que je demeure avec vous ; mais le Défenseur, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit. » – Acclamons la Parole de Dieu.

Méditation du père Précieux AKODJENOU

«Celui qui a reçu mes commandements et y reste fidèle, c’est celui-là qui m’aime; et celui qui m’aime sera aimé de mon Père; moi aussi je l’aimerai, et je me manifesterai à lui» (Jn 14,21). 

Les commandements du Seigneur ont pour vocation de nous maintenir dans l’amour de Dieu. Ils sont un don et pas un joug affreux. Nous le savons, un don, et par surcroît le don de Dieu est pure Bonté. Il ne peut d’ailleurs en être autrement car, quel est le père qui donnera une pierre à son fils, s’il lui demande du pain? Ou, s’il demande un poisson, lui donnera-t-il un serpent au lieu d’un poisson? (Luc 11,11) Or, il y a ici bien plus qu’une simple demande de pain ou de poisson et son exaucement : c’est Dieu lui-même qui, dans son Amour, nous fait don de ses commandements. Il en a pris l’initiative pour nous aider à demeurer dans son Amour. Il s’en suit que les prescriptions divines sont ordonnées, non pas à une quelconque satisfaction sadique de Dieu, mais à notre plein épanouissement. Qui ne voudrait pas être heureux et épanoui ? Qui ne désirerait pas embrasser le Bonheur? La Loi du Seigneur est Bonheur, Amour et Vie ! Y rester fidèle, c’est donc accueillir et demeurer en présence de Jésus qui est Vie et accomplissement de la Loi. Alors, le voile qui couvrait nos yeux pourra se déchirer pour nous donner de contempler la pleine manifestation du Seigneur. C’est alors que nous découvrirons que sa demeure en nous, demeure autrefois enfouie au cœur des montagnes de nos infidélités, peut désormais resurgir et briller de mille éclats. Le Royaume de Dieu s’est invité dans nos cœurs ! Aimons-nous assez le Seigneur pour le laisser demeurer en nous et avec nous ? Il a lui-même dressé en nous la table qui repose sur l’Amour, celui de Dieu et celui du prochain, soutenu par la force de l’Esprit et la liberté qui découle d’un total abandon à la Grâce. Car nous sommes faibles, et sans le Seigneur, nous ne pouvons rien faire. Occupe Seigneur notre vie, demeure en nous et n’arrête pas de te manifester à nous. Que ton Esprit nous donne de garder allumée la flamme de ta présence. Amen.

Méditation du dimanche 10 mai

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Que votre cœur ne soit pas bouleversé :
vous croyez en Dieu,
croyez aussi en moi.
Dans la maison de mon Père,
il y a de nombreuses demeures ;
sinon, vous aurais-je dit :
‘Je pars vous préparer une place’ ?
Quand je serai parti vous préparer une place,
je reviendrai et je vous emmènerai auprès de moi,
afin que là où je suis,
vous soyez, vous aussi.
Pour aller où je vais,
vous savez le chemin. »
Thomas lui dit :
« Seigneur, nous ne savons pas où tu vas.
Comment pourrions-nous savoir le chemin ? »
Jésus lui répond :
« Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ;
personne ne va vers le Père sans passer par moi.
Puisque vous me connaissez,
vous connaîtrez aussi mon Père.
Dès maintenant vous le connaissez,
et vous l’avez vu. »
Philippe lui dit :
« Seigneur, montre-nous le Père ;
cela nous suffit. »
Jésus lui répond :

« Il y a si longtemps que je suis avec vous,
et tu ne me connais pas, Philippe !
Celui qui m’a vu
a vu le Père.
Comment peux-tu dire : ‘Montre-nous le Père’ ?
Tu ne crois donc pas que je suis dans le Père
et que le Père est en moi !
Les paroles que je vous dis,
je ne les dis pas de moi-même ;
le Père qui demeure en moi
fait ses propres œuvres.
Croyez-moi :
je suis dans le Père,
et le Père est en moi ;
si vous ne me croyez pas,
croyez du moins à cause des œuvres elles-mêmes.
Amen, amen, je vous le dis :
celui qui croit en moi
fera les œuvres que je fais.
Il en fera même de plus grandes,
parce que je pars vers le Père »

Méditation du père Hyacinthe Vulliez

Chemin, Vérité, Vie. Trois mots par qui Jésus se dit. Trois mots qui donnent à rêver et en qui il est tout entier.
Il est le chemin qui conduit au Père car il est fils, le premier-né, l’aîné. Il ne peut donc conduire ses frères que vers le Père. Lui, chemin du Père. Moins tête de peloton que compagnon de route, la route qui conduit à la fraction du pain.
Il est chemin parce qu’il est Vérité et Vie. Quand on est en route ensemble, la vérité se dévoile et la vie surgit en surabondance.
« je suis la vérité ». Il est l’être de vérité car il est la Parole qui s’est faite homme. La Parole du Père. Il ne dit pas: « j’ai la vérité, je la tiens, je la détiens ». Ce serait prétentieux même pour lui, Dieu. ‘ Je-suis-vérité », dit-il. C’est peut-être encore plus prétentieux, mais seul Dieu peut le dire dans la transparence de l’infini. Il est vérité car il est Parole, tout-Parole, et non toutes paroles. Vérité comme la vraie lumière, le vrai pain.
Il est vérité car il est pur amour; car seul l’être par amour est vraiment présent.
Chemin, Vérité. Et quand il dit: « je suis la Vie », il a tout dit. II n’y a plus rien à dire ni à faire si ce n’est écouter dans le silence intérieur de l’écho: « je suis Vie… JE SUIS! »

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Méditation du samedi 9 mai

Actes des Apôtres 13,44-52

Le sabbat qui suivait la première prédication de Paul à Antioche de Pisidie, presque toute la ville se rassembla pour entendre la parole du Seigneur. Quand les Juifs virent les foules, ils s’enflammèrent de jalousie ; ils contredisaient les paroles de Paul et l’injuriaient. Paul et Barnabé leur déclarèrent avec assurance : « C’est à vous d’abord qu’il était nécessaire d’adresser la parole de Dieu. Puisque vous la rejetez et que vous-mêmes ne vous jugez pas dignes de la vie éternelle, eh bien ! nous nous tournons vers les nations païennes. C’est le commandement que le Seigneur nous a donné : J’ai fait de toi la lumière des nations pour que, grâce à toi, le salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre. » En entendant cela, les païens étaient dans la joie et rendaient gloire à la parole du Seigneur ; tous ceux qui étaient destinés à la vie éternelle devinrent croyants. Ainsi la parole du Seigneur se répandait dans toute la région.
Mais les Juifs provoquèrent l’agitation parmi les femmes de qualité adorant Dieu, et parmi les notables de la cité ; ils se mirent à poursuivre Paul et Barnabé, et les expulsèrent de leur territoire. Ceux-ci secouèrent contre eux la poussière de leurs pieds et se rendirent à Iconium, tandis que les disciples étaient remplis de joie et d’Esprit Saint.

Evangile selon Saint Jean 14,7-17

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Puisque vous me connaissez, vous connaîtrez aussi mon Père. Dès maintenant vous le connaissez, et vous l’avez vu. » Philippe lui dit : « Seigneur, montre-nous le Père ; cela nous suffit. » Jésus lui répond : « Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne me connais pas, Philippe ! Celui qui m’a vu a vu le Père. Comment peux-tu dire : “Montre-nous le Père” ? Tu ne crois donc pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi ! Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même ; le Père qui demeure en moi fait ses propres œuvres. Croyez-moi : je suis dans le Père, et le Père est en moi ; si vous ne me croyez pas, croyez du moins à cause des œuvres elles-mêmes. Amen, amen, je vous le dis : celui qui croit en moi fera les œuvres que je fais. Il en fera même de plus grandes, parce que je pars vers le Père, et tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai, afin que le Père soit glorifié dans le Fils. Quand vous me demanderez quelque chose en mon nom, moi, je le ferai. »

Méditation du frère Paul Fruchet

Tout l’Évangile invite son lecteur à se tourner sans cesse vers l’autre, de nous tourner vers l’Autre. Jésus parle souvent de son Père , et avec quel attachement ! Nous pouvons comprendre que Jésus a vraiment le profond désir de nous faire porter notre regard vers le Père, de nous faire connaître son Père.
Comme pour les disciples, cette démarche vers le Père nous est difficile. Nous avons l’image d’un Dieu lointain, voire inaccessible. Or Jésus l’appelle ‘mon Père’ et il invite ses disciples d’hier et d’aujourd’hui à aller vers Lui et à l’appeler ‘notre Père’. Même quand Jésus dit : « Puisque vous me connaissez, dès maintenant, vous connaissez le Père et vous l’avez vu. » Les disciples ne comprennent pas. C’est Philippe qui ose dire : Toi, nous te voyons ; alors montre-nous le Père, et nous serons comblés !
Jésus accepte cette difficulté de ses disciples : il y a si longtemps que je suis avec vous et tu ne me connais pas ! Comment peux-tu dire : Montre-nous le Père ? Cette incompréhension et la question de Philippe nous valent une merveilleuse révélation. « Celui qui m’a vu le Père. » Contempler Jésus, voir ce qu’il fait, c’est contempler Dieu le Père, c’est comprendre comment Dieu le Père agit envers tous ses enfants. En Jésus, c’est Dieu qui se fait proche des plus petits. Avec Jésus, c’est Dieu qui accueille les réprouvés, les étrangers, tous ceux auxquels personne ne fait attention, ceux qui comptent pour rien. Quand Jésus guérit, quand Jésus pardonne, c’est Dieu qui rétablit ses enfants dans leur dignité première de ses enfants, c’est Dieu qui ouvre une avenir nouveau au pécheur, à celui qui s’est égaré loin de lui.
Jésus, Parole de Dieu, nous dit qu’il a été envoyé par son Père pour y accomplir les œuvres du Père. Il les réalise à travers son humanité dans laquelle ses contemporains ont pu le voir. Jésus est le visage humain de Dieu.
Jésus est venu dans notre humanité pour y accomplir les œuvres du Père. Disciples de Jésus nous sommes invités à notre tour à manifester autour de nous les œuvres de bonté du Père. Nous tourner vers les autres qui sont pour nous des images de Jésus.
Je suis invité à servir les autres comme nous voulons servir Jésus et son Père. Je peux aussi m’émerveiller et remercier Dieu pour celles et ceux qui continuent les œuvres de Dieu dans notre monde d’aujourd’hui ; celles et ceux qui dans ces temps rudes que nous vivons manifestent la bonté, la tendresse de Dieu à travers les soins, petits ou grands, et tous les gestes de solidarité et de partage.

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8 Mai, Sainte Jeanne d’Arc, Vierge, Patronne secondaire de la France

Fête dans le diocèse

Première lecture

Lecture du livre de la Sagesse             8, 9-15

J’ai résolu d’amener la Sagesse à partager ma vie, car je savais qu’elle serait ma conseillère pour bien agir, mon réconfort dans les soucis et la tristesse. Grâce à elle, j’aurai la gloire auprès des foules, et l’honneur auprès des anciens, malgré ma jeunesse. Au tribunal, on reconnaîtra ma perspicacité ; devant moi les puissants seront dans l’admiration. Si je me tais, ils attendront ; si je parle, ils prêteront l’oreille ; si je prolonge mon discours, ils se garderont de m’interrompre. Grâce à la Sagesse, j’aurai l’immortalité, je laisserai à la postérité un souvenir éternel. Je dirigerai des peuples, et des nations me seront soumises. S’ils entendent parler de moi, des souverains redoutables prendront peur. Je montrerai ma valeur dans l’assemblée du peuple, et ma bravoure à la guerre.

Alléluia     Ps 17, 2b-3

Alléluia. Alléluia. Seigneur, mon roc, ma forteresse, Dieu mon libérateur, le rocher qui m’abrite, mon bouclier, mon fort, mon arme de victoire ! Alléluia.

Evangile

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu         16, 24-27

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. Car celui qui veut sauver sa vie la perdra, mais qui perd sa vie à cause de moi la trouvera. Quel avantage, en effet, un homme aura-t-il à gagner le monde entier, si c’est au prix de sa vie ? Et que pourra-t-il donner en échange de sa vie ? Car le Fils de l’homme va venir avec ses anges dans la gloire de son Père ; alors il rendra à chacun selon sa conduite.

Le Seigneur est ma délivrance

Aujourd’hui, en ce 8 Mai, bien évidemment nous nous souvenons de la fin de la Seconde Guerre Mondiale et de toutes les victimes des atrocités commises durant ce conflit, ici-même en France, en Allemagne, dans tous les camps de concentration et jusqu’au Japon. Nous nous souvenons de tous ceux et celles qui ont donné leur vie pour la liberté, tant victimes militaires que civiles et de toute sorte d’ostracisme.

Mais en ce 8 Mai, nous faisons aussi mémoire de Sainte Jeanne d’Arc, la libératrice d’Orléans. Nous déplorons que nous ne puissions fêter comme il se doit notre libératrice, surtout en cette année du centenaire de sa canonisation, le 16 Mai 1920. Mais nous ne l’oublions pas pour autant et nous méditons ensemble à partir des textes liturgiques de cette fête. Il y a pour aujourd’hui deux textes au choix comme première lecture. J’ai choisi le livre de la Sagesse, en pensant que chaque 8 Mai, c’est la jeune fille qui symbolise Jeanne qui proclame cette lecture à la cathédrale. Elle fait mémoire de la Sagesse, mieux encore, elle l’invoque pour elle-même et pour nous, comme Jeanne l’a non seulement invoquée et demandée, mais a voulu laisser conduire sa vie par la Sagesse divine. Jeanne ne l’a pas demandé que pour elle, mais aussi pour ses compagnons et tous ceux qui étaient pris dans les affres multiples de la guerre.

1. « J’ai résolu d’amener la Sagesse à partager ma vie, car je savais qu’elle serait ma conseillère pour bien agir, mon réconfort dans les soucis et la tristesse. » Nous entendons trois grâces de la Sagesse dans ce verset 9. La première est le désir de la Sagesse de partager la vie de l’homme, si l’homme se résout à l’accepter. Nous pouvons nous dire que nous menons notre vie seul, que nous sommes maîtres de nous-mêmes, que nous n’avons pas besoin de force extérieure, humaine ou divine pour conduire notre vie. Oui, nous sommes forts, du moins le pensons-nous jusqu’à ce que notre faiblesse se manifeste à nous, jusqu’à ce que nous tombions de notre piédestal et que nous prenions conscience de notre finitude. Combien d’échecs faut-il à l’homme pour découvrir qu’il est toujours un être de besoin, un être dans un ensemble qui le dépasse et qui peut l’aider. Du côté des hommes, il y a la belle solidarité humaine qui vient en aide à notre fragilité. Et du côté de Dieu, il y a sa Sagesse, son Esprit, sa force qu’il partage avec l’homme. J’imagine Jeanne comme femme fragile, rendue forte de la Sagesse, de l’Amour de Dieu, de son Esprit et de son recours régulier à l’Eucharistie, source de force et de vie.

La deuxième grâce est le réconfort que procure la sagesse dans les soucis. La Sagesse n’est pas là pour nous dire « ce n’est pas grave », la gravité est lucidité ; elle est la pour nous dire « ne te laisse surtout pas abattre, confie-toi en moi, garde confiance, le Seigneur combat avec toi, voire pour toi ».

La troisième grâce est le réconfort que procure la sagesse dans la tristesse. La désolation, la tristesse peuvent être mortifères peuvent empêcher les hommes de croire en un avenir possible et encore beau. La tristesse peut aussi nous détourner des hommes et de Dieu. Nous pouvons penser à la tristesse dans le cœur de Jeanne en sachant son pays envahi, ses habitants dans l’insécurité, son « dauphin » toujours pas sacré roi à Reims alors qu’il est sur le trône depuis plus de 6 ans. Toutes ces occasions de tristesse et d’autres encore, lui ont donné courage et volonté, avec l’aide de la Sagesse.

Ces grâces, il nous faut les demander aussi aujourd’hui, la Sagesse de Dieu veut venir nous envahir dans nos soucis et nos tristesses, et Dieu sait, si le monde en vit. Mettons notre confiance en Dieu, laissons-nous conduire par son Esprit, vers la vie.

2. « Grâce à la Sagesse, j’aurai l’immortalité, je laisserai à la postérité un souvenir éternel. » Je ne sais pas si Jeanne avait le projet que les hommes, encore 591 ans après la libération d’Orléans, se souviennent d’elle et fassent mémoire de ses victoires. En revanche, nous pouvons faire mémoire, à travers cette grande figure de Jeanne, que c’est le Seigneur qui combat. On ne cherche pas forcément à se souvenir de la cuirasse et du fil tranchant de l’épée de Jeanne (qui n’aurait tué personne, nous rappelle le procès de Jeanne), on se souvient, comme le dit le Psaume 26 « Qu’une armée se déploie devant moi, mon cœur est sans crainte ; que la bataille s’engage contre moi, je garde confiance ». On se souvient de l’étendard blanc avec les noms Jésus et Marie.

En revanche, l’immortalité comme don de Dieu, il nous faut en faire mémoire, l’immortalité des justes qui se laissent conduire par la Sagesse. Elle ne veut que le bien pour l’homme et pas seulement un bien pour notre vie terrestre, mais le bien aux côtés de la bonté même de Dieu. 

3. « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive » nous dit l’Évangile. Nous pouvons relire la vie de Jeanne au prisme de cette parole du Christ. Car c’est bien à sa suite qu’elle a voulu se mettre en route, qu’elle a quitté sa Lorraine natale pour les difficiles chemins de la guerre et de la mort. Elle a renoncé à tout pour un but bien plus grand qu’elle-même, pour son pays, pour les hommes et pour Dieu. C’est le Christ qu’elle a servi, même « Dieu, premier servi ».

Dans ce temps difficile qui est le nôtre, nous sommes appelés à la confiance, au service et à l’espérance. Ne nous décourageons pas, demandons encore et toujours la Sagesse que Dieu ne cesse de nous donner. Demandons-là aussi pour notre monde, nos dirigeants, notre Église. Demandons que la tristesse ne nous accable pas, mais que nous restions toujours des hommes et des femmes d’espérance car « Le Seigneur est ma force et mon salut, il est ma délivrance ».

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Méditation du jeudi 7 mai

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

Après avoir lavé les pieds de ses disciples,
Jésus parla ainsi :
« Amen, amen, je vous le dis :
un serviteur n’est pas plus grand que son maître,
ni un envoyé plus grand que celui qui l’envoie.
Sachant cela, heureux êtes-vous,
si vous le faites.
Ce n’est pas de vous tous que je parle.
Moi, je sais quels sont ceux que j’ai choisis,
mais il faut que s’accomplisse l’Écriture :
Celui qui mange le pain avec moi
m’a frappé du talon.
Je vous dis ces choses dès maintenant,
avant qu’elles n’arrivent ;
ainsi, lorsqu’elles arriveront,
vous croirez que moi, JE SUIS.
Amen, amen, je vous le dis :
si quelqu’un reçoit celui que j’envoie, il me reçoit moi-même ;
et celui qui me reçoit, reçoit Celui qui m’a envoyé. »

Méditation du père Paul Bénézit

Nous sommes le 7 mai 2020 et cette nuit la lune sera « pleine ». Si nous regardons par la fenêtre ce soir, avant de nous coucher, que verrons-nous ? Nous aurons l’impression de voir une source de lumière se lever dans le ciel, au beau milieu de l’obscurité. Mais attention, ne nous y trompons pas. A l’instar de Jean-Baptiste, la lune pourrait bien nous dire : « Ce que vous pensez que je suis, je ne le suis pas. Mais le voici qui vient après moi, et je ne suis pas digne de retirer les sandales de ses pieds » (Ac 13, 25). La lune n’est pas le soleil et, pour croître, c’est bien des rayons du soleil dont les plantes ont besoin. Et nous chrétiens ? Nous ne sommes pas plus grand que le maître !

Le temps du confinement aura eu pour effet de limiter considérablement nos déplacements. Quel paradoxe quand on pense que dès le jour de Pâques le Seigneur nous a dit : « Allez dans le monde entier » (Mc 16, 15). Comment témoigner sur les chemins de l’humanité à l’heure où nous devons encore nous munir d’une attestation pour aller faire ne serait-ce que quelques courses de première nécessité ?

Le temps que nous vivons nous interroge en profondeur. Le concile vatican II nous rappelle que l’humanité souffrante n’a pas tant besoin d’être visitée par des chrétiens que par le Christ qui est la « Lumière des peuples » . Voilà la belle mission du « peuple de Dieu » . A l’instar de la lune, refléter les rayons du Christ, afin que soient illuminés ceux qui marchaient dans les ténèbres. Mais à l’instar de la lune aussi, savoir être assez discret pour laisser toute la place au Christ dès que la médiation a porté ses fruits.

Chers amis, sommes-nous assez discrets pour nous retirer sur la pointe des pieds quand une personne a connu le Christ grâce à nous ? Savons-nous aussi que bien des personnes rencontrent le Christ pour la première fois sans que la médiation visible d’un chrétien ne soit nécessaire ? Le concile vatican II nous le rappelle : « l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’être associé au mystère pascal » .

« Si quelqu’un reçoit celui que j’envoie, il me reçoit moi-même » (Jn 13, 20). Oui, mais « un serviteur n’est pas plus grand que son maître, ni un envoyé plus grand que celui qui l’envoie » (Jn 13, 16). Nous avons toute la vie pour apprendre à conjuguer harmonieusement la grandeur et la petitesse de notre mission.


Méditation du mercredi 6 mai

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
Jésus s’écria :
« Celui qui croit en moi, ce n’est pas en moi qu’il croit,
mais en Celui qui m’a envoyé ;
et celui qui me voit voit Celui qui m’a envoyé.
Moi qui suis la lumière, je suis venu dans le monde
pour que celui qui croit en moi
ne demeure pas dans les ténèbres.
Si quelqu’un entend mes paroles et n’y reste pas fidèle,
moi, je ne le juge pas, car je ne suis pas venu juger le monde, mais le sauver.
Celui qui me rejette et n’accueille pas mes paroles
aura, pour le juger, la parole que j’ai prononcée :
c’est elle qui le jugera au dernier jour.
Car ce n’est pas de ma propre initiative que j’ai parlé :
le Père lui-même, qui m’a envoyé,
m’a donné son commandement
sur ce que je dois dire et déclarer ;
et je sais que son commandement est vie éternelle.
Donc, ce que je déclare,
je le déclare comme le Père me l’a dit. »

Méditation du père Didier Mavoka

Commençons d’abord notre méditation biblique par une simple question?  » Qui est Jésus pour toi?  » . Beaucoup d’entre nous se souviendront encore de cette question qui revenait à tout moment lors la 1 ère étape de notre synode diocésain qui s’intitulait les consultations.Et là, on a eu beaucoup de réponses. Et parmi ces réponses, celle qui nous touche aujourd’hui en rapport avec l’Evangile du jour (Jean 12, 44-50) , c’est  » Jésus est celui qui fascine nos vies.  »  » Jésus est celui qui inspire notre engagement dans l’Eglise et dans le monde en tant que chrétien. » « Jésus est celui qui oriente nos regards vers son Père. »
En bref, toute notre recherche spirituelle s’édifie autour du nom de Jésus.
Et pourtant, à entendre Jésus lui-même dans l’Evangile de ce jour, notre recherche spirituelle doit être tout axée sur son Père. Cela signifie que Jésus est plus dans le Père qu’en Lui. Que toute sa vie est enfouie dans le Père. Donc sans le Père, Jésus n’existe pas. Voilà au fait, le véritable effacement.
Jésus vit pauvre et dépouillé de tout désir, de toute volonté propre (Père éloigne de moi cette coupe. Mais non pas ma volonté mais la tienne: au jardin de Getsemani avec l’angoisse qu’il avait de son arrestation imminente qui l’a amené à la mort sur la Croix), de tout amour propre. Jésus vit sans tenir compte de sa personne. En bref, Saint Jean dira que Jésus est amputé de lui-même.
Jésus appartient au Père, et sa vie est tout tournée vers le Père. Il n’est que don total sans limite à son Père. Jésus vit les yeux tournés vers les autres, et vers son Père. Voilà l’importance de la Croix: la planche verticale symbolise ce grand amour que Jésus envers son Père en faisant totalement sa volonté. La planche horizontale symbolise ce grand amour de Jésus envers l’humanité en la sauvant avec sa mort.
Voilà pourquoi un jour, un mystique indien disait: « Il est facile de renoncer à la famille et au monde, mais difficile de renoncer à l’ego qui est si fermement ancré en nous et si désireux de grandir. »
Et un autre mystique africain de renchérir:  » Dieu dit:  » Soixante-dix-fois par jour, je regarde dans le cœur de l’homme pour y descendre. Mais je le trouve presque plein de lui-même, et ne puis y pénétrer. »
Sur ce, frères et sœurs, à l’exemple de Jésus, laissons une place de choix dans notre vie pour Notre Dieu.

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Mardi 5 mai 2020

Évangile selon Saint Jean (10, 22-30)

On célébrait la fête de la dédicace du Temple à Jérusalem. C’était l’hiver. Jésus allait et venait dans le Temple, sous la colonnade de Salomon. Les Juifs firent cercle autour de lui ; ils lui disaient : « Combien de temps vas-tu nous tenir en haleine ? Si c’est toi le Christ, dis-le nous ouvertement ! » Jésus leur répondit : « Je vous l’ai dit, et vous ne croyez pas. Les œuvres que je fais, moi, au nom de mon Père, voilà ce qui me rend témoignage. Mais vous, vous ne croyez pas, parce que vous n’êtes pas de mes brebis. Mes brebis écoutent ma voix ; moi, je les connais, et elles me suivent. Je leur donne la vie éternelle : jamais elles ne périront, et personne ne les arrachera de ma main. Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tout, et personne ne peut les arracher de la main du Père. Le Père et moi, nous sommes UN. » – Acclamons la Parole de Dieu.

Méditation du père Jean Marie RICHARD

 Les œuvres que je fais, moi,  au nom de mon Père, voilà ce qui me rend témoignage…(JeanX,22-30)

J’entends encore cette sœur âgée : « les œuvres du Seigneur Jésus qui rendent témoignage ; les signes de sa résurrection  aujourd’hui»  je voudrais bien en voir davantage ! Qui de nous, chrétiennes et chrétiens n’a jamais pensé que les signes de résurrection  devaient être  plus visibles  aux premiers jours de l’Eglise.. Y en  a-t-il  vraiment tant que cela pour éclairer notre route en 2020 ?

A cette question, c’est une  catéchiste qui répond : quand je cherche les signes de Dieu, c’est comme quand je cherche des champignons. Pendant tout un moment, je n’en trouve aucun puis, ma recherche m’en fait découvrir un premier,  un autre, et parfois, tout un parterre. C’est  donc une invitation à ne pas renoncer … et plus encore à accueillir, non pas ce que je voudrais trouver, mais ce que la vie m’apporte. Recevons les textes de ce jour ; après la mort d’Etienne et la persécution par certains juifs (cf Paul avant sa conversion) les chrétiens restent prudents ; mais plusieurs grecs convertis n’ont pas la même crainte… et voilà à Antioche une levée de convertis étrangers. L’Esprit de Jésus est vivant,  même au temps de la persécution. Déjà, dans l’Evangile, Jésus demande  à ses auditeurs de voir et recevoir les œuvres qu’Il vient d’accomplir… au lieu d’être toujours en quête de nouveaux exploits !

 « C’est le Seigneur » dit Jean, quand il retrouve la manière de jésus (dans une parole, un geste)  Je relis ma journée. Cette boulangère qui sert les clients avec  bonne humeur, en ces jours de possible contamination ; ces parents qui consacrent du temps avec leurs enfants ravis de cette aubaine ; tant de responsables publics tentent de concilier les inconciliables (donner un peu d’espace d’humanité libre, dégager des possibilités de travailler, limiter l’expansion de l’épidémie ) ; chrétiens ou non qui se rendent disponibles  auprès de  « sans abri de confinement » ; les mêmes chrétiens ou d’autres trouvent des manières de prier à plusieurs. serai-je de ces insatisfaits, toujours prêts à la critique… ou bien vais-je reconnaitre que ceci ou cela fait vraiment penser et dire  C’est le Seigneur, Toi Seigneur Tu es passé là.Tu continues d’être Lumière sur nos routes, et de  stimuler notre imagination fraternelle et solidaire .

Mes brebis écoutent  ma voix.  Debout,  cherchons –aujourd’hui- les champignons du Royaume.

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Lundi 04 Mai 2020 

Evangile de Saint Jean (10,11-18)

En ce temps-là, Jésus déclara : « Moi, je suis le bon pasteur, le vrai berger, qui donne sa vie pour ses brebis. Le berger mercenaire n’est pas le pasteur, les brebis ne sont pas à lui : s’il voit venir le loup, il abandonne les brebis et s’enfuit ; le loup s’en empare et les disperse. Ce berger n’est qu’un mercenaire, et les brebis ne comptent pas vraiment pour lui. Moi, je suis le bon pasteur ; je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent, comme le Père me connaît, et que je connais le Père ; et je donne ma vie pour mes brebis. J’ai encore d’autres brebis, qui ne sont pas de cet enclos : celles-là aussi, il faut que je les conduise. Elles écouteront ma voix : il y aura un seul troupeau et un seul pasteur. Voici pourquoi le Père m’aime : parce que je donne ma vie, pour la recevoir de nouveau. Nul ne peut me l’enlever : je la donne de moi-même. J’ai le pouvoir de la donner, j’ai aussi le pouvoir de la recevoir de nouveau : voilà le commandement que j’ai reçu de mon Père. » – Acclamons la Parole de Dieu.

Méditation

Au lendemain du dimanche des vocations, les textes de la liturgie nous font poursuivre notre contemplation de l’identité du Bon Pasteur. Si hier le Christ, Bon Pasteur, s’est identifié d’une part à la Porte qui offre au troupeau la liberté d’aller et venir en toute quiétude, parce que conduit par le Bon Berger, et d’autre part à la Vie qui se laisse accueillir dans la connaissance réciproque du Berger et de son troupeau, aujourd’hui il va encore plus loin dans cette relation d’amour qui le lie à ses brebis : Il est celui qui donne sa vie pour elles. Contrairement aux berges mercenaires pour qui les brebis ne comptent pas vraiment, et qui, s’ils voient venir le loup, abandonnent le troupeau  et s’enfuient, le Christ, par amour pour son troupeau, affronte avec lui les tempêtes de chaque jour, et va jusqu’à livrer pour lui l’ultime combat contre le mal, combat dont il sortit victorieux mais non sans sacrifices : blessures et douleurs de la flagellation, la crucifixion, et même la mort. Mais cette mort, n’était-elle pas plutôt le coup fatal que le Berger porta au loup. Par sa vie donnée le Christ a détruit la mort. Sa vie, il la donne pour la reprendre. Le troupeau peut désormais chanter son Magnificat, car il n’y aura plus de peur, ni de pleurs. Les troupeaux jadis dispersés dans divers enclos peuvent désormais, sans avoir peur d’être attaqués en chemin par une meute de loups, se joindre à l’Unique Troupeau par une solennelle invitation du Bon Berger. Pourquoi attendre donc? L’appel n’a-t-il pas été lancé : j’ai encore d’autres brebis, qui ne sont pas de cet enclos : celles-là aussi, il faut que je les conduise. Elles écouteront ma voix : il y aura un seul troupeau et un seul pasteur (Jean 10,16). Chers frères et sœurs, nous somme le troupeau constitué de par le monde  au carrefour de l’ultime Victoire du Christ sur le mal. Et c’est au cœur de ce même troupeau sauvé à un si grand prix que le Seigneur choisit désormais des pasteurs pour conduire son peuple. Sommes-nous véritablement engagés dans cette relation d’amour avec Dieu ? La réponse à cette question se lira à la lumière de la qualité de notre amour et de nos sacrifices : le Père aime le Fils parce qu’il donne sa vie pour son Troupeau (Jean 10,17). Voilà donc le lieu où tout se joue; donner sa vie et la donner entièrement. Car quiconque voudra sauver son âme, la perdra; mais quiconque perdra son âme pour l’amour de Dieu et de l’Evangile, celui-là la sauvera.(Marc 8,35)

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Dimanche 3 mai 2020

Évangile selon Saint Jean (10, 1-10)

En ce temps-là, Jésus déclara : « Amen, amen, je vous le dis : celui qui entre dans l’enclos des brebis sans passer par la porte, mais qui escalade par un autre endroit, celui-là est un voleur et un bandit. Celui qui entre par la porte, c’est le pasteur, le berger des brebis. Le portier lui ouvre, et les brebis écoutent sa voix. Ses brebis à lui, il les appelle chacune par son nom, et il les fait sortir. Quand il a poussé dehors toutes les siennes, il marche à leur tête, et les brebis le suivent, car elles connaissent sa voix. Jamais elles ne suivront un étranger, mais elles s’enfuiront loin de lui, car elles ne connaissent pas la voix des étrangers. » Jésus employa cette image pour s’adresser aux pharisiens, mais eux ne comprirent pas de quoi il leur parlait. C’est pourquoi Jésus reprit la parole : « Amen, amen, je vous le dis : Moi, je suis la porte des brebis. Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des bandits ; mais les brebis ne les ont pas écoutés. Moi, je suis la porte. Si quelqu’un entre en passant par moi, il sera sauvé ; il pourra entrer ; il pourra sortir et trouver un pâturage. Le voleur ne vient que pour voler, égorger, faire périr. Moi, je suis venu pour que les brebis aient la vie, la vie en abondance. » – Acclamons la Parole de Dieu. 

Méditation du père Stanislas de Christen

Comme chaque année, pour le 4e dimanche du temps pascal, nous avons un extrait du bon berger de saint Jean au chapitre 10 qui résonne avec la journée mondiale des vocations !
En prenant cette image du pasteur et des brebis, Jésus a médité sur le type de lien qu’il veut développer avec nous. Jésus est celui qui ne se cache pas, il est vrai dans sa manière de venir à nous. Il a la capacité d’entretenir une relation unique et privilégiée avec chacun d’entre nous : « il appelle chacun par son nom » Chacun sait à quel point il est important d’être reconnu pour ne pas être un numéro. Notre prénom fait partie de notre identité et c’est avec lui que nous avons été baptisés ! Je sais que ceux qui ont le don de se rappeler des noms et prénoms des personnes qu’ils rencontrent forcent l’admiration ! Je pense à Mgr René Picandet, évêque d’Orléans (décédé en 1997) faisant durer les processions d’entrée à la cathédrale car il apostrophait les gens par leur nom et leur donnait quelques nouvelles d’un frère, d’une sœur qu’il avait croisé récemment ! Ils étaient touchés ! Malheureusement je n’ai pas ce don… Mais cette connaissance du Christ va plus loin qu’un nom ! C’est la connaissance de ce que nous sommes en vérité ! Jésus nous donne le courage de sortir de la bergerie, du lieu de notre sécurité, pour nous guider sur des chemins nouveaux. Combien de fois dans notre vie une personne a su nous encourager, nous valoriser, nous soutenir pour nous permettre de vivre de nouvelles expériences qui nous faisaient sortir en dehors de notre zone de confort. Ils nous guidé, conseillé, montré l’exemple pour que nous puissions dépasser nos peurs et ainsi nous avons pu nous saisir d’un avenir que nous ne pouvions pas imaginer !
C’est tout cela qui constitue l’appel vocationnel : une relation unique avec le Christ qui nous invite à le suivre malgré nos peurs face à ce qui nous dépasse. Le bonheur à la manière de Dieu : la Vie Eternelle !

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Samedi 2 mai 2020

Évangile selon Saint Jean (6, 60-69)

En ce temps-là, Jésus avait donné un enseignement dans la synagogue de Capharnaüm. Beaucoup de ses disciples, qui avaient entendu, déclarèrent : « Cette parole est rude ! Qui peut l’entendre ? » Jésus savait en lui-même que ses disciples récriminaient à son sujet. Il leur dit : « Cela vous scandalise ? Et quand vous verrez le Fils de l’homme monter là où il était auparavant !… C’est l’esprit qui fait vivre, la chair n’est capable de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et elles sont vie. Mais il y en a parmi vous qui ne croient pas. » Jésus savait en effet depuis le commencement quels étaient ceux qui ne croyaient pas, et qui était celui qui le livrerait. Il ajouta : « Voilà pourquoi je vous ai dit que personne ne peut venir à moi si cela ne lui est pas donné par le Père. » À partir de ce moment, beaucoup de ses disciples s’en retournèrent et cessèrent de l’accompagner. Alors Jésus dit aux Douze : « Voulez-vous partir, vous aussi ? » Simon-Pierre lui répondit : « Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle. Quant à nous, nous croyons, et nous savons que tu es le Saint de Dieu. » – Acclamons la Parole de Dieu. 

Méditation du père Julien Tellier

Nous arrivons aujourd’hui au terme de la première saison de notre série préférée intitulée the bread of life, c’est-à-dire le pain de vie. Durant les épisodes égrainés au fil des jours, nous avons écouté le long dialogue entre Jésus et les juifs. Le Christ essayait de susciter en eux la foi. Pour cela il leur parlait comme à des amis de sa vie en commentant les écritures, de sa relation avec son Père, du don de son corps pour la vie éternelle.
Les enseignements de Jésus dans la synagogue de Capharnaüm n’ont pas eu l’effet escompté, ils ont suscité beaucoup d’incompréhensions chez ses auditeurs, voir un refus : « Cette parole est rude ! Qui peut l’entendre ? ». Si au premier épisode de la série une grande foule de 5000 hommes accompagnait le Christ, force est de constater qu’il est de plus en plus seul.
Dernier épisode, c’est l’heure du dénouement, du choix. Beaucoup de disciples sont confrontés à cette question cruciale : « allons-nous continuer à suivre Jésus ou partir ? ». Le drame s’intensifie car beaucoup de disciples s’en vont, ils quittent le chemin balisé par le Christ. Ils n’ont pas compris le sens de ses paroles, de sa chair donnée en nourriture pour la vie éternelle, de sa résurrection victoire de la vie sur la mort.
Ils ne sont plus que Douze. C’est alors que Jésus se tourne vers eux pour les inviter à poser un choix à leur tour. Une question que nous entendons résonner aujourd’hui encore : « voulez-vous partir vous aussi ? ». Les spectateurs de cette scène sont saisis dans l’attente d’une réponse. A cet instant la voix de Simon-Pierre brise le silence. Il professe sa foi en Jésus-Christ sauveur, dans une magnifique formule pleine de sens : « Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle ».
Aujourd’hui, Jésus tourne son regard vers nous, nous demandant de le suivre. Il attend notre réponse, patiemment car il respecte trop notre liberté pour nous forcer à quoi que ce soit. Avec Simon-Pierre, avec tant d’hommes et de femmes qui ont témoigné de leur foi, redisons-lui de tout notre cœur et de toute notre force : « Seigneur Jésus, tu as les paroles de la vie éternelle. Nous croyons et nous savons que tu es le Saint de Dieu ».

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Méditation du vendredi 1 mai

Actes des Apôtres (9,1-20)

Saul était toujours animé d’une rage meurtrière contre les disciples du Seigneur. Il alla trouver le grand prêtre et lui demanda des lettres pour les synagogues de Damas, afin que, s’il trouvait des hommes et des femmes qui suivaient le Chemin du Seigneur, il les amène enchaînés à Jérusalem. Comme il était en route et approchait de Damas, soudain une lumière venant du ciel l’enveloppa de sa clarté. Il fut précipité à terre ; il entendit une voix qui lui disait : « Saul, Saul, pourquoi me persécuter ? » Il demanda : « Qui es-tu, Seigneur ? » La voix répondit : « Je suis Jésus, celui que tu persécutes. Relève-toi et entre dans la ville : on te dira ce que tu dois faire. » Ses compagnons de route s’étaient arrêtés, muets de stupeur : ils entendaient la voix, mais ils ne voyaient personne. Saul se releva de terre et, bien qu’il eût les yeux ouverts, il ne voyait rien. Ils le prirent par la main pour le faire entrer à Damas. Pendant trois jours, il fut privé de la vue et il resta sans manger ni boire. Or, il y avait à Damas un disciple nommé Ananie. Dans une vision, le Seigneur lui dit : « Ananie ! » Il répondit : « Me voici, Seigneur. » Le Seigneur reprit : « Lève-toi, va dans la rue appelée rue Droite, chez Jude : tu demanderas un homme de Tarse nommé Saul. Il est en prière, et il a eu cette vision : un homme, du nom d’Ananie, entrait et lui imposait les mains pour lui rendre la vue. » Ananie répondit : « Seigneur, j’ai beaucoup entendu parler de cet homme, et de tout le mal qu’il a fait subir à tes fidèles à Jérusalem. Il est ici, après avoir reçu de la part des grands prêtres le pouvoir d’enchaîner tous ceux qui invoquent ton nom. » Mais le Seigneur lui dit : « Va ! car cet homme est l’instrument que j’ai choisi pour faire parvenir mon nom auprès des nations, des rois et des fils d’Israël. Et moi, je lui montrerai tout ce qu’il lui faudra souffrir pour mon nom. » Ananie partit donc et entra dans la maison. Il imposa les mains à Saul, en disant : « Saul, mon frère, celui qui m’a envoyé, c’est le Seigneur, c’est Jésus qui t’est apparu sur le chemin par lequel tu venais. Ainsi, tu vas retrouver la vue, et tu seras rempli d’Esprit Saint. » Aussitôt tombèrent de ses yeux comme des écailles, et il retrouva la vue. Il se leva, puis il fut baptisé. Alors il prit de la nourriture et les forces lui revinrent. Il passa quelques jours à Damas avec les disciples et, sans plus attendre, il proclamait Jésus dans les synagogues, affirmant que celui-ci est le Fils de Dieu.

Évangile selon Saint Jean (6,52-59)

Les Juifs se querellaient entre eux : « Comment celui-là peut-il nous donner sa chair à manger ? » Jésus leur dit alors : « Amen, amen, je vous le dis : si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n’avez pas la vie en vous. Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. En effet, ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson. Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi, je demeure en lui. De même que le Père, qui est vivant, m’a envoyé, et que moi je vis par le Père, de même celui qui me mange, lui aussi vivra par moi. Tel est le pain qui est descendu du ciel : il n’est pas comme celui que les pères ont mangé. Eux, ils sont morts ; celui qui mange ce pain vivra éternellement. » Voilà ce que Jésus a dit, alors qu’il enseignait à la synagogue de Capharnaüm.

Méditation du frère Paul Fruchet

« Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour que le monde ait la vie. ». Paroles surprenantes, paroles scandaleuses surtout, quand Jésus parle de manger sa chair et de boire son sang. Pour Jésus et ses auditeurs, le sang, c’est la vie. La vie appartient à Dieu. La vie, c’est Dieu. Cette vie, Dieu l’a mise en nous ; nul ne peut y toucher, nul ne peut en disposer sinon Dieu seul.
Jésus nous donne sa chair à manger. Jésus se donne tout entier. Il ne garde rien pour lui. Sur la croix, il donnera tout.
Comment celui-là peut-il… ? Les juifs se posent la question. Nous aussi nous la posons cette question.
Jésus donne bien plus que ce pain qu’il a multiplié pour nourrir la foule.
« Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. Voilà ce que nous avons à croire. Par ce pain en abondance, par ce sang répandu, c’est la vie de Jésus, la vie de Dieu qui est appelée à passer en nous.
« Comment peut-il faire cela ? » On peut aussi s’interroger : « pourquoi fait-il cela ? » Et si on prenait une comparaison… La mère de famille jour après jour, prépare les repas. Elle procure de la nourriture pour que grandissent et s’entretiennent le corps et la vie physique de ceux qui vont venir manger. Elle prépare un repas à partager, en espérant que les convives auront plaisir à s’asseoir autour de la table ; et ainsi, alors que leurs corps se nourrissent, la vie et l’amour grandissent entre ceux qui partagent ce repas. Dans nos repas, nous partageons et absorbons des éléments matériels, mais en plus, il y a de la relation entre ceux qui sont autour de la même table. Et cette relation est aussi vitale que la nourriture matérielle.
Notre relation à Jésus est essentielle. Communier au corps du Christ en recevant son pain de vie ne prend tout son sens que si notre relation à Jésus est vivante.
À chaque messe, nous rappelons ce que Jésus a fait, nous revivons ce geste de Jésus, ce don de Jésus.
La vie, la vie éternelle que Jésus a reçue de Dieu son Père, il veut à tout prix nous la partager, nous la communiquer à chacun de nous.
Chaque fois que nous venons prendre et manger ce pain de vie que Jésus nous donne, – et beaucoup de nous en sont privés dans les temps que nous vivons – c’est la vie de Jésus que nous recevons : la vie de Jésus donnée, la vie de Jésus ressuscité.
Cette vie de Jésus est en nous depuis notre baptême au nom de Jésus : nous sommes baptisés au nom de Jésus qui se donne tout entier dans sa mort et la résurrection.
Merci, Jésus, pour ta vie donnée. Notre foi en toi, notre vie avec toi, tu veux la nourrir, la faire grandir par ce sacrement de ton Corps et de ton Sang. Cette vie, tu nous invites à la donner, à la partager à notre tour.

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Jeudi 30 avril 2020

Évangile selon Saint Jean (6, 44-51)

En ce temps-là, Jésus disait aux foules : « Personne ne peut venir à moi, si le Père qui m’a envoyé ne l’attire, et moi, je le ressusciterai au dernier jour. Il est écrit dans les prophètes : Ils seront tous instruits par Dieu lui-même. Quiconque a entendu le Père et reçu son enseignement vient à moi. Certes, personne n’a jamais vu le Père, sinon celui qui vient de Dieu : celui- là seul a vu le Père. Amen, amen, je vous le dis : il a la vie éternelle, celui qui croit. Moi, je suis le pain de la vie. Au désert, vos pères ont mangé la manne, et ils sont morts ; mais le pain qui descend du ciel est tel que celui qui en mange ne mourra pas. Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour la vie du monde. » – Acclamons la Parole de Dieu. 

Pour la vie du monde

Nous reprenons aujourd’hui la lecture du chapitre 6 de l’Evangile selon saint Jean, mais aussi les Actes des Apôtres. Nous découvrons de nombreux dons de Dieu pour la vie du monde. Sans tout reprendre, vu le format de la méditation, nous allons en voir quelques-uns avec trois thèmes : la communauté, les sacrements et la prière.

La communauté est large, même si dans la première lecture elle se résume à Philippe pour l’eunuque Éthiopien. Pour ce dernier, Philippe est un frère qui vient à lui pour le soutenir dans sa recherche de vérité et de vraie vie. Pour cela, le frère devient un guide, nous seulement pour la compréhension des Écritures, mais aussi simplement pour sa vie de nouveau disciple du Christ. Dans l’Évangile, le frère, le guide, c’est le Christ lui-même. On est appelé à venir à lui, mais n’oublions jamais qu’il vient à nous. Patrice de La Tour du Pin aime dire : « Frères qui venez chercher Dieu, n’oubliez pas que Dieu vous cherche. Aujourd’hui, il vous fait signe, approchez-vous davantage de lui car il veut faire de vous des signes vivants »[1]. Le frère, ce n’est pas que Philippe, c’est nous-mêmes, Le Christ notre grand frère, nous envoie pour que nous soyons frères des hommes et femmes en recherche. Soyons ses signes vivants.

Nous pouvons aussi évoquer deux sacrements pour la vie du monde, Avec les Actes des Apôtres, nous retrouvons le Baptême, et avec Jean 6, l’Eucharistie. Mais avant… la Parole de Dieu, celle que l’eunuque lit et celle qu’est le Christ lui-même. La Parole nous est donnée pour la vie, pour que nous et le monde en vivions. Que de paroles nous échangeons sans qu’elles soient porteuses de vie ! Par le baptême nous sommes devenus des prophètes, des porteurs de la Parole de Dieu, les porte-paroles dont il a besoin. Et cette parole se fait chair et pain de vie pour les hommes. Par l’Eucharistie, nous sommes nourris de la Parole et du corps du Christ, Parole de Dieu. Redécouvrons la portée des sacrements que nous recevons pour que nous soyons nourriture pour le monde.

Enfin, la joie habite le cœur de l’eunuque, c’est la joie de l’Évangile pour reprendre le Pape François. De cette joie qui anime nos cœurs, le monde a grand besoin. « Acclamez Dieu, toute la terre ! » grâce à notre joie, C’est aussi dans la prière que la joie grandit dans le cœur du monde.

Et tout cela pour quoi ? Pour la vie éternelle ! Elle est déjà en nous, elle agit dans nos vies, mais elle n’est pas pour nous seuls, c’est un don de Dieu pour la vie du monde.


[1] Patrice de La Tour du Pin, Une Somme de poésie III Le jeu de l’homme devant Dieu, Paris, Gallimard, 1983, p. 417, 424, 431, 438, 445.

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Mercredi 29 avril 2020

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
Jésus prit la parole et dit :
« Père, Seigneur du ciel et de la terre,
je proclame ta louange :
ce que tu as caché aux sages et aux savants,
tu l’as révélé aux tout-petits.
Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bienveillance.
Tout m’a été remis par mon Père ;
personne ne connaît le Fils, sinon le Père,
et personne ne connaît le Père, sinon le Fils,
et celui à qui le Fils veut le révéler.
Venez à moi,
vous tous qui peinez sous le poids du fardeau,
et moi, je vous procurerai le repos.
Prenez sur vous mon joug,
devenez mes disciples,
car je suis doux et humble de cœur,
et vous trouverez le repos pour votre âme.
Oui, mon joug est facile à porter,
et mon fardeau, léger. »

Méditation du père Paul BENEZIT

SAINTE CATHERINE DE SIENNE

En ce 29 avril, nous fêtons Sainte Catherine de Sienne, vierge et docteur de l’Église, copatronne de l’Europe. La liturgie nous propose à cette occasion des lectures spécifiques qui interrompent les lectures continues du livres des Actes des Apôtres d’une part et du sixième chapitre de l’Évangile selon Saint Jean – le fameux discours sur le pain de vie – d’autre part.

C’est donc avec Saint Matthieu que nous sommes invités à passer notre journée. Fait émouvant et rare, Saint Matthieu nous révèle en quels termes Jésus priait son Père : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange ; ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tous petits ».

Il est frappant de constater que cette prière du Fils n’a pas pris une seule ride. En cette période de crise sanitaire mondiale nous nous confions plus que jamais aux sages et aux savants. Les modèles informatisés de l’évolution de la pandémie guident nos décisions. Bref, nous nous abandonnons entre les mains de la technique.

En février dernier, les évêques français publiaient une déclaration intitulée : « penser la bioéthique autrement ». Son auteur nous mettait déjà en garde : « Il est donc impossible de rester dans le monde ancien où les techniques imposent leur pouvoir dévastateur ! Les premiers consensus écologiques dessinent un autre progrès pour un monde nouveau, édifié grâce à la sobriété heureuse et au partage solidaire. Les jeunes nous y poussent avec véhémence ».

Merci, chers évêques, de nous mettre ainsi en garde contre les mirages de notre siècle et d’amplifier en même temps ce que qu’il y a de plus beau dans la voix de nos jeunes. C’est dans ce même esprit que le Christ amplifie pour nous la voix des « tout-petits » aujourd’hui. Chers amis, interrogeons-nous : Au cœur de la crise, que devons-nous apprendre des « tout-petits » ?

Je crois que les « tout-petits » sont des sages et des savants capables de nous enseigner l’art de vivre l’instant présent. Je leur trouve deux qualités qui semblent les y aider grandement : la confiance et l’émerveillement.

Oui, Seigneur, apprends-nous à te faire confiance au point de déposer nos fardeaux à tes pieds et d’accueillir ainsi ton repos. Oui, Seigneur, apprends-nous à nous émerveiller de ta douceur et de l’humilité de ton cœur au point de te laisser porter avec nous notre joug, notre croix. Oui, Père, par l’intercession de Sainte Catherine de Sienne, permets au peuple européen (et à tous les peuples) de découvrir qu’il est « tout-petit » et d’entrer ainsi avec le Fils dans la louange rendue au Père. Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bienveillance.

Mardi 28 avril 2020

Évangile selon Saint Jean (6, 30-35)

En ce temps-là, la foule dit à Jésus : « Quel signe vas-tu accomplir pour que nous puissions le voir, et te croire ? Quelle œuvre vas-tu faire ? Au désert, nos pères ont mangé la manne ; comme dit l’Écriture : Il leur a donné à manger le pain venu du ciel . » Jésus leur répondit : « Amen, amen, je vous le dis : ce n’est pas Moïse qui vous a donné le pain venu du ciel ; c’est mon Père qui vous donne le vrai pain venu du ciel. Car le pain de Dieu, c’est celui qui descend du ciel et qui donne la vie au monde. » Ils lui dirent alors : « Seigneur, donne-nous toujours de ce pain-là. » Jésus leur répondit : « Moi, je suis le pain de la vie. Celui qui vient à moi n’aura jamais faim ; celui qui croit en moi n’aura jamais soif. » – Acclamons la Parole de Dieu. 

Méditation du père Didier Mavoka

L’un des traits qui caractérise un être humain, c’est l’insatisfaction. Un être humain n’est jamais satisfait. Il peut recevoir beaucoup de bonnes choses dans sa vie, mais malheureusement, il ne sera jamais satisfait. Il sera toujours exigeant en voulant toujours plus.

C’est en fait, la situation que nous trouvons dans l’Evangile d’aujourd’hui. Cette foule qui demande à Jésus un signe.Ce qui est curieux est qu’il n’y a même pas longtemps, ce dernier avait nourri des milliers des personnes à partir seulement de cinq pains et de deux poissons. Mais à peine, ils ont tout oublié. Alors que le miracle qu’ils ont vu s’accomplir la veille devant leurs yeux pouvait être suffisant pour croire en lui.

Comment est-il possible que nous oublions facilement tous les signes de bienveillance, de bonté, d’amour que le Seigneur manifeste dans nos vies? Cela prouve à suffisance qu’il y a des forces de résistance en nous qui font obstacle à l’amour miséricordieux de Dieu dans nos vies.

Ainsi, à travers le geste de la veille de la multiplication des pains, Jésus voulait inviter les juifs à comprendre que Dieu ne fera plus tomber des mannes du ciel comme il l’a fait dans l’Ancien Testament, mais désormais la vraie manne, le vrai pain, c’est lui-même, c’est son corps et son sang. Le pain de vie, c’est celui qui descend du ciel et qui donne la vie au monde. Pour dire que Jésus nous donne plus que nous lui demandons pour nos besoins. Pourquoi? C’est parce que la foule, elle, demande du pain ordinaire à Jésus pour apaiser sa faim matérielle et corporelle. Mais Jésus, lui, il donne plus que ça c’est-à-dire un pain qui la nourrira entièrement et spirituellement.

Ainsi, à travers ce signe du pain, Jésus veut que nous n’ayons plus jamais faim. C’est la grande nouveauté que nous trouvons dans le Christianisme où Jésus nous donne son propre corps en nourriture céleste.

Sur ce, frères et sœurs, le Seigneur nous a tout donné. Demandons-lui de nous aider à reconnaître tous les bienfaits et toutes les grâces dont il ne cesse de nous combler. Que cette gratitude pour tout ce qu’il a fait et continue à faire pour nous, se transforme en amour pour lui. Amen

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 Lundi 27 avril 2020

Évangile selon Saint Jean (6, 22-29)

Jésus avait rassasié cinq mille hommes, et ses disciples l’avaient vu marcher sur la mer. Le lendemain, la foule restée sur l’autre rive se rendit compte qu’il n’y avait eu là qu’une seule barque, et que Jésus n’y était pas monté avec ses disciples, qui étaient partis sans lui. Cependant, d’autres barques, venant de Tibériade, étaient arrivées près de l’endroit où l’on avait mangé le pain après que le Seigneur eut rendu grâce. Quand la foule vit que Jésus n’était pas là, ni ses disciples, les gens montèrent dans les barques et se dirigèrent vers Capharnaüm à la recherche de Jésus. L’ayant trouvé sur l’autre rive, ils lui dirent : « Rabbi, quand es-tu arrivé ici ? » Jésus leur répondit : « Amen, amen, je vous le dis : vous me cherchez, non parce que vous avez vu des signes, mais parce que vous avez mangé de ces pains et que vous avez été rassasiés. Travaillez non pas pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui demeure jusque dans la vie éternelle, celle que vous donnera le Fils de l’homme, lui que Dieu, le Père, a marqué de son sceau. » Ils lui dirent alors : « Que devons-nous faire pour travailler aux œuvres de Dieu ? » Jésus leur répondit : « L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé. » – Acclamons la Parole de Dieu. 

Méditation du père Jean-Marie RICHARD

«  Etienne, rempli  de la grâce de Dieu,  accomplissait, parmi le peuple des signes et des prodiges ». Actes VI,8.

Arrêtons-nous, en ce matin pascal, sur le visage d’Etienne (1ère lecture) ; Sa manière de vivre rend manifeste à son entourage, que l’Esprit de Jésus continue de s’étendre : «  C’est le Seigneur » dira saint Jean ; Christ  est ressuscité !

Que retenir de ce moment de l ’Eglise,  de ce visage d’Etienne ? Christ ressuscité n’empêche  pas les tensions à l’intérieur  des groupes chrétiens.  Les apôtres   s’en aperçoivent et analysent : il y a  des rivalités,  à propos de  questions d’argent, elles concernent des groupes constitués et pas simplement des personnes.. Evidemment, tout groupe chrétien de 2020 connait aussi des tensions repérables. C’est une invitation à prier, à comprendre ce qui arrive.

  Au souffle de l’Esprit, les apôtres (responsables) convoquent l’assemblée pour faire le point. L’Esprit et nous… ils  réorganisent et  créent du neuf ;  des « serviteurs, diaconoi » .   Etienne, l’un d’entre eux, ardent  témoin du Christ,  hélleniste  plus que Judaïsant  sans doute,  ouvre ainsi un chemin d’Eglise à des gens d’une autre culture. ( pentecôte, St Paul, Synode Amazonie.) « La Parole de Dieu croissait et le nombre des fidèles augmentait. (ActesVI,7) 

Une tension communautaire,  vécue dans la fécondité de l’Esprit de Jésus  Ressuscité ,  conduit l’Eglise  à s’ ouvrir aux nations.. Christ ressuscité, Christ  ressuscitant l’Eglise…

En 2020,  (covid 19 ou non),  à Montargis ou ailleurs, Toi Esprit de Pentecôte, donne à  l’Eglise de s’ouvrir à  des peuples nouveaux.

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Dimanche 26 avril 2020

3ème dimanche de Pâques

Évangile selon Saint Luc (24, 13-35)

Le même jour (c’est-à-dire le premier jour de la semaine), deux disciples faisaient route vers un village appelé Emmaüs, à deux heures de marche de Jérusalem, et ils parlaient entre eux de tout ce qui s’était passé. Or, tandis qu’ils s’entretenaient et s’interrogeaient, Jésus lui-même s’approcha, et il marchait avec eux. Mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître. Jésus leur dit : « De quoi discutez-vous en marchant ? » Alors, ils s’arrêtèrent, tout tristes. L’un des deux, nommé Cléophas, lui répondit : « Tu es bien le seul étranger résidant à Jérusalem qui ignore les événements de ces jours-ci. » Il leur dit : « Quels événements ? » Ils lui répondirent : « Ce qui est arrivé à Jésus de Nazareth, cet homme qui était un prophète puissant par ses actes et ses paroles devant Dieu et devant tout le peuple : comment les grands prêtres et nos chefs l’ont livré, ils l’ont fait condamner à mort et ils l’ont crucifié. Nous, nous espérions que c’était lui qui allait délivrer Israël. Mais avec tout cela, voici déjà le troisième jour qui passe depuis que c’est arrivé. À vrai dire, des femmes de notre groupe nous ont remplis de stupeur. Quand, dès l’aurore, elles sont allées au tombeau, elles n’ont pas trouvé son corps ; elles sont venues nous dire qu’elles avaient même eu une vision : des anges, qui disaient qu’il est vivant. Quelques-uns de nos compagnons sont allés au tombeau, et ils ont trouvé les choses comme les femmes l’avaient dit ; mais lui, ils ne l’ont pas vu. » Il leur dit alors : « Esprits sans intelligence ! Comme votre cœur est lent à croire tout ce que les prophètes ont dit ! Ne fallait-il pas que le Christ souffrît cela pour entrer dans sa gloire ? » Et, partant de Moïse et de tous les Prophètes, il leur interpréta, dans toute l’Écriture, ce qui le concernait. Quand ils approchèrent du village où ils se rendaient, Jésus fit semblant d’aller plus loin. Mais ils s’efforcèrent de le retenir : « Reste avec nous, car le soir approche et déjà le jour baisse. » Il entra donc pour rester avec eux. Quand il fut à table avec eux, ayant pris le pain, il prononça la bénédiction et, l’ayant rompu, il le leur donna. Alors leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent, mais il disparut à leurs regards. Ils se dirent l’un à l’autre : « Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous, tandis qu’il nous parlait sur la route et nous ouvrait les Écritures ? » À l’instant même, ils se levèrent et retournèrent à Jérusalem. Ils y trouvèrent réunis les onze Apôtres et leurs compagnons, qui leur dirent : « Le Seigneur est réellement ressuscité : il est apparu à Simon-Pierre. » À leur tour, ils racontaient ce qui s’était passé sur la route, et comment le Seigneur s’était fait reconnaître par eux à la fraction du pain. – Acclamons la Parole de Dieu. 

Méditation du père Xavier GUERMONPREZ

Deux compagnons sur un chemin, marchant du matin au soir dans la tristesse du retour, et même à la nuit dans la joie du départ!

Deux compagnons sur un chemin sans but, Cléophas et sa femme Marie??, en tous cas deux qui nous représentent chacun…

Chacun sur un chemin de questions et de doutes sur la vie, sur l’après, sur le pourquoi et le « qui suis-je »?

Deux compagnons qui n’ont plus faim, sinon d’une parole qui réconforte et ouvre un avenir!

Deux compagnons qui bientôt ne seront plus deux mais trois! rejoints par un inconnu… qui est-ce donc??

Et moi qui ne sais pas parler de l’éternité, ni du pourquoi l’absence, ni de la présence d’un Autre!

Deux compagnons qui s’émerveillent d’une présence insoupçonnée, qui s’enflamment d’une parole, et s’animent d’une joie nouvelle enfin!

Deux compagnons qui ne savent plus garder la nouvelle pour eux, qui courent, qui volent vers Jérusalem pour crier leur foi aux disciples incrédules…

Et nous qui chantons aujourd’hui et demain, grâce à une confiance qui habite notre coeur, avec une force plus forte que la force de l’homme!

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Samedi 25 avril 2020

Évangile selon Saint Matthieu (16, 15-20)

En ce temps-là, Jésus ressuscité se manifesta aux onze Apôtres et leur dit : « Allez dans le monde entier. Proclamez l’Évangile à toute la création. Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé ; celui qui refusera de croire sera condamné. Voici les signes qui accompagneront ceux qui deviendront croyants : en mon nom, ils expulseront les démons ; ils parleront en langues nouvelles ; ils prendront des serpents dans leurs mains et, s’ils boivent un poison mortel, il ne leur fera pas de mal ; ils imposeront les mains aux malades, et les malades s’en trouveront bien. » Le Seigneur Jésus, après leur avoir parlé, fut enlevé au ciel et s’assit à la droite de Dieu. Quant à eux, ils s’en allèrent proclamer partout l’Évangile. Le Seigneur travaillait avec eux et confirmait la Parole par les signes qui l’accompagnaient. – Acclamons la Parole de Dieu. 

Méditation  du père Stanislas de Christen

Nous sortons de la liturgie pascale pour accueillir la fête de Saint Marc tout en écoutant les derniers versets de l’Évangile selon Marc qui sont un récit de résurrection !
La rencontre du Christ ressuscité modifie la vie des apôtres en leur donnant une mission :
– Aller dans le monde entier
– Proclamer la bonne nouvelle à tous
– Baptiser ceux qui croient
Comment discerner ceux qui deviennent croyant ? Jésus nous donne une liste de point de repères : expulsion des démons, parler en langues, prendre des serpents, ne peuvent être empoisonnés, soigner les malades… Cette liste est déroutante pour nous aujourd’hui ! Ce que nous pouvons retenir c’est qu’un croyant en Christ est victorieux du mal et le mal ne peut pas le terrasser même s’il exerce une présence sur lui, (poison, serpent) et il est au service de ceux qui souffrent (malades, possédés). Comme le Christ a fait des signes durant son existence terrestre, le chrétien, (un autre Christ) est invité lui aussi à être signe de libération du mal et de fraternité.
Nous retrouvons alors les 2 exigences du témoignage du disciple missionnaire : témoignage de l’amour du frère et témoignage explicite de la mort et résurrection de Jésus qui transforme notre vie ! L’un ne va pas sans l’autre !
Nous voilà invités à la suite des apôtres à prendre ce chemin missionnaire, encore plus fortement dans ce monde qui donne l’impression de ne pas avoir besoin de l’amour de Dieu pour vivre heureux. La lettre du Pape « la Joie de l’Evangile », notre synode diocésain nous interpellent à trouver de nouveaux chemins… même durant ce temps de confinement :
Avons-nous pensé à donner des noms de personnes n’ayant pas d’internet pour qu’elles reçoivent « la lettre de la communauté chrétienne en ce temps de confinement » (110 à ce jour) ; avons-nous pensé à transmettre cette lettre après lecture à des voisins qui viennent rarement à la messe ?
Bien sûr, être disciple-missionnaire cela fait peur, mais ne nous inquiétons pas… le Seigneur travaille avec nous et confirme nos témoignages par des signes.

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Vendredi 24 avril 2020

Évangile selon Saint Jean (6, 1-15)

En ce temps-là, Jésus passa de l’autre côté de la mer de Galilée, le lac de Tibériade. Une grande foule le suivait, parce qu’elle avait vu les signes qu’il accomplissait sur les malades. Jésus gravit la montagne, et là, il était assis avec ses disciples. Or, la Pâque, la fête des Juifs, était proche. Jésus leva les yeux et vit qu’une foule nombreuse venait à lui. Il dit à Philippe : « Où pourrions- nous acheter du pain pour qu’ils aient à manger ? » Il disait cela pour le mettre à l’épreuve, car il savait bien, lui, ce qu’il allait faire. Philippe lui répondit : « Le salaire de deux cents journées ne suffirait pas pour que chacun reçoive un peu de pain. » Un de ses disciples, André, le frère de Simon-Pierre, lui dit : « Il y a là un jeune garçon qui a cinq pains d’orge et deux poissons, mais qu’est-ce que cela pour tant de monde ! » Jésus dit : « Faites asseoir les gens. » Il y avait beaucoup d’herbe à cet endroit. Ils s’assirent donc, au nombre d’environ cinq mille hommes. Alors Jésus prit les pains et, après avoir rendu grâce, il les distribua aux convives ; il leur donna aussi du poisson, autant qu’ils en voulaient. Quand ils eurent mangé à leur faim, il dit à ses disciples : « Rassemblez les morceaux en surplus, pour que rien ne se perde. » Ils les rassemblèrent, et ils remplirent douze paniers avec les morceaux des cinq pains d’orge, restés en surplus pour ceux qui prenaient cette nourriture. À la vue du signe que Jésus avait accompli, les gens disaient : « C’est vraiment lui le Prophète annoncé, celui qui vient dans le monde. » Mais Jésus savait qu’ils allaient venir l’enlever pour faire de lui leur roi ; alors de nouveau il se retira dans la montagne, lui seul. – Acclamons la Parole de Dieu

Méditation du père Julien TELLIER

Il n’est pas rare de voir des slogans contre le gaspillage alimentaire (peut-être moins en ces temps de confinement) : à la cantine, à la maison et autres : limitez les restes. Jésus, quelques années auparavant, a eu cette attention. Dans l’Evangile, pas moins de cinq mille hommes ont pu manger autant qu’ils voulaient. L’opération n’était pas gagnée d’avance, puisqu’il n’y avait que cinq pains d’orge et deux poissons. Tout le monde était rassasié, il y avait même des restes soigneusement collectés dans douze paniers à la demande de Jésus : « rassemblez les morceaux en surplus, pour que rien ne se perde ». Bien vu : comme cela, pas de gaspillage !

Dans un contexte de miracle ayant pour thématique le repas qui apaise la faim terrestre, l’évangéliste nous invite à faire un pas de plus. Jésus s’inscrit dans la lignée de Moïse, lui qui avait donné la manne au peuple hébreu en proie à la faim et au découragement. Par la multiplication des pains, Jésus, signifie la prévenance et la compassion de Dieu à l’égard des foules qui sont comme des brebis sans berger (Mt 9, 36). Eux en restent à la dimension terrestre d’un repas éphémère. Ils veulent faire de Jésus un roi : « c’est vraiment lui le Prophète annoncé, celui qui vient dans le monde » (Jn 6,14). Jésus serait-il le nouveau Moïse ? Il se gardera bien d’être capté par ces foules qui n’ont pas forcément compris la portée de son geste.

Car l’homme a besoin de bien plus qu’un simple repas. Il doit reconnaitre que ce Jésus-Christ est le pasteur qui prend soin des brebis qu’il fait reposer sur de verts pâturages (Ps 22). Cela n’est pas un hasard si l’évangéliste prend soin d’indiquer le cadre pastoral de la scène : « il y avait beaucoup d’herbe à cet endroit » (Jn 6, 10). Ainsi, la nourriture capable de subvenir intégralement aux besoins de l’homme est double. D’une part, c’est Jésus, le Verbe, parole de Dieu Incarnée. Dans la tradition biblique, la Parole se mange, sa mâche se savoure, elle nourrit. C’est ce qu’atteste le prophète Ezéchiel, lorsque le Seigneur lui demande de se nourrir du rouleau de sa Parole : « je le mangeai, et dans ma bouche il fut doux comme du miel » (Ez 3, 3).

Enfin Jésus est le pain de vie, celui qui donne sa chair en nourriture pour nous faire vivre : « Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour la vie du monde.  » (Jn 6, 51). Sa vie il nous la donne par amour pour nous.

A chaque fois que nous récitons le Notre Père, nous demandons au Seigneur de nous donner notre pain quotidien : pain de la parole et corps du Christ. Que nous ayons toujours faim de ce pain-là.

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Méditation du jeudi 23 avril 2020

Actes 5,27-33
En ces jours-là, le commandant du Temple et son escorte, ayant amené les Apôtres, les présentèrent au Conseil suprême, et le grand prêtre les interrogea : « Nous vous avions formellement interdit d’enseigner au nom de celui-là, et voilà que vous remplissez Jérusalem de votre enseignement. Vous voulez donc faire retomber sur nous le sang de cet homme ! » En réponse, Pierre et les Apôtres déclarèrent : « Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes. Le Dieu de nos pères a ressuscité Jésus, que vous aviez exécuté en le suspendant au bois du supplice. C’est lui que Dieu, par sa main droite, a élevé, en faisant de lui le Prince et le Sauveur, pour accorder à Israël la conversion et le pardon des péchés. Quant à nous, nous sommes les témoins de tout cela, avec l’Esprit Saint, que Dieu a donné à ceux qui lui obéissent. » Ceux qui les avaient entendus étaient exaspérés et projetaient de les supprimer.

Jean 3,31-36
« Celui qui vient d’en haut est au-dessus de tous. Celui qui est de la terre est terrestre, et il parle de façon terrestre. Celui qui vient du ciel est au-dessus de tous, il témoigne de ce qu’il a vu et entendu, et personne ne reçoit son témoignage. Mais celui qui reçoit son témoignage certifie par là que Dieu est vrai. En effet, celui que Dieu a envoyé dit les paroles de Dieu, car Dieu lui donne l’Esprit sans mesure. Le Père aime le Fils et il a tout remis dans sa main. Celui qui croit au Fils a la vie éternelle ; celui qui refuse de croire le Fils ne verra pas la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui. »

Méditation du frère Paul Fruchet

Il témoigne de ce qu’il a vu et entendu… Jésus a pour mission de parler et de témoigner de ce qu’il vit auprès de son Père dans l’intimité de la vie de la Trinité. Quand les Évangiles nous rapportent que Jésus prenaient de longs moments de ses nuits dans la prière, cela nous permet de voir que dans sa vie terrestre, Jésus a nourri cette vie d’intimité avec le Père. Ainsi, il peut toujours témoigner de ce qu’il a vu et entendu dans sa prière. En nous rapportant les gestes et les paroles de Jésus dans sa vie terrestre, les évangiles nous permettent de pouvoir à notre tour, témoigner de ce que nous avons vu et entendu auprès de Jésus, dans la lecture de l’Évangile et dans le cœur à cœur de la prière.
De façon terrestre… Je rends grâces à Dieu parce que, dans l’incarnation de Jésus, moi qui suis terrestre, je peux avoir accès à ce qui vient d’en haut. Avec Jésus et en Église, avec tous celles et ceux qui veulent vivre en disciples de Jésus, je peux accueillir cette vie de Dieu en nous en célébrant et en recevant les sacrements.
Dieu lui donne l’Esprit sans mesure… Le Père aime le Fils et il a tout remis dans sa main… Jésus nous dit ainsi qu’il a tout reçu de son Père. Mais il ne le garde pas jalousement pour lui seul. En venant vivre de notre humanité, Jésus nous donne accès à tout ce qu’il a reçu de son Père. L’Esprit Saint que Jésus a reçu, à son tour, il le donne à son Église. Dans la première semaine de Pâques, nous avons lu le récit de plusieurs manifestations de Jésus ressuscité à ses disciples. Il nous est dit que Jésus souffle sur eux son Esprit. C’est pour qu’ils reconnaissent cette vie nouvelle de Jésus ressuscité, et pour les envoyer annoncer et témoigner de cette nouvelle présence de Jésus ressuscité.
Nous en sommes témoins, avec l’Esprit Saint que Dieu nous a donné… Dans le texte des Actes des Apôtres que nous lisons ce jour, nous voyons que les apôtres ont accueilli le don de l’Esprit Saint et ils sont entrés pleinement dans cette mission que Jésus leur a donnée. Les autorités civiles et religieuses peuvent bien leur interdire tout ce qu’ils veulent, les apôtres ne peuvent pas faire autrement que d’obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes. Désormais, depuis les premiers disciples jusqu’à nous, il nous est demandé de parler et d’agir au nom de Jésus, de vivre selon les paroles et les gestes de Jésus.
Ce temps de confinement peut me permettre de mieux prendre le temps de contempler Jésus, de rendre grâces pour cette vie qu’il a reçue du Père, cette vie de Dieu qui m’est donnée dans les sacrements et dans la vie en Église.

Méditation du mercredi 22 avril

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là, Jésus disait à Nicodème :
« Dieu a tellement aimé le monde
qu’il a donné son Fils unique,
afin que quiconque croit en lui ne se perde pas,
mais obtienne la vie éternelle.
Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde,
non pas pour juger le monde,
mais pour que, par lui, le monde soit sauvé.
Celui qui croit en lui échappe au Jugement ;
celui qui ne croit pas est déjà jugé,

du fait qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu.
Et le Jugement, le voici :
la lumière est venue dans le monde,
et les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière,
parce que leurs œuvres étaient mauvaises.
Celui qui fait le mal déteste la lumière :
il ne vient pas à la lumière,

de peur que ses œuvres ne soient dénoncées ;
mais celui qui fait la vérité vient à la lumière,
pour qu’il soit manifeste
que ses œuvres ont été accomplies en union avec Dieu. »

Méditation du père Paul Bénézit

« Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle » (Jn 3, 16). J’ai ce matin une pensée pour les jeunes, ceux qui sont nés au XXIème siècle. En comparaison à leurs aïeux, ils sont nés dans un monde très fortement désenchanté. Il semblerait en effet que depuis 20 ans un pessimisme accru s’est invité dans les cœurs. Face à toutes les mauvaises nouvelles qui nous assaillent est-il encore possible en 2020 de « bénir le Seigneur en tous temps » et de « resplendir, sans ombre ni trouble au visage » (Ps 33, 1.6) ?

Mais, à bien y réfléchir, était-ce vraiment mieux avant ? L’humanité a-t-elle tant progressé que cela depuis ses débuts ? Ne soyons pas trop idéalistes ! Du point de vue de l’amour, du respect, de la foi sincère, le monde du premier siècle de notre ère n’était-il pas tout aussi malade que le nôtre aujourd’hui.

Remarquons que le contexte de son époque n’empêche pas Saint Jean d’être le témoin d’une très bonne nouvelle : « Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique ». Chers amis, voici le scoop qui devrait défrayer la chronique quotidiennement. Le Fils n’est pas entré dans le monde comme on soulève le couvercle d’une poubelle, en s’exclamant : « Pouah, ça pue ! ». Non, le Fils est entré dans le monde à cause de l’amour du Père pour ce monde. Le monde tel qu’il était, tel qu’il est encore. Un monde tout en contrastes dans lequel s’entrechoquent – jusqu’au fond de nous-même – ce qu’il y a de plus noble et de plus vil. C’est ce monde que Dieu a tellement aimé ! Réjouissons-nous car Dieu n’attend pas que nous soyons parfaits pour commencer à nous aimer.

J’écris ce mot le jour de la Saint Anselme à qui je voudrais, pour finir, donner la parole. Il pourra nous réconcilier je crois avec le mot « jugement » qui rebute tant de chrétiens et dont Saint Jean nous parle aujourd’hui.

Jésus est notre Frère. (…). Donc, notre juge est notre Frère. Le Sauveur du monde est notre Frère. Pour tout dire, notre Dieu s’est fait, par Marie, notre Frère. Avec quelle certitude devons-nous espérer, avec quelle consolation pouvons-nous craindre, nous dont le salut ou la condamnation dépendent du jugement d’un bon Frère et d’une tendre Mère? De quel amour devons-nous aimer ce Frère et cette Mère? Avec quelle familiarité nous confierons-nous à eux? Avec quelle sécurité nous réfugierons-nous près d’eux? Réfugiés, avec quelle douceur serons-nous accueillis? Que notre bon Frère nous remette nos fautes, qu’il écarte de nous ce que nous avions mérité à cause d’elles, qu’il accorde ce que, repentants, nous lui demandons.

Que la lumière soit !

Mardi 21 avril 2020

Évangile selon Saint Jean (3, 7b- 15)

En ce temps-là, Jésus disait à Nicodème : « Il vous faut naître d’en haut. Le vent souffle où il veut : tu entends sa voix, mais tu ne sais ni d’où il vient ni où il va. Il en est ainsi pour qui est né du souffle de l’Esprit. » Nicodème reprit : « Comment cela peut-il se faire ? » Jésus lui répondit : « Tu es un maître qui enseigne Israël et tu ne connais pas ces choses-là ? Amen, amen, je te le dis : nous parlons de ce que nous savons, nous témoignons de ce que nous avons vu, et vous ne recevez pas notre témoignage. Si vous ne croyez pas lorsque je vous parle des choses de la terre, comment croirez-vous quand je vous parlerai des choses du ciel ? Car nul n’est monté au ciel sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l’homme. De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé, afin qu’en lui tout homme qui croit ait la vie éternelle. » – Acclamons la Parole de Dieu. 

Méditation du père Richard MENTION

Le souffle de l’Esprit donne naissance

L’évangile d’aujourd’hui commence en reprenant la fin de celui que nous avons entendu hier. Evidemment nous aurions eu du mal à comprendre si nous avions commencé par la question de Nicodème : « comment cela peut-il se faire ? » On aurait été obligé de faire travailler notre mémoire ! Plus sérieusement, cela nous permet d’entendre une seconde fois ce que Jésus dit de l’Esprit : Jésus invite Nicodème – et nous-mêmes – à devenir un homme « né du souffle de l’Esprit », à suivre le vent de Dieu.

Car en fait, quel courant Nicodème suit-il, ce « pharisien, notable parmi les Juifs » ? Un courant qui manque d’allant, qui manque d’intériorité, qui est davantage basé sur une pratique extérieure rigoureuse de la loi, plutôt que sur une rencontre intérieure de Dieu. Le courant qu’il suit peut le mener à la mort, tel le figuier desséché de Béthanie. Mais il est allé vers Jésus ! Heureusement !

Jésus lui propose autre chose : une nouvelle naissance pour une nouvelle vie, une vie de vraie communion intérieure avec Dieu, même si cela est à contre-courant des pharisiens « qui sont maîtres qui enseignent en Israël et ne connaissent pas ces choses-là ». Cela peut paraitre déstabilisant pour Nicodème, en là encore, même pour nous.

La première lecture nous présente une communauté qui a « un seul cœur et une seule âme ». Ils sont tous en communion les uns avec les autres (bravo !), mais surtout ils sont en communion avec Dieu et son message de vie. Cette communion se manifeste dans le partage et la mise en commun de tous leurs biens. Et c’est bien ce que Dieu fait envers les hommes : il se donne. En donnant l’Esprit, il donne ce qu’il est aux hommes et demande aux hommes de donner à leur tour ce qu’ils sont (et ce qu’ils ont), c’est peut-être la manière de l’Esprit de « souffler où il veut », même là où ça nous dérange.

« Renaître » peut faire peur, nous avons nos habitudes, nos certitudes et nous ne voulons pas les perdre, sinon nous pensons nous perdre nous-mêmes. Pourtant renaître ouvre à la vie, à la nouveauté, à Pâques.

Pour finir, 3 strophes d’une hymne de Patrice de La Tour du Pin à méditer :

Retournez-vous, voici l’Esprit Du Seigneur, au vent de la nuit, Qui passe au monde ; Accueillez-le, ne craignez rien ; A la croisée de vos chemins, Laissez-vous couvrir de son ombre.N’alliez-vous pas vous desséchant Dans vos lois de chair et de sang, A perte d’être ? Hébergez-le, vous renaîtrez, Car Dieu travaille au plus secret : Sa lumière luit aux ténèbres.
 Ne rompez pas vos nouveaux liens : Vous croîtrez avec l’Esprit Saint Jusqu’à cette heure Du Fils de l’homme éblouissant Par tous les hommes de son sang Qui l’auront choisi pour demeure. 

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Dimanche 19 avril 2020

Évangile selon Saint Jean (20, 19-31)

C’était après la mort de Jésus. Le soir venu, en ce premier jour de la semaine, alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des Juifs, Jésus vint, et il était là au milieu d’eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! » Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur. Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. » Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et il leur dit : « Recevez l’Esprit Saint. À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus. » Or, l’un des Douze, Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), n’était pas avec eux quand Jésus était venu. Les autres disciples lui disaient : « Nous avons vu le Seigneur ! » Mais il leur déclara : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! » Huit jours plus tard, les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison, et Thomas était avec eux. Jésus vient, alors que les portes étaient verrouillées, et il était là au milieu d’eux. Il dit : « La paix soit avec vous ! » Puis il dit à Thomas : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant. » Alors Thomas lui dit : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Jésus lui dit : « Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. » Il y a encore beaucoup d’autres signes que Jésus a faits en présence des disciples et qui ne sont pas écrits dans ce livre. Mais ceux-là ont été écrits pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour qu’en croyant, vous ayez la vie en son nom. – Acclamons la Parole de Dieu. 

Méditation du père Didier Mavoka

En ce dimanche de la miséricorde divine, l’Évangile est centré sur un homme orchestre, qui s’appelle Thomas, qualifié souvent de parrain des incrédules. Cet homme est appelé aussi autrement Didyme c’est-à-dire le Jumeau. Ce qui est étonnant est que les Évangiles ne font aucune mention de l’autre jumeau de Thomas. Et, c’est autre jumeau anonyme pourrait bien être représenté par les chrétiens d’aujourd’hui c’est-à-dire chacun de nous.

Thomas est le seul apôtre à avoir juré par trois fois sur le corps du ressuscité:  » si je ne vois pas… Si je ne mets pas mon doigt… Si je ne mets pas ma main… »( Jean 20,25). Son doute peut se justifier par le fait qu’il est la charnière entre ceux qui ont vu le ressuscité et les générations postérieures qui devraient se contenter du témoignage des apôtres.

L’expérience spirituelle de Thomas annonce cette ère où la foi en la résurrection ne reposera plus sur la vue mais plutôt sur l’écoute. C’est une ère difficile qui verra les apôtres être confrontés à l’épreuve de l’incrédulité. Il ne sera pas du tout facile de prêcher la résurrection à ceux qui n’ont pas vu Jésus ressuscité.

Contrairement à Jean qui croit à la vitesse de la lumière (Jean 20,8), l’itinéraire de foi de Thomas est lent, mais à travers ses tergiversations spirituelles, il parvient à se forger une foi originale en la résurrection. Il est le seul à avoir douté, mais il est aussi le seul à avoir adopté une profession de foi originale et complète devant le Ressuscité: « Mon Seigneur et Mon Dieu ».

Aujourd’hui ,  le 2è dimanche de Pâques, est aussi le dimanche de la Miséricorde Divine , institué par le Pape Saint Jean-Paul II dans son encyclique Dives Misericordia. La miséricorde divine est la manifestation de l’amour de Dieu dans une histoire blessée par le péché. Dans le mot miséricorde, nous trouvons deux mots:  » Misère et Cœur ». Cela signifie qu’avec le mot Miséricorde, Notre Dieu met dans son cœur de Père notre condition misérable due au péché. Le Cœur de Dieu est resté toujours fidèle en nous aimant malgré nos indifférences, nos manques d’amour, nos infidélités envers lui et envers le prochain. En bref, malgré nos péchés, Notre Dieu ne change jamais.

Il est resté toujours fidèle à son plan de nous accueillir dans son Cœur Miséricordieux afin que nous soyons toujours à ses côtés.

Ainsi, Jésus-Christ, mort sur la Croix et ressuscité est la Suprême manifestation de la Miséricorde Divine.

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Samedi 18 avril 2020

Evangile de Marc, Ch 16n versets 9 à 15.

Ressuscité le matin, le premier jour de la semaine, Jésus apparut d’abord à Marie Madeleine, de laquelle il avait expulsé sept démons. Celle-ci partit annoncer la nouvelle à ceux qui, ayant vécu avec lui, s’affligeaient et pleuraient. Quand ils entendirent que Jésus était vivant et qu’elle l’avait vu, ils refusèrent de croire. Après cela, il se manifesta sous un autre aspect à deux d’entre eux qui étaient en chemin pour aller à la campagne. Ceux-ci revinrent l’annoncer aux autres, qui ne les crurent pas non plus. Enfin, il se manifesta aux Onze eux-mêmes pendant qu’ils étaient à table : il leur reprocha leur manque de foi et la dureté de leurs cœurs parce qu’ils n’avaient pas cru ceux qui l’avaient contemplé ressuscité. Puis il leur dit : « Allez dans le monde entier. Proclamez l’Évangile à toute la création. » – Acclamons la Parole de Dieu. 

 Méditation du père Jean-Marie RICHARD

« Il leur reprocha la dureté de leur cœur  car ils n’avaient pas cru ceux qui l’avaient vu ressuscité..   Il leur dit  « Allez proclamer l’Evangile à toute la création. »

Ce petit passage de l’Evangile  de Marc évoque plusieurs  apparitions de Jésus  Ressuscité. –auprès des siens –  la bible en   cite  d’autres, différentes. (cf Paul 1è aux Corinthiens ch.15.)  Dans celle-ci, les épisodes  mentionnés sont largement connus.

 Nous retiendrons deux  enseignements.

1-. L’écriture de ces versets diffère un peu  de celle des passages  qui précèdent.  Les auditeurs de Marc  trouvaient que l’Evangéliste en disait trop peu sur la résurrection ; Ils  demandaient- encore-  d’autres récits : cette liste , un peu élargie, répond à leur attente. Les premiers auditeurs de l’Evangile -comme nous bien souvent – sont avides de savoir comment tout s’est passé ! Comme si  cette accumulation   de récits, d’exemples, allait les convaincre plus aisément.  Dans les faits, les auditeurs résistent  à croire que Jésus soit ressuscité

Moi, qui demanderais bien toujours des preuves nouvelles  ,je  m’aperçois  que les apparitions de Jésus n’éliminent pas  toujours  cette « peur de croire… ou de douter »  Et pourtant, « ces  croyants pas très croyants »  –hésitants-sont  immédiatement  envoyés  proclamer la Nouvelle.  Et parmi  ces « hésitants » Jésus me choisit à mon tour, comme Envoyé, disciple missionnaire.

2- Les récits des apparitions de Jésus Ressuscité  sont Parole et  Lumière de notre chemin de foi. Nous avons raison ainsi  de chercher à les scruter et les comprendre  davantage. Oui !

 MAIS. Jamais on  ne peut y trouver  la preuve historique de la résurrection. (et  pas davantage la preuve que  la résurrection  ne se serait pas produite)  Nous croyons sur  l’expérience  et la foi des témoins. Voilà   ce qui est historique et indiscutable,  les apôtres ont témoigné  de leur rencontre avec Jésus après sa mort. Et ils ont vécu de ce témoignage toute leur vie, donnée à la suite de Jésus. De génération en génération,  d’ autres témoins, à leur tour, ont partagé leur expérience de la vie avec Jésus ressuscité, Vivant.

 Et vous, et moi, nous croyons en Jésus sur le témoignage de nos ainés dans la foi : nos parents, catéchistes, prêtres, d’autres témoins en chaine. C’est dire l’importance de la transmission en ces années où elle joue si mal et si peu. Saurions-nous quels témoins m’ont conduit à Jésus, quels témoins m’aident, par leur témoignage à Le suivre aujourd’hui…

Et maintenant en 2020, c’est moi que Tu envoies, Seigneur. Fortifié de la grâce et de la  mission de baptisé-confirmé  Tu m’ envoies comme témoin, – auprès des gens de mon entourage et – selon ma vocation ;  témoin que Toi le ressuscité, tu es  bien  vivant en mon existence. AMEN.

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Vendredi 17 avril 2020

Évangile selon Saint Jean (21, 1-14)

En ce temps-là, Jésus se manifesta encore aux disciples sur le bord de la mer de Tibériade, et voici comment. Il y avait là, ensemble, Simon-Pierre, avec Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), Nathanaël, de Cana de Galilée, les fils de Zébédée, et deux autres de ses disciples. Simon-Pierre leur dit : « Je m’en vais à la pêche. » Ils lui répondent : « Nous aussi, nous allons avec toi. » Ils partirent et montèrent dans la barque ; or, cette nuit-là, ils ne prirent rien. Au lever du jour, Jésus se tenait sur le rivage, mais les disciples ne savaient pas que c’était lui. Jésus leur dit : « Les enfants, auriez-vous quelque chose à manger ? » Ils lui répondirent : « Non. » Il leur dit : « Jetez le filet à droite de la barque, et vous trouverez. » Ils jetèrent donc le filet, et cette fois ils n’arrivaient pas à le tirer, tellement il y avait de poissons. Alors, le disciple que Jésus aimait dit à Pierre : « C’est le Seigneur ! » Quand Simon-Pierre entendit que c’était le Seigneur, il passa un vêtement, car il n’avait rien sur lui, et il se jeta à l’eau. Les autres disciples arrivèrent en barque, traînant le filet plein de poissons ; la terre n’était qu’à une centaine de mètres. Une fois descendus à terre, ils aperçoivent, disposé là, un feu de braise avec du poisson posé dessus, et du pain. Jésus leur dit : « Apportez donc de ces poissons que vous venez de prendre. » Simon-Pierre remonta et tira jusqu’à terre le filet plein de gros poissons : il y en avait cent cinquante-trois. Et, malgré cette quantité, le filet ne s’était pas déchiré. Jésus leur dit alors : « Venez manger. » Aucun des disciples n’osait lui demander : « Qui es-tu ? » Ils savaient que c’était le Seigneur. Jésus s’approche ; il prend le pain et le leur donne ; et de même pour le poisson. C’était la troisième fois que Jésus ressuscité d’entre les morts se manifestait à ses disciples. – Acclamons la Parole de Dieu. 

Méditation du père Xavier Guermonprez

Quelle sortie ! Quelle pêche !

On peut imaginer la scène: Pierre va à la pêche! Il faut bien qu’il gagne son pain, et pense à nourrir sa famille… Et puis ils ne vont pas rester là à se lamenter sans rien faire! Et puis il faut se faire une raison: le maître est mort, c’est fini, c’est du passé… Pierre semble avoir fait une parenthèse de 3 ans dans sa vie avec Jésus, une parenthèse éblouissante mais bien fermée. Qui veut aller avec Pierre chasser le poisson? Moi, moi… on va se changer les idées… on va renouer avec la vie… on va se rendre utile en même temps… Finalement, n’est-ce pas cela, la vie, se rendre utile en y trouvant un peu de plaisir?

Mais voilà qu’un inconnu les interpelle, et leur fait faire ce qu’ils n’avaient pas prévu! Ils pêchent tous les poissons de la mer! D’un seul coup, comme ça, sans aucun effort, ou plutôt après les efforts infructueux de toute une nuit… N’est-ce pas là une signature du maître? Interpeller et appeler, provoquer la rencontre, émerveiller, mais aider à cheminer dans l’histoire de sa vie aussi… Saint Jean ne s’y trompe pas: c’est bien lui, cela ne peut être que lui, vivant là où l’on ne l’attendait pas, surgissant sur la rive de notre vie… C’est sa signature: il est là lui-même! Alors Jésus se rend proche, accessible, réactif, répondant, humain finalement, comme il en a l’habitude. C’est bien lui, c’est tout lui; une présence inimaginable, une présence qui vient d’au-delà de la mort, une présence qui fait renaître la vie.

On chercherait en vain la gloire du Ressuscité dans cette scène… La gloire de Jésus, c’était sur la croix: c’est-à-dire l’Amour nu, donné entièrement, livré à la violence des hommes; mais l’Amour invaincu, l’Amour plus fort, l’Amour renaissant de ses cendres… Maintenant, au bord du lac, ce n’est plus la gloire mais l’humilité d’un homme nouveau, la modestie d’une relation renaissante. Maintenant, au bord du lac, c’est le temps des prémices: les Écritures sont accomplies, la Promesse est remplie; l’humanité est libérée du boulet de la mort! Alléluia pour la vie nouvelle! Alléluia pour le nouveau monde qui s’ouvre aux croyants! Pierre et les disciples deviennent des pêcheurs d’hommes…

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Jeudi 16 avril 2020

Évangile selon Saint Luc ( 24, 35-48)

En ce temps-là, les disciples qui rentraient d’Emmaüs racontaient aux onze Apôtres et à leurs compagnons ce qui s’était passé sur la route, et comment le Seigneur s’était fait reconnaître par eux à la fraction du pain. Comme ils en parlaient encore, lui-même fut présent au milieu d’eux, et leur dit : « La paix soit avec vous ! » Saisis de frayeur et de crainte, ils croyaient voir un esprit. Jésus leur dit : « Pourquoi êtes-vous bouleversés ? Et pourquoi ces pensées qui surgissent dans votre cœur ? Voyez mes mains et mes pieds : c’est bien moi ! Touchez-moi, regardez : un esprit n’a pas de chair ni d’os comme vous constatez que j’en ai. » Après cette parole, il leur montra ses mains et ses pieds. Dans leur joie, ils n’osaient pas encore y croire, et restaient saisis d’étonnement. Jésus leur dit : « Avez-vous ici quelque chose à manger ? » Ils lui présentèrent une part de poisson grillé qu’il prit et mangea devant eux. Puis il leur déclara : « Voici les paroles que je vous ai dites quand j’étais encore avec vous : “Il faut que s’accomplisse tout ce qui a été écrit à mon sujet dans la loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes.” » Alors il ouvrit leur intelligence à la compréhension des Écritures. Il leur dit : « Ainsi est-il écrit que le Christ souffrirait, qu’il ressusciterait d’entre les morts le troisième jour, et que la conversion serait proclamée en son nom, pour le pardon des péchés, à toutes les nations, en commençant par Jérusalem. À vous d’en être les témoins. » – Acclamons la Parole de Dieu. 

Méditation du père Stanislas de Christen

Nous continuons de méditer les différents textes de la Résurrection dans les Évangiles. Après la rencontre d’Emmaüs, Luc nous décrit celle avec tous les disciples. Jésus prends le temps de rassurer les disciples, face à leur peur panique de le voir ressuscité.
Mais c’est quoi être ressuscité ? Pour beaucoup, même croyants, la résurrection reste quelque chose de symbolique, qui ne correspond pas à une réalité, à un évènement réel. Luc prend le temps de nous présenter cette réalité que les premiers disciples ont expérimenté. La première réaction est de croire en un « esprit », en un fantôme. Face à cela Jésus invite ses amis à voir ses mains et ses pieds marqués par les blessures de la croix ; à le toucher pour ressentir ce corps d’os et de chair. Mais ce n’est pas suffisant : il mange avec eux ! Tout cela est concret et plein de réalisme. Luc raconte leur doute, leur peur mais aussi ce qu’ils ont vécu avec Jésus ressuscité… Il exprime cette tension entre « ne pas reconnaitre » Jésus et « c’est bien lui ». Les théologiens ont trouvé cette expression « de corps glorieux » pour rendre compte de cette expérience si particulière.
Bien sûr, nous, nous n’avons aucune preuve scientifique ou historique de la résurrection ! Seul le témoignage des apôtres et des disciples nous ont été transmis… Faut-il alors tout remettre en cause pour cette raison ? Cette réalité de la résurrection de Jésus ne peut être accueillie que dans la foi et librement. En effet si un jour, nous avons la preuve scientifique de la résurrection, nous serons « obligés » de croire en Jésus. Cela peut arranger certains qui ont besoin de preuves pour croire en Jésus Le Fils de Dieu. Mais alors y aura-t-il encore la foi sur terre ? Car la foi nécessite la liberté de croire ou de ne pas croire ! La foi, c’est aussi une expérience spirituelle personnelle qui s’impose à nous et que nous accueillons librement.
Alors en quelle résurrection croyons-nous ? Même si ce n’est pas évident, osons poser un acte de foi libre qui nous permet d’accueillir tout le message de la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ.

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Mercredi 15 avril 2020

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc  (24, 13-35)

Le même jour (c’est-à-dire le premier jour de la semaine), deux disciples faisaient route vers un village appelé Emmaüs, à deux heures de marche de Jérusalem, et ils parlaient entre eux de tout ce qui s’était passé. Or, tandis qu’ils s’entretenaient et s’interrogeaient, Jésus lui-même s’approcha, et il marchait avec eux. Mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître. Jésus leur dit : « De quoi discutez-vous en marchant ? » Alors, ils s’arrêtèrent, tout tristes. L’un des deux, nommé Cléophas, lui répondit : « Tu es bien le seul étranger résidant à Jérusalem qui ignore les événements de ces jours-ci. » Il leur dit : « Quels événements ? » Ils lui répondirent : « Ce qui est arrivé à Jésus de Nazareth, cet homme qui était un prophète puissant par ses actes et ses paroles devant Dieu et devant tout le peuple : comment les grands prêtres et nos chefs l’ont livré, ils l’ont fait condamner à mort et ils l’ont crucifié. Nous, nous espérions que c’était lui qui allait délivrer Israël. Mais avec tout cela, voici déjà le troisième jour qui passe depuis que c’est arrivé. À vrai dire, des femmes de notre groupe nous ont remplis de stupeur. Quand, dès l’aurore, elles sont allées au tombeau, elles n’ont pas trouvé son corps ; elles sont venues nous dire qu’elles avaient même eu une vision : des anges, qui disaient qu’il est vivant. Quelques-uns de nos compagnons sont allés au tombeau, et ils ont trouvé les choses comme les femmes l’avaient dit ; mais lui, ils ne l’ont pas vu. » Il leur dit alors : « Esprits sans intelligence ! Comme votre cœur est lent à croire tout ce que les prophètes ont dit ! Ne fallait-il pas que le Christ souffrît cela pour entrer dans sa gloire ? » Et, partant de Moïse et de tous les Prophètes, il leur interpréta, dans toute l’Écriture, ce qui le concernait. Quand ils approchèrent du village où ils se rendaient, Jésus fit semblant d’aller plus loin. Mais ils s’efforcèrent de le retenir : « Reste avec nous, car le soir approche et déjà le jour baisse. » Il entra donc pour rester avec eux. Quand il fut à table avec eux, ayant pris le pain, il prononça la bénédiction et, l’ayant rompu, il le leur donna. Alors leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent, mais il disparut à leurs regards. Ils se dirent l’un à l’autre : « Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous, tandis qu’il nous parlait sur la route et nous ouvrait les Écritures ? » À l’instant même, ils se levèrent et retournèrent à Jérusalem. Ils y trouvèrent réunis les onze Apôtres et leurs compagnons, qui leur dirent : « Le Seigneur est réellement ressuscité : il est apparu à Simon-Pierre. » À leur tour, ils racontaient ce qui s’était passé sur la route, et comment le Seigneur s’était fait reconnaître par eux à la fraction du pain. – Acclamons la Parole de Dieu. 

Méditation du père Julien Tellier

Si nous n’étions pas en confinement, cette scène pourrait paraitre banale : deux copains sont installés à la terrasse d’un bistrot : Le Jéroboam. Gégé et Tonio lèvent le coude, un petit jaune pour fêter l’arrivée de l’été : il n’y a rien de mieux. Il faut dire que ces temps-ci les températures sont particulièrement douces. Comme souvent Gégé et Tonio refont le monde sous l’œil amusé de Fifi la serveuse.  Mais cette fois-ci, ils sont troublés, le moral n’y est pas. Tonio se lance : « Hey Gégé. T’as écouté le journal télévisé de 20h hier soir ? Que des mauvaises nouvelles, des conflits, pas de sous, du chômage, c’est la crise… et le bon Dieu dans tout ça, qu’est-ce qu’il fait ? Jésus revient ! Ah ah ! ». C’est alors qu’un individu s’insère dans la discussion : « Hey ! Vous parlez de quoi les gars ? Je me présente : Christophe mais vous pouvez m’appeler Chris ».

C’est au tour de Gégé de prendre la parole en s’adressant à Tonio : «Ce matin, j’ai entendu le pape à la télé. Les curés aussi parlent de Jésus mais personne ne l’a vu celui-là et dans notre monde, 2000 ans plus tard c’est toujours des guerres, des épidémies… » C’est alors que Chris coupe court : « Bande de « couillons » ! Il est bien loin votre caté. Vous avez ouvert la bible depuis que vous étiez enfants de chœur ? ». C’est alors que Chris leur raconte l’histoire de la bible, une histoire qui se conjugue au présent. Tout coïncide parfaitement, il leur parle de la résurrection de Jésus, qu’il est réellement présent, et qu’il est là pour soulager les fardeaux. Il n’est pas étranger aux souffrances du monde, puisqu’il a lui-même vécu le drame de la croix. Il délivre ceux qui croient en lui par sa résurrection : c’est Pâques, c’est la vie plus forte que la mort.

Dès lors, Chris les aide à percevoir par delà les guerres et les malheurs qu’on nous décrit à la radio, à la télévision et dans les journaux, la présence de Jésus. Il est là, dans les personnes qui travaillent pour plus de paix entre les peuples, qui œuvrent en se mettant au service des plus pauvres. Il est présent chez les soignants qui s’occupent des malades jusqu’à l’épuisement, en s’oubliant souvent eux-mêmes. Tous ces gens qui ont pour carburant l’amour, c’est beau, c’est même très beau et c’est le visage de Jésus. Gégé et Tonio sont bouche bée : qu’est-ce qu’il cause bien ce Chris, un mec vraiment passionnant. Pour un peu, ils en oublieraient même leur petit jaune.

Nous qui sommes baptisés, nous pouvons relire notre histoire sainte avec Dieu. Quand est-il venu partager nos routes ? Nous voulons continuer à reconnaitre les signes de sa résurrection au cœur de nos vies. Ça passe par de petites choses : un sourire, une main tendue. La vie en Christ, c’est la joie et le royaume de Dieu.

Aujourd’hui encore, il nous rejoint sur nos routes, faisant semblant d’aller plus loin pour mieux nous rejoindre. Ne manquons pas le rendez-vous et disons-lui : « reste avec nous Seigneur, nous voulons partager le repas avec toi ».

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Mardi 14 avril 2020

Evangile selon Saint Jean (20,11-18)

En ce temps-là, Marie Madeleine se tenait près du tombeau, au-dehors, tout en pleurs. Et en pleurant, elle se pencha vers le tombeau. Elle aperçoit deux anges vêtus de blanc, assis l’un à la tête et l’autre aux pieds, à l’endroit où avait reposé le corps de Jésus. Ils lui demandent : « Femme, pourquoi pleures-tu ? » Elle leur répond : « On a enlevé mon Seigneur, et je ne sais pas où on l’a déposé. » Ayant dit cela, elle se retourna ; elle aperçoit Jésus qui se tenait là, mais elle ne savait pas que c’était Jésus. Jésus lui dit : « Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? » Le prenant pour le jardinier, elle lui répond : « Si c’est toi qui l’as emporté, dis-moi où tu l’as déposé, et moi, j’irai le prendre. » Jésus lui dit alors : « Marie ! » S’étant retournée, elle lui dit en hébreu : « Rabbouni ! », c’est-à-dire : Maître. Jésus reprend : « Ne me retiens pas, car je ne suis pas encore monté vers le Père. Va trouver mes frères pour leur dire que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. » Marie Madeleine s’en va donc annoncer aux disciples : « J’ai vu le Seigneur ! », et elle raconta ce qu’il lui avait dit.

Méditation du frère Paul FRUCHET

Dans les lectures de la messe, nous avons entendu comment l’apôtre Pierre annonça aux Juifs la Résurrection du Christ et comment le Christ apparut à Marie Madeleine. Ces deux texte nous apprennent comment le Christ nous appelle. Premièrement, qui aime le plus, reçoit le plus de grâces ; deuxièmement, la moindre Parole de Dieu est capable d’éclairer notre ignorance ; troisièmement, nous devons annoncer aux autres la Résurrection du Christ pour que chacun de nous partage sa mort et sa Résurrection.

Qui aime le plus reçoit le plus. Marie Madeleine, avant de connaître Jésus, souffrait sous l’esclavage du démon. Après sa guérison par Jésus, elle répond par un amour sincère et vrai. Pendant la Passion, du début à la fin, elle reste présente au pied de la Croix. Le lendemain du sabbat, au petit jour, elle va au tombeau avec les parfums pour l’embaumement du corps. Elle a le cœur brûlant d’amour pour le Seigneur. Devant le tombeau, elle s’aperçoit que le corps n’est plus là. Elle pleure et ne peut contrôler sa douleur. Par tous les moyens, elle veut retrouver le Seigneur Jésus.

C’est parce qu’elle a aimé le Seigneur à ce point qu’il lui est apparu en premier et qu’elle a été appelée « l’apôtre des apôtres », car elle a été la première à annoncer la nouvelle aux apôtres et aux disciples. C’est la grâce incomparable de l’amour. Saint Paul l’a dit : l’amour est la clé de toutes les vertus, l’amour est au-dessus de tout. Si nous avons l’amour pour le Seigneur, tout le reste suit. Si je possède le Christ, je peux recevoir ses grâces. Marie Madeleine en est un exemple frappant. C’est pourquoi ce qui compte devant Dieu, ce n’est pas l’importance des œuvres, mais l’intensité de l’amour. Alors, dans notre vie de chaque jour, mettons l’amour en pratique et prenons exemple sur Marie Madeleine.

La moindre parole de Dieu peut soulever le voile qui nous aveugle le visage. Marie Madeleine, en espérant trouver Jésus, avait Jésus devant elle, mais elle ne le reconnaissait pas. Elle pensait que c’était le jardinier. Lorsque Jésus lui dit « Marie », ses yeux s’ouvrent et elle veut le retenir. Nous sommes souvent dans le même cas. Jésus est devant nous, nous ne le reconnaissons pas. Nous cherchons à le trouver et Jésus nous dit : « Je suis sur tes lèvres, je suis dans ton cœur ». Mais nous avons besoin de sa parole. Si ce n’est pas Jésus qui nous appelle et qui nous offre sa grâce, nous ne pourrons jamais le connaître.

D’ailleurs, nous désirons tous que les autres nous appellent par notre propre nom. Si vous êtes capables de vous plonger dans le silence paisible et respectueux d’une prière de désir, vous pourrez découvrir l’amour de Dieu qui est en vous. Dans l’ombre, il vous regarde, il vous aime. Laissez encore résonner à vos oreilles les paroles du prophète Isaïe : Je t’appelle par ton nom, tu m’appartiens. Car tu es précieux à mes yeux, très précieux. Je t’aime. Ne crains pas, car je suis avec toi. Devant Dieu, vous êtes d’un grand prix, comme la pupille de l’œil, et Dieu vous aime. Prenez un peu de temps pour répéter chacune de ces paroles, écrivez-les, gardez-les sous les yeux, faites-en votre devise. Vous aimez garder sur vous les photos et les lettres de ceux que vous aimez. Faites de même pour méditer la Parole de Dieu. Le Seigneur vous appelle par votre nom, comme il a appelé Marie Madeleine. C’est pourquoi il nous faut dans nos vies nous efforcer de garder un cœur attentif aux paroles de Jésus. Ainsi lorsque Jésus appelle chacun de nous par son propre nom, nous sommes éclairés d’une lumière soudaine.

Nous devons prendre la responsabilité d’annoncer aux autres la bonne nouvelle de la Résurrection. Dans l’évangile, nous entendons Jésus dire à Marie Madeleine : Ne me retiens pas… va vers mes frères leur annoncer la nouvelle… (Jean 20 17). Ainsi, dans la première lecture, après avoir reçu le Saint-Esprit, l’apôtre Pierre annonce aussitôt à toute la maison d’Israël le Christ mort et ressuscité et les exhorte à se convertir, chacun devant être baptisé au nom de Jésus Christ. C’est ainsi qu’il partage la mort et la Résurrection du Christ. De même, l’apôtre saint Paul nous dit que le baptême nous plonge dans la mort et la résurrection du Christ. C’est aussi la directive que Jésus nous laisse avant de monter au ciel : Allez dans le monde entier porter la Bonne Nouvelle à tous les peuples, baptisez-les au nom dit Père, du Fils et dit Saint-Esprit… (Matthieu 28 19). C’est pourquoi nous, chrétiens, qui avons reçu des grâces en abondance lors de la fête de Pâques, nous ne devons pas les garder pour nous-mêmes. C’est ce que Jésus disait à Marie Madeleine : Ne me retiens pas, va annoncer la nouvelle aux autres. Surtout dans cette vaste Chine, où tant de gens ne connaissent pas Jésus, il nous faut assumer cette tâche glorieuse et ardue de l’évangélisation pour que le Christ ressuscité soit glorifié en toute population et toute race. Que le Christ ressuscité soit toujours avec vous !

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Dimanche 12 avril 2020 – Pâques

Évangile selon Saint Jean (20, 1-9)

Le premier jour de la semaine, Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin ; c’était encore les ténèbres. Elle s’aperçoit que la pierre a été enlevée du tombeau. Elle court donc trouver Simon-Pierre et l’autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit : « On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l’a déposé. » Pierre partit donc avec l’autre disciple pour se rendre au tombeau. Ils couraient tous les deux ensemble, mais l’autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau. En se penchant, il s’aperçoit que les linges sont posés à plat ; cependant il n’entre pas. Simon-Pierre, qui le suivait, arrive à son tour. Il entre dans le tombeau ; il aperçoit les linges, posés à plat, ainsi que le suaire qui avait entouré la tête de Jésus, non pas posé avec les linges, mais roulé à part à sa place. C’est alors qu’entra l’autre disciple, lui qui était arrivé le premier au tombeau. Il vit, et il crut. Jusque-là, en effet, les disciples n’avaient pas compris que, selon l’Écriture, il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts. – Acclamons la Parole de Dieu.

Méditation du père Richard MENTION

Le Christ est ressuscité, le Christ est dé confiné

Évidemment nous avons vécu un Carême, une semaine sainte, et nous sommes certainement bien partis pour vivre une partie du Temps de Pâques enfermés, limités dans nos déplacements et dans nos rencontres. Nous avons vécu notre Carême dans l’angoisse de la mort à nos portes et nous cherchons tous les moyens pour y échapper.

Mais néanmoins, même lorsque nous goûtons la liberté de mouvements, nous restons des hommes et des femmes enfermés, parfois volontairement confinés. Nous connaissons ce qui nous garde captifs de la mort : parfois de la haine contre telle personne de notre entourage ou envers une catégorie de personnes, parfois de la violence (et en ce moment, il nous faut penser à toutes les violences conjugales et familiales qui ne cessent d’augmenter), parfois des rancunes parce que notre égo est trop puissant, ou que nous sommes trop faibles pour pardonner en vérité, parfois nos échecs qui nous bloquent et nous coupent de l’espérance, en un mot, notre péché nous enferme. Nous voulons être libres, alors parcourons ce chemin de liberté.

Si nous y arrivons, le message de la résurrection du Christ nous donnera de vivre un nouveau départ. Nous pourrons courir vers la vraie vie, la vie qui a été celle de Jésus et qu’il nous demande de poursuivre. Il en est mort, de cette vie en plénitude complètement donnée, pour que nous la vivions dans la confiance. Il est ressuscité pour nous dire de ne pas avoir peur de l’humilité qui se vit avec la force même de Dieu. C’est bien une vie nouvelle qui s’ouvre à nous depuis la résurrection et le tombeau ouvert. Vivons-la ! en nous laissant profondément transformer par le Ressuscité et son Esprit qu’il ne cesse de nous envoyer pour que nous marchions sur ses traces.

Nous découvrons en ce moment que la vie est belle, riche, pleine de joies et d’espérances pour nous. Oui, elle est belle, mais qu’avec la résurrection, elle le soit encore davantage. Nous avons en ce printemps de très beaux signes de la beauté de la vie, grâce à la nature qui explose de beauté. Nous pouvons rendre la vie encore plus belle, si nous transformons nos rapports humains, nos rapports à la création, nos rapports à l’argent, à la puissance… si nous découvrons ce qui importe vraiment : la VIE. « Nous sommes en guerre », oui, mais pas seulement contre la mort. Avec le Christ, « nous sommes en guerre » contre tout ce qui tue la beauté de l’homme et de l’ensemble de la création. Le Christ attend de nous une mobilisation générale pour que tout ce qu’il a vaincu reste encore aujourd’hui une grande victoire, la victoire de la vie sur la mort, la victoire de la résurrection.

Notre corps est confiné, mais avec le Christ, nous sommes déjà ressuscités et libres. Plus tard, espérons que nous manifesterons cette libération en aimant et en vivant en vérité.

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Samedi-saint 11 avril 2020
« Ressuscité d’entre les morts, le Christ ne meurt plus » (Rm 6, 3b-11)

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Romains

Frères,
    nous tous qui par le baptême avons été unis au Christ Jésus,
c’est à sa mort que nous avons été unis par le baptême.
    Si donc, par le baptême qui nous unit à sa mort,
nous avons été mis au tombeau avec lui,
c’est pour que nous menions une vie nouvelle, nous aussi,
comme le Christ qui, par la toute-puissance du Père,
est ressuscité d’entre les morts.
    Car, si nous avons été unis à lui
par une mort qui ressemble à la sienne,
nous le serons aussi
par une résurrection qui ressemblera à la sienne.

   Et si nous sommes passés par la mort avec le Christ,
nous croyons que nous vivrons aussi avec lui.
    Nous le savons en effet :
ressuscité d’entre les morts, le Christ ne meurt plus ;
la mort n’a plus de pouvoir sur lui.
    Car lui qui est mort,
c’est au péché qu’il est mort une fois pour toutes ;
lui qui est vivant,
c’est pour Dieu qu’il est vivant.
    De même, vous aussi,
pensez que vous êtes morts au péché,
mais vivants pour Dieu en Jésus Christ.

Méditation du père Jean Marie RICHARD

  Le plus difficile, c’est de vivre en samedi (saint.)

Avez-vous remarqué que  nous ne savons pas bien que faire du samedi-saint ? 

Le vendredi-Saint, Jésus, Vie donnée jusqu’à la mort sur la croix, a tout accompli  nous dit saint Jean.  Il a réalisé sa mission : la réponse humaine totale  à la volonté du Père ; le OUI de la création, de l’humanité qui répond au OUI d’Amour de Dieu notre Père. Tout est accompli, mais, humainement, Jésus est mort,  et avec Lui s’éteint la forme attendue , espérée, de la restauration d’Israël . Il a tout accompli, mais les siens  ne l’ont pas compris.

                 En 2020,  Est-il plus facile pour nous de comprendre  le chemin de Jésus ?

 Vient alors le samedi-saint qui  fait pâle figure :   il ne s’y passe rien de nouveau ! Au début du Carême ,nous avons perçu l’importance du désert et de sa durée, comprenons désormais que le bref intervalle du samedi lui fait écho : un espace –bref-   pour recevoir, intégrer le message de vendredi,  pour convertir  les formes de   notre espérance !  Temps de l’attente, confiante certes, et incertaine pareillement! Un peu de recueillement, de silence sera bienvenu s’il nous est possible pour vivre la Pâques de cette année dans la suite de vendredi..

 Ne nous précipitons pas trop vite dans les préparatifs festifs, de la maison, et même de la vigile pascale qui viendra le soir, à la nuit tombée, comme une  lueur dans la nuit encore si forte. Que notre joie pascale ne cherche pas à effacer le vendredi ; elle n’en est pas la revanche, mais l’épanouissement : elle affirme que le chemin du vendredi ne s’arrête pas,  qu’il se poursuit : le tombeau est vide, les disciples renvoyés à la Galilée de leur quotidien. C’est là que  le Christ les attend ( aussi humblement) pour qu’en chacune de  ces  « galilées » paraissent des lueurs pascales . Alors, les nouveaux baptisés – qui attendront Pentecôte en cette année 2020-  (et les déjà baptisés  s’ils s’émerveillent à nouveau de ce cadeau pascal)  feront retentir  le message  « Christ est ressuscité », pas entre eux seulement, mais encore parmi les peuples du monde là où vit chacun d’entre eux. »

Écoutons saint Paul dans la lettre aux Romains de la vigile pascale : « si nous sommes passés par la mort avec le Christ, nous croyons que nous vivrons aussi avec Lui…de
  même, vous aussi, pensez que vous êtes morts au péché, mais vivants pour Dieu en Jésus Christ ».       Alors éclatera aussi, chez nous, le soir du samedi, le soir de notre route humaine,  la joie des baptisés, la joie du Christ, Ressuscité en Son accomplissement !

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Vendredi Saint 10 avril 2020                           

La Passion de notre Seigneur Jésus Christ selon saint Jean

Indications pour la lecture dialoguée : les sigles désignant les divers interlocuteurs sont les suivants :
X = Jésus ; L = Lecteur ; D = Disciples et amis ; F = Foule ; A = Autres personnages.

L. En ce temps-là,
après le repas,
Jésus sortit avec ses disciples
et traversa le torrent du Cédron ;
il y avait là un jardin,
dans lequel il entra avec ses disciples.
Judas, qui le livrait, connaissait l’endroit, lui aussi,
car Jésus et ses disciples s’y étaient souvent réunis.
Judas, avec un détachement de soldats
ainsi que des gardes envoyés par les grands prêtres et les pharisiens,
arrive à cet endroit.
Ils avaient des lanternes, des torches et des armes.
Alors Jésus, sachant tout ce qui allait lui arriver,
s’avança et leur dit :
X « Qui cherchez-vous? »
L. Ils lui répondirent :
F. « Jésus le Nazaréen. »
L. Il leur dit :
X « C’est moi, je le suis. »
L. Judas, qui le livrait, se tenait avec eux.
Quand Jésus leur répondit : « C’est moi, je le suis »,
ils reculèrent, et ils tombèrent à terre.
Il leur demanda de nouveau :
X « Qui cherchez-vous? »
L. Ils dirent :
F. « Jésus le Nazaréen. »
L. Jésus répondit :
X « Je vous l’ai dit : c’est moi, je le suis.
Si c’est bien moi que vous cherchez,
ceux-là, laissez-les partir. »

L. Ainsi s’accomplissait la parole qu’il avait dite :
« Je n’ai perdu aucun
de ceux que tu m’as donnés. »
Or Simon-Pierre
avait une épée ; il la tira,
frappa le serviteur du grand prêtre et lui coupa l’oreille droite.
Le nom de ce serviteur était Malcus.
Jésus dit à Pierre :
X « Remets ton épée au fourreau.
La coupe que m’a donnée le Père,
vais-je refuser de la boire ? »

L. Alors la troupe, le commandant et les gardes juifs
se saisirent de Jésus et le ligotèrent.
Ils l’emmenèrent d’abord chez Hanne, beau-père
de Caïphe, qui était grand prêtre cette année-là.
Caïphe était celui qui avait donné aux Juifs ce conseil :
« Il vaut mieux qu’un seul homme meure pour le peuple. »

Or Simon-Pierre, ainsi qu’un autre disciple, suivait Jésus.
Comme ce disciple était connu du grand prêtre,
il entra avec Jésus dans le palais du grand prêtre.
Pierre se tenait près de la porte, dehors.
Alors l’autre disciple – celui qui était connu du grand prêtre –
sortit, dit un mot à la servante qui gardait la porte,
et fit entrer Pierre.
Cette jeune servante dit alors à Pierre :
A. « N’es-tu pas, toi aussi, l’un des disciples de cet homme ? »
L. Il répondit :
D. « Non, je ne le suis pas ! »
L. Les serviteurs et les gardes se tenaient là ;
comme il faisait froid,
ils avaient fait un feu de braise pour se réchauffer.
Pierre était avec eux, en train de se chauffer.
Le grand prêtre interrogea Jésus
sur ses disciples et sur son enseignement.
Jésus lui répondit :
X « Moi, j’ai parlé au monde ouvertement.
J’ai toujours enseigné à la synagogue et dans le Temple,
là où tous les Juifs se réunissent,
et je n’ai jamais parlé en cachette.
Pourquoi m’interroges-tu ?
Ce que je leur ai dit, demande-le
à ceux qui m’ont entendu.
Eux savent ce que j’ai dit. »

L. À ces mots, un des gardes, qui était à côté de Jésus,
lui donna une gifle en disant :
A. « C’est ainsi que tu réponds au grand prêtre ! »
L. Jésus lui répliqua :
X « Si j’ai mal parlé,
montre ce que j’ai dit de mal.
Mais si j’ai bien parlé,
pourquoi me frappes-tu ? »

L. Hanne l’envoya, toujours ligoté, au grand prêtre Caïphe.

Simon-Pierre était donc en train de se chauffer.
On lui dit :
A. « N’es-tu pas, toi aussi, l’un de ses disciples ? »
L. Pierre le nia et dit :
D. « Non, je ne le suis pas ! »
L. Un des serviteurs du grand prêtre,
parent de celui à qui Pierre avait coupé l’oreille,
insista :
A. « Est-ce
que moi, je ne t’ai pas vu
dans le jardin avec lui ? »
L. Encore une fois, Pierre le nia.
Et aussitôt un coq chanta.

Alors on emmène Jésus de chez Caïphe au Prétoire.
C’était le matin.
Ceux qui l’avaient amené n’entrèrent pas dans le Prétoire,
pour éviter une souillure
et pouvoir manger l’agneau pascal.
Pilate sortit donc à leur rencontre et demanda :
A. « Quelle accusation portez-vous
contre cet homme ? »
L. Ils lui répondirent :
F. « S’il n’était pas un malfaiteur,
nous ne t’aurions pas livré cet homme. »
L. Pilate leur dit :
A. « Prenez-le vous-mêmes et jugez-le
suivant votre loi. »
L. Les Juifs lui dirent :
F. « Nous n’avons pas le droit
de mettre quelqu’un à mort. »
L. Ainsi s’accomplissait la parole que Jésus avait dite
pour signifier de quel genre de mort il allait mourir.
Alors Pilate rentra dans le Prétoire ;
il appela Jésus et lui dit :
A. « Es-tu le roi des Juifs ? »
L. Jésus lui demanda :
X « Dis-tu cela de toi-même,
Ou bien d’autres te l’ont dit à mon sujet ? »

L. Pilate répondit :
A. « Est-ce que je suis juif, moi ?
Ta nation et les grands prêtres t’ont livré à moi :
qu’as-tu donc fait ? »
L. Jésus déclara :
X « Ma royauté n’est pas de ce monde ;
si ma royauté était de ce monde,
j’aurais des gardes qui se seraient battus
pour que je ne sois pas livré aux Juifs.
En fait, ma royauté n’est pas d’ici. »

L. Pilate lui dit :
A. « Alors, tu es roi ? »
L. Jésus répondit :
X « C’est toi-même
qui dis que je suis roi.
Moi, je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci :
rendre témoignage à la vérité.
Quiconque appartient à la vérité
écoute ma voix. »

L. Pilate lui dit :
A. « Qu’est-ce que la vérité ? »
L. Ayant dit cela, il sortit de nouveau à la rencontre des Juifs,
et il leur déclara :
A. « Moi, je ne trouve en lui
aucun motif de condamnation.
Mais, chez vous, c’est la coutume
que je vous relâche quelqu’un pour la Pâque :
voulez-vous donc que je vous relâche le roi des Juifs ? »
L. Alors ils répliquèrent en criant :
F. « Pas lui !
Mais Barabbas ! »
L. Or ce Barabbas était un bandit.

Alors Pilate fit saisir Jésus pour qu’il soit flagellé.
Les soldats tressèrent avec des épines une couronne
qu’ils lui posèrent sur la tête ;
puis ils le revêtirent d’un manteau pourpre.
Ils s’avançaient vers lui
et ils disaient :
F. « Salut à toi, roi des Juifs ! »
L. Et ils le giflaient.

Pilate, de nouveau, sortit dehors et leur dit :
A. « Voyez, je vous l’amène dehors
pour que vous sachiez
que je ne trouve en lui aucun motif de condamnation. »
L. Jésus donc sortit dehors,
portant la couronne d’épines et le manteau pourpre.
Et Pilate leur déclara :
A. « Voici l’homme. »
L. Quand ils le virent,
les grands prêtres et les gardes se mirent à crier :
F. « Crucifie-le! Crucifie-le! »
L. Pilate leur dit :
A. « Prenez-le vous-mêmes, et crucifiez-le ;
moi, je ne trouve en lui aucun motif de condamnation. »
L. Ils lui répondirent :
F. « Nous avons une Loi,
et suivant la Loi il doit mourir,
parce qu’il s’est fait Fils de Dieu. »
L. Quand Pilate entendit ces paroles, il redoubla de crainte.
Il rentra dans le Prétoire, et dit à Jésus :
A. « D’où es-tu? »
L. Jésus ne lui fit aucune réponse.
Pilate lui dit alors :
A. « Tu refuses de me parler, à moi ?
Ne sais-tu pas que j’ai pouvoir de te relâcher,
et pouvoir de te crucifier ? »
L. Jésus répondit :
X « Tu n’aurais aucun pouvoir sur moi
si tu ne l’avais reçu d’en haut ;
c’est pourquoi celui qui m’a livré à toi
porte un péché plus grand. »

L. Dès lors, Pilate cherchait à le relâcher ;
mais des Juifs se mirent à crier :
F. « Si tu le relâches,
tu n’es pas un ami de l’empereur.
Quiconque se fait roi
s’oppose à l’empereur. »
L. En entendant ces paroles, Pilate amena Jésus au-dehors;
il le fit asseoir sur une estrade
au lieu dit le Dallage
– en hébreu : Gabbatha.
C’était le jour de la Préparation de la Pâque,
vers la sixième heure, environ midi.
Pilate dit aux Juifs :
A. « Voici votre roi. »
L. Alors ils crièrent :
F. « À mort ! À mort !
Crucifie-le ! »
L. Pilate leur dit :
A. « Vais-je crucifier votre roi ? »
L. Les grands prêtres répondirent :
F. « Nous n’avons pas d’autre roi que l’empereur. »
L. Alors, il leur livra Jésus pour qu’il soit crucifié.

Ils se saisirent de Jésus.
Et lui-même, portant sa croix,
sortit en direction du lieu dit Le Crâne (ou Calvaire),
qui se dit en hébreu Golgotha.
C’est là qu’ils le crucifièrent, et deux autres avec lui,
un de chaque côté, et Jésus au milieu.
Pilate avait rédigé un écriteau qu’il fit placer sur la croix ;
il était écrit :
« Jésus le Nazaréen, roi des Juifs. »
Beaucoup de Juifs lurent cet écriteau,
parce que l’endroit où l’on avait crucifié Jésus était proche de la ville,
et que c’était écrit en hébreu, en latin et en grec.
Alors les grands prêtres des Juifs dirent à Pilate :
F. « N’écris pas : “Roi des Juifs” ; mais :
“Cet homme a dit : Je suis le roi des Juifs.” »
L. Pilate répondit :
A. « Ce que j’ai écrit, je l’ai écrit. »

L. Quand les soldats eurent crucifié Jésus,
ils prirent ses habits ;
ils en firent quatre parts, une pour chaque soldat.
Ils prirent aussi la tunique ;
c’était une tunique sans couture,
tissée tout d’une pièce de haut en bas.
Alors ils se dirent entre eux :
A. « Ne la déchirons pas,
désignons par le sort celui qui l’aura. »
L. Ainsi s’accomplissait la parole de l’Écriture :
Ils se sont partagé mes habits ;
ils ont tiré au sort mon vêtement.

C’est bien ce que firent les soldats.

Or, près de la croix de Jésus se tenaient sa mère
et la sœur de sa mère, Marie, femme de Cléophas,
et Marie Madeleine.
Jésus, voyant sa mère,
et près d’elle le disciple qu’il aimait,
dit à sa mère :
X « Femme, voici ton fils. »
L. Puis il dit au disciple :
X « Voici ta mère. »
L. Et à partir de cette heure-là,
le disciple la prit chez lui.
Après cela, sachant que tout, désormais, était achevé
pour que l’Écriture s’accomplisse jusqu’au bout,
Jésus dit :
X « J’ai soif. »
L. Il y avait là un récipient plein d’une boisson vinaigrée.
On fixa donc une éponge remplie de ce vinaigre
à une branche d’hysope,
et on l’approcha de sa bouche.
Quand il eut pris le vinaigre, Jésus dit :
X « Tout est accompli. »
L. Puis, inclinant la tête,
il remit l’esprit.

(Ici on fléchit le genou, et on s’arrête un instant.)

Comme c’était le jour de la Préparation (c’est-à-dire le vendredi),
il ne fallait pas laisser les corps en croix durant le sabbat,
d’autant plus que ce sabbat était le grand jour de la Pâque.
Aussi les Juifs demandèrent à Pilate qu’on enlève les corps
après leur avoir brisé les jambes.
Les soldats allèrent donc briser les jambes du premier,
puis de l’autre homme crucifié avec Jésus.
Quand ils arrivèrent à Jésus,
voyant qu’il était déjà mort,
ils ne lui brisèrent pas les jambes,
mais un des soldats avec sa lance lui perça le côté ;
et aussitôt, il en sortit du sang et de l’eau.
Celui qui a vu rend témoignage,
et son témoignage est véridique ;
et celui-là sait qu’il dit vrai
afin que vous aussi, vous croyiez.
Cela, en effet, arriva
pour que s’accomplisse l’Écriture :
Aucun de ses os ne sera brisé.
Un autre passage de l’Écriture dit encore :
Ils lèveront les yeux vers celui qu’ils ont transpercé.

Après cela, Joseph d’Arimathie,
qui était disciple de Jésus,
mais en secret par crainte des Juifs,
demanda à Pilate de pouvoir enlever le corps de Jésus.
Et Pilate le permit.
Joseph vint donc enlever le corps de Jésus.
Nicodème – celui qui, au début, était venu trouver Jésus pendant
la nuit – vint lui aussi ;
il apportait un mélange de myrrhe et d’aloès
pesant environ cent livres.
Ils prirent donc le corps de Jésus,
qu’ils lièrent de linges,
en employant les aromates
selon la coutume juive d’ensevelir les morts.
À l’endroit où Jésus avait été crucifié, il y avait un jardin
et, dans ce jardin, un tombeau neuf
dans lequel on n’avait encore déposé personne.
À cause de la Préparation de la Pâque juive,
et comme ce tombeau était proche,
c’est là qu’ils déposèrent Jésus.

– Acclamons la Parole de Dieu.

Méditation du  père Didier MAVOKA

      Nous sommes en train de vivre un moment le plus déterminant dans l’histoire de l’humanité. C’est durant ce jour que se joue la destinée de l’homme. Que serait-il arrivé à l’humanité si le Christ, sous l’instigation de ses bourreaux, avait préféré descendre de la Croix?  Que serait-il arrivé à chacun de nous si le Christ , condamné à la peine capitale , avait contourné la mort sur la Croix? Certainement, la destinée de l’humanité aurait pris une autre trajectoire. L’amour, la mort et la vie sont trois mots, trois réalités qui résument mieux les événements de cette journée du Vendredi Saint où nous célébrons la Passion et la mort de Notre Seigneur Jésus-Christ sur la Croix. L’existence de Jésus est marquée par trois verbes: Aimer, Mourir et Vivre. Ces verbes résument tous les événements que nous vivons dans la célébration de la Passion de Notre Jésus-Christ.  Le Seigneur Jésus a aimé avec une grande intensité. Il a aimé jusqu’à mourir pour ses amis. Et puisqu’il est mort en aimant les siens, il a accédé à la Vie. L’amour et la mort conduisent à la Vie.. Ainsi, le destin du Christ ressemble à celui de chaque croyant. Comme lui, le chrétien doit miser son existence sur ces trois réalités: l’amour, la mort et la vie. Pour que la vie chrétienne conserve tout son sens, il faut que ces trois réalités soient toujours associées et aient pour finalité la vie.

Car l’amour plus la mort donnent la vie. Celui qui aime jusqu’à mourir pour ses amis aura accès à la vie. Par contre, il suffit d’écarter l’un de ces réalités pour que l’existence du croyant soit dénaturée.

 Sur ce, la vie sans l’amour conduit à la Mort. Tout comme l’amour qui n’a pas la vie comme finalité conduit aussi à la Mort. L’amour, la mort et la vie, trois mots qui ont caractérisé l’existence de Jésus. Voilà les trois vocabulaires de base de notre vie chrétienne en ce Vendredi Saint. Il n’ a que l’amour sincère et vrai , l’amour qui nous dispose à nous sacrifier pour le bien des autres, l’amour qui peut nous octroyer le Bonheur et la Vie sans fin.

                Contemplons sur la Croix la plus belle preuve d’amour.

                                                                                           AMEN

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Jeudi Saint – 9 avril 2020

Évangile selon saint Jean (13, 1-15)

Avant la fête de la Pâque, sachant que l’heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père, Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout. Au cours du repas, alors que le diable a déjà mis dans le cœur de Judas, fils de Simon l’Iscariote, l’intention de le livrer, Jésus, sachant que le Père a tout remis entre ses mains, qu’il est sorti de Dieu et qu’il s’en va vers Dieu, se lève de table, dépose son vêtement, et prend un linge qu’il se noue à la ceinture ; puis il verse de l’eau dans un bassin. Alors il se mit à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge qu’il avait à la ceinture. Il arrive donc à Simon-Pierre, qui lui dit : « C’est toi, Seigneur, qui me laves les pieds ? » Jésus lui répondit : « Ce que je veux faire, tu ne le sais pas maintenant ; plus tard tu comprendras. » Pierre lui dit : « Tu ne me laveras pas les pieds ; non, jamais ! » Jésus lui répondit : « Si je ne te lave pas, tu n’auras pas de part avec moi. » Simon-Pierre lui dit : « Alors, Seigneur, pas seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête ! » Jésus lui dit : « Quand on vient de prendre un bain, on n’a pas besoin de se laver, sinon les pieds : on est pur tout entier. Vous-mêmes, vous êtes purs, mais non pas tous. » Il savait bien qui allait le livrer ; et c’est pourquoi il disait : « Vous n’êtes pas tous purs. »
Quand il leur eut lavé les pieds, il reprit son vêtement, se remit à table et leur dit : « Comprenez-vous ce que je viens de faire pour vous ? Vous m’appelez “Maître” et “Seigneur”, et vous avez raison, car vraiment je le suis. Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous. »

Méditation du frère Paul Fruchet

Jeudi saint : Le texte d’Évangile n’est pas celui de l’Eucharistie. Nous lisons le récit où Jésus lave les pieds de ses apôtres au cours du dernier repas qu’il prend avec eux.

« C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous. » Cette parole de Jésus vient en écho de celle que nous entendons à chaque eucharistie : « Faites ceci en mémoire de moi ». Célébrer l’Eucharistie comme Jésus nous a dit de le faire. Vivre le service du frère jusqu’à lui laver les pieds. Jésus met ces deux actions au même plan. Dans ces deux gestes, Jésus met entre nos mains le plus important de son message ; c’est ce que Jésus nous laisse et il désire nous voir le faire fructifier. Notre fidélité à l’Eucharistie nous donne courage et force pour vivre le service fraternel.

Jésus dépose son vêtement. Jésus prend les devants de ce qui lui arrivera le lendemain quand il sera dépouillé de ses vêtements devant la foule des moqueurs avant d’être crucifié.

Notre manière de nous habiller nous situe dans la société. Jésus vit vraiment l’incarnation, il se fait un pauvre parmi les pauvres, éprouvé comme nous par la misère et la souffrance. Dépouillés de ce qui nous distingue aux yeux des autres, nous sommes tous égaux ; seul compte ce que nous sommes réellement devant Dieu, et les uns devant les autres.

Il nous faut bien le regard de la foi pour reconnaître dans un petit morceau de pain et quelques gouttes de vin, le Corps et le sang du Christ donnés pour nous. Accepter que Dieu se fasse si petit et se donne à nous, en si peu de chose. Nous ne comprendrons vraiment ce que signifie ce mystère de l’Eucharistie que lorsque nous vivrons le service fraternel jusqu’à nous laver les pieds les uns les autres ; lorsque nous nous dépouillerons de ces habits, de cette façade que nous donnons devant les autres.

Pierre ne comprend pas – et nous non plus – Toi, le Seigneur et le Maître, me laver les pieds, faire pour moi le travail d’un esclave. Jamais ! » Je ne vous appelle plus serviteurs, je vous appelle amis. Cela ne sera possible que lorsqu’il leur aura lavé les pieds. « Il faut que l’amour s’abaisse. » La petite Thérèse de Lisieux a tout compris !

Célébrer l’Eucharistie, Vivre le service fraternel. Ces deux gestes de Jésus sont au cœur de la célébration de ce Jeudi Saint. Jésus veut que nous ayons à cœur de les renouveler, et que nous y trouvions notre bonheur : Heureux êtes-vous si vous le faites.

Faites ceci en mémoire de moi. C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez comme j’ai fait. Heureux êtes-vous si vous le faites.

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Mercredi 8 avril 2020

Évangile selon Saint Matthieu (26, 14-25)

En ce temps-là, l’un des Douze, nommé Judas Iscariote, se rendit chez les grands prêtres et leur dit : « Que voulez-vous me donner, si je vous le livre ? » Ils lui remirent trente pièces d’argent. Et depuis, Judas cherchait une occasion favorable pour le livrer. Le premier jour de la fête des pains sans levain, les disciples s’approchèrent et dirent à Jésus : « Où veux-tu que nous te fassions les préparatifs pour manger la Pâque ? » Il leur dit : « Allez à la ville, chez untel, et dites-lui : “Le Maître te fait dire : Mon temps est proche ; c’est chez toi que je veux célébrer la Pâque avec mes disciples.” » Les disciples firent ce que Jésus leur avait prescrit et ils préparèrent la Pâque. Le soir venu, Jésus se trouvait à table avec les Douze. Pendant le repas, il déclara : « Amen, je vous le dis : l’un de vous va me livrer. » Profondément attristés, ils se mirent à lui demander, chacun son tour : « Serait-ce moi, Seigneur ? » Prenant la parole, il dit : « Celui qui s’est servi au plat en même temps que moi, celui-là va me livrer. Le Fils de l’homme s’en va, comme il est écrit à son sujet ; mais malheureux celui par qui le Fils de l’homme est livré ! Il vaudrait mieux pour lui qu’il ne soit pas né, cet homme-là ! » Judas, celui qui le livrait, prit la parole : « Rabbi, serait-ce moi ? » Jésus lui répond : « C’est toi-même qui l’as dit ! » – Acclamons la Parole de Dieu.  

Méditation du père Paul Bénézit

LE SEIGNEUR MON DIEU M’A OUVERT L’OREILLE

Nous voilà déjà au cœur de la Semaine Sainte. Le piège tendu à Jésus se resserre. Son destin tragique est inéluctable. L’innocent va être livré et  condamné injustement à mort. Il va subir le supplice de la flagellation et de la crucifixion.  Tout ça pour trente pièces d’argent ? Serait-ce que le mal et la cupidité auraient eu le dernier mot ?

Certes, l’Évangile de ce jour laisse très peu de place à la lumière. Une profonde tristesse habite déjà les cœurs. C’est pourquoi je vous propose – une  fois n’est pas coutume – de prêter une attention accrue à la première lecture et au psaume. Ils sont notre lumière pour aujourd’hui. 

Isaïe prophétise en disant : « Le Seigneur mon Dieu m’a ouvert l’oreille, et moi, je ne me suis pas révolté, je ne me suis pas dérobé » (Is 50, 5). De qui parle-t-il ? De lui ? De nous, chrétiens, après 40 jours de Carême ? Nous le savons, il parle surtout de Jésus, le Fils Unique du Père, qui s’est fait « obéissant jusqu’à la mort, et la mort de la croix » (Ph 2, 8).

Voilà la Bonne Nouvelle cachée dans cet Évangile de tristesse ! Les hommes ont la nuque raide. Ils ont le cœur et les oreilles fermées. Oui, tous, sauf un, Jésus qui dans sa sainte humanité a vécu à tout instant une vie parfaitement filiale à l’égard du Père. Isaïe illustre magnifiquement cette confiance de Jésus : « Quelqu’un veut-il m’attaquer en justice ? Qu’il s’avance vers moi ! Voilà le Seigneur mon Dieu, il prend ma défense ; qui donc me condamnera ? » (Is 50, 8-9). 

A bien y regarder, nous n’assistons pas à la victoire des ténèbres mais aux prémices de la victoire de notre Seigneur ! Oui, Jésus nous précède dans la Lumière ! Sur la Croix, le Christ fait sienne la parole du psalmiste : « À mon pain, ils ont mêlé du poison ; quand j’avais soif, ils m’ont donné du vinaigre. Mais je louerai le nom de Dieu par un cantique, je vais le magnifier, lui rendre grâce » (Ps 68 (69), 22.31).

Jésus nous sauve dans la mesure où il répond à notre méchanceté par son amour infini. Il s’offre lui-même, dans un acte d’abandon et de confiance totale à l’égard du Père, en rendant grâce ! Quelle merveilleux enseignement ! 

En ce 8 avril 2020, Jésus nous dit une fois encore : « Mon temps est proche ; c’est chez toi que je veux célébrer la Pâque avec mes disciples ».

Partage d’Évangile :
Au-delà du mystère des intentions de l’apôtre Judas, la liturgie nous invite à méditer sur « l’accomplissement des Écritures », dans le concret de l’histoire des disciples et de la vie de Jésus. Ainsi nous pouvons recevoir le Salut non comme une virtualité de bonheur, mais comme un chemin de vie personnel avec Jésus…

J’ai noté la place de Judas: la somme qu’il reçoit correspond à la valeur du rachat d’un esclave; Judas participe donc à sa manière à la Libération du Péché de l’humanité… Je lisle verset 24: «malheureux celui par qui le Fils de l’homme est livré»: « Malheur à cet homme » (dans une autre traduction), est à comprendre non pas comme une malédiction mais comme une lamentation… Si cet homme n’était pas né, comment le Salut arriverait-il?

Qui va trahir Jésus? Tous les disciples se posent la question! Tous doutent de leur capacité à défendre Jésus… Nous sommes capables du meilleur et du pire! L’histoire de la violence n’est toujours pas achevée: aujourd’hui encore nous sommes capables de trahisons!

La préparation du repas pascal (aux versets 17 à 19) peut nous décrire le rôle du disciple en 3 étapes: interpeller le Seigneur et le questionner, puis écouter sa réponse, et enfin la mettre en pratique…

Entre accueil et trahison… Jésus s’invite à table, avec ses disciples. D’ailleurs qui est l’hôte? Peut-être qu’on s’invite mutuellement? Peut-être que moi-même lecteur, je suis invité à me mettre à cette table? En même temps, la Passion est proche, le Christ va être livré… Le cœur n’est pas vraiment à la fête! Les disciples se posent la question de qui va provoquer les événements éprouvants, et moi-même avec eux je peux me poser la question: de quelle façon est-ce que je soutiens ou éprouve les personnes autour de moi? Je suis sans doute un peu le traître et un peu l’hôte… que le Seigneur m’aide à faire grandir l’hôte en moi!

BONUS: Jean-Sébastien Bach a mis en musique ce tableau d’Évangile, musique dans laquelle les voix se répondent dans un rapide tumulte sonore: «Herr bin ich’s?»: «Seigneur est-ce moi?» (et suivie aussi d’un choral pacifiant sur les mêmes paroles).
Pour écouter, on peut par exemple ouvrir ce lien internet: https://www.youtube.com/watch?v=loWgBX4PHXE

L’attitude de Judas m’a touché: il vend quelqu’un pour 30 pièces d’argent! Moi aussi, ne suis-je pas trop matérialiste?? À la fin Judas ose poser lui-même la question: «Est-ce moi?» Question difficile à interpréter, qui me laisse dans le désarroi par rapport au cœur de l’homme…

Le texte nous donne le mobile de Judas pour livrer Jésus: la cupidité selon toute vraisemblance… Le repas de la Pâque doit être célébré chez une personne précise: pourquoi? Cette personne était-elle plus pieuse, plus digne de recevoir le Maître chez elle?

«Malheureux celui par qui le Fils de l’Homme est livré!» Cette affirmation me fait interpréter que celui qui livre crée son propre malheur… Dieu ne nous donne pas le malheur, mais nous pouvons nous le donner nous même…

Jésus, le Maître et le Pasteur, se fait en même temps Serviteur! Et même l’Esclave dirait saint Paul… Jésus a volontiers partagé sa table avec les publicains et les pécheurs, avec les Samaritains et les collecteurs d’impôts, et aussi les pharisiens et les scribes! Jésus partage sa table encore maintenant avec des disciples qui seront capables de l’abandonner à l’heure la plus éprouvante de sa vie… Il mange le même pain que Judas le traître… Il donne son Corps et son Sang à des Apôtres qui se chamaillent pour savoir qui est le meilleur! Oui Jésus peut être triste du contexte… Mais je veux voir qu’il est profondément heureux de se donner pour le Salut de tous, pour la Paix et l’Unité!

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Mardi 7 avril 2020

Évangile selon Saint Jean (13, 21-33.36-38)

En ce temps-là, au cours du repas que Jésus prenait avec ses disciples, il fut bouleversé en son esprit, et il rendit ce témoignage : « Amen, amen, je vous le dis : l’un de vous me livrera. » Les disciples se regardaient les uns les autres avec embarras, ne sachant pas de qui Jésus parlait. Il y avait à table, appuyé contre Jésus, l’un de ses disciples, celui que Jésus aimait. Simon-Pierre lui fait signe de demander à Jésus de qui il veut parler. Le disciple se penche donc sur la poitrine de Jésus et lui dit : « Seigneur, qui est-ce ? » Jésus lui répond : « C’est celui à qui je donnerai la bouchée que je vais tremper dans le plat. » Il trempe la bouchée, et la donne à Judas, fils de Simon l’Iscariote. Et, quand Judas eut pris la bouchée, Satan entra en lui. Jésus lui dit alors : « Ce que tu fais, fais-le vite. » Mais aucun des convives ne comprit pourquoi il lui avait dit cela. Comme Judas tenait la bourse commune, certains pensèrent que Jésus voulait lui dire d’acheter ce qu’il fallait pour la fête, ou de donner quelque chose aux pauvres. Judas prit donc la bouchée, et sortit aussitôt. Or il faisait nuit. Quand il fut sorti, Jésus déclara : « Maintenant le Fils de l’homme est glorifié, et Dieu est glorifié en lui. Si Dieu est glorifié en lui, Dieu aussi le glorifiera ; et il le glorifiera bientôt. Petits enfants, c’est pour peu de temps encore que je suis avec vous. Vous me chercherez, et, comme je l’ai dit aux Juifs : “Là où je vais, vous ne pouvez pas aller”, je vous le dis maintenant à vous aussi. » Simon-Pierre lui dit : « Seigneur, où vas-tu ? » Jésus lui répondit : « Là où je vais, tu ne peux pas me suivre maintenant ; tu me suivras plus tard. » Pierre lui dit : « Seigneur, pourquoi ne puis-je pas te suivre à présent ? Je donnerai ma vie pour toi ! » Jésus réplique : « Tu donneras ta vie pour moi ? Amen, amen, je te le dis : le coq ne chantera pas avant que tu m’aies renié trois fois. » – Acclamons la Parole de Dieu. 

Méditation du père Richard MENTION

amour et confiance ou haine et défiance ?

Aujourd’hui dans l’évangile, on peut considérer les deux personnages qui sont, au milieu de tous les autres, autour de Jésus. Tout près de lui, le visage contre son cœur, il y a le disciple que Jésus aimait. Déjà loin, loin du cœur et de la présence du Maître, se trouve Judas. L’un est prêt à toujours faire confiance et à écouter, l’autre ne s’écoute qui lui-même, sa cupidité et sa haine qui grandit. L’un est encore ouvert à la vie, l’autre est déjà dans la mort. L’un va rester dans la lumière alors que l’autre sort dans la nuit.

A travers cet évangile, une question nous est posée. Nous savons que les évangiles de ce début de semaine sainte nous sont donnés pour conforter notre foi avant les jours douloureux de la Passion. Qui voulons-nous être ? Le disciple que Jésus aimait ou le traître ? Dans nos vies, nous sommes les deux ; souvent, et fort heureusement nous plongeons dans le cœur de Jésus, goûtons et vivons de son amour, mais parfois, nous aussi sommes des traîtres, prêts à nous mettre en avant plutôt que de recevoir la vie du Christ. Beaucoup d’événements dans nos vies peuvent nous détourner de la confiance et avoir des paroles ou des actes qui sont de l’ordre de la trahison. Pourquoi ? Parce que nous sommes déçus, parce que nous ne comprenons pas tout, parce que nous sommes trop déstabilisés pour garder confiance.

De plus lorsque nous nous croyons forts, comme Pierre, nous ne devons jamais oublier notre fragilité. Pierre qui fait serment de suivre le Christ jusqu’au bout fera l’expérience de la faiblesse de son humanité. Nous pensons pouvoir donner au Christ alors que c’est lui qui nous donne. Il nous connait et avec ce que nous sommes, avec notre finitude, il nous aime et ne cesse de nous sauver. Comme nous le rappelle la première lecture, nous avons de la valeur aux yeux du Seigneur, oui tous, que nous soyons le disciple que Jésus aimait, que nous soyons Judas, Pierre ou les autres disciples, nous sommes aimés dès notre sein maternel.

Aujourd’hui, regardons en vérité les sentiments que nous éprouvons pour Jésus, n’en n’ayons pas honte, mais sachons que le Seigneur nous aime et que son amour peut nous convertir et changer notre cœur car c’est ce qu’il veut et c’est aussi ce qu’il a fait, ce qu’il fait. Durant les jours saints, grandissons dans l’amour et la confiance, laissons le Christ chasser loin de nous la haine et la défiance, grâce à son amour et à son don pour chacun de nous, aimés du Seigneur.

 LUNDI , 6 AVRIL 2020

EVANGILE  DE SAINT JEAN (12, 1-11)

Six jours avant la Pâque, Jésus vint à Béthanie où habitait Lazare, qu’il avait réveillé d’entre les morts. On donna un repas en l’honneur de Jésus. Marthe faisait le service, Lazare était parmi les convives avec Jésus. Or, Marie avait pris une livre d’un parfum très pur et de très grande valeur ; elle répandit le parfum sur les pieds de Jésus, qu’elle essuya avec ses cheveux ; la maison fut remplie de l’odeur du parfum. Judas Iscariote, l’un de ses disciples, celui qui allait le livrer, dit alors : « Pourquoi n’a-t-on pas vendu ce parfum pour trois cents pièces d’argent, que l’on aurait données à des pauvres ? » Il parla ainsi, non par souci des pauvres, mais parce que c’était un voleur : comme il tenait la bourse commune, il prenait ce que l’on y mettait. Jésus lui dit : « Laisse-la observer cet usage en vue du jour de mon ensevelissement ! Des pauvres, vous en aurez toujours avec vous, mais moi, vous ne m’aurez pas toujours. » Or, une grande foule de Juifs apprit que Jésus était là, et ils arrivèrent, non seulement à cause de Jésus, mais aussi pour voir ce Lazare qu’il avait réveillé d’entre les morts. Les grands prêtres décidèrent alors de tuer aussi Lazare, parce que beaucoup de Juifs, à cause de lui, s’en allaient, et croyaient en Jésus. – Acclamons la Parole de Dieu. 

Méditation du père Didier MAVOKA  

            Nous voici, frères et soeurs, entrés dans la Semaine Sainte où nous allons vivre les événements clés de notre foi: l’Institution de l’Eucharistie, la Passion et la mort de Notre Seigneur Jésus Christ, et enfin sa Résurrection.

L’Evangile de ce jour nous conduit encore à Béthanie.  Le dimanche de la semaine dernière, Jésus s’était rendu à Béthanie pour rendre la vie à Lazare qui venait de décéder. Alors cette fois ci, il se rend à Béthanie pour partager le repas avec Lazare, Marie et Marthe. Ce repas est organisé peut-être pour remercier Jésus du geste qu’il avait accompli à Lazare en lui redonnant la vie. Et c’est pendant ce repas que Marie, la soeur de Marthe et Lazare, en présence de tous les convives, fera un geste en aspergeant un parfum de grande valeur sur les pieds de Jésus et en les essuyant avec ses cheveux.

Qu’est-ce que Marie aurait pu donner à Jésus en signe de reconnaissance?  Par ce parfum de grande valeur, elle veut tout simplement montrer que rien , quelle que soit sa valeur , ne peut correspondre au don de la vie que Dieu nous fait.

Même si les convives présents, et surtout Judas, n’ont pas compris la signification profonde de ce geste de Marie, lequel  geste a provoqué leur irritation, agacement et récrimination, nous pouvons dire quant à nous que l’AMOUR APPELLE TOUJOURS L’AMOUR, ou aussi l’AMOUR AMENE TOUJOURS à L’AMOUR.

Ainsi, à l’exemple de Marie de Béthanie, nous voulons  en cette semaine Sainte, demeurer auprès de Jésus, notre Hôte et Maître. Nous voulons nous décentrer de nous-mêmes pour nous préoccuper seulement de lui et de lui seul, en offrant ce parfum de grande valeur, qui est bien sûr notre vie.  Nos coeurs ainsi ouverts à sa présence , nous permettront d’accueillir sans réserve le don de son immense amour pour nous sur la Croix.

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Dimanche 5 avril. Rameaux et Passion.
Nous entrons – avec Saint Matthieu- dans la Semaine de la Pâque du Seigneur.

Méditation du père Jean-Marie Richard

1 – Mt XXI, 1 à 11. Hosannah au Fils de David ! Jésus entre à Jérusalem en humble prince de la paix. Il accepte – enfin, cette fois- l’hommage de la foule qui chante …un hommage bien mélangé sans doute « au petit roi d’humilité » (est-ce le messie attendu ; la nostalgie du passé enjolivé ; l’espoir de voir l’occupant écarté ??) Jésus accueille l’hommage dans l’ambigüité des sentiments de la foule.
Quant à nous, acclamons Jésus par nos chants ; Jésus nous reçoit, avec nos sentiments mélangés ; Il rejoint notre humanité concrète, réelle, celle de tous les temps, la nôtre aujourd’hui…
Mais Toi, Jésus que nous acclamons, Tu nous demandes- chaque jour, et encore aujourd’hui : « QUI » chantez-vous, quand vous chantez vers moi, est-ce votre bonheur de chanter ?, de chanter ensemble ? de chanter Celui qui vient bousculer nos vies pour qu’elles s’ ouvrent aux appels du Père ?

2 – Lisons maintenant l’Évangile de la Passion de Jésus selon Saint Matthieu. L’évangéliste, témoin de la Résurrection ne masque pas les turpitudes, ni les violences ni aucune incohérence humaine… Mais d’abord, il regarde « Celui qui réalise tout ce qui était écrit. » et espéré. Avec l’Evangéliste, suivons les pas de Jésus, découvrons, recevons cette force d’aimer que rien n’empêche de se manifester : Son humanité totalement donnée. La Croix dévoile la nouvelle alliance divine réalisée sous nos yeux… « Philippe, celui qui m’a vu, a vu le Père » Matthieu proclame -sur la croix – Jésus Sauveur. Partagerons-nous son acte de foi ? Continuerons-nous à Lui chanter Hosannah ? ou bien voudrons-nous encore détourner nos yeux et attendre le matin de Pâques ?

3 – Nous sommes en 2020. Les ambiguïtés des sentiments humains, les injustices, les drames sanitaires… nous connaissons : la croix de Jésus présente ce quotidien vicié qui appelle notre conversion et nos engagements. Le devenir de l’alliance divine est aussi confié à nos énergies.

En ces jours de la semaine sainte notre adoration déborde des églises et des seules écritures pour rejoindre les visages de tous ces miséreux de notre quotidien : personnes handicapées, emprisonnées, refusées car venues de l’immigration, isolées devenues acariâtres, sans domicile aux jours du confinement, et tant d’autres près de chacun. Notre respect, notre tendresse et notre foi, actualisent le cri rapporté par Elie Wiesel : lors d’une pendaison publique au sein du camp de concentration, silence glacial. Soudain, brisant le silence un détenu s’écrie : « Où est-il Dieu ? » « Il est suspendu à la corde » lui répond le croyant.
Chez nous, confinés en cette semaine sainte, la lecture de la Passion illumine nos regards : accompagnons Jésus, en Son chemin de la croix, de tous ces visages d’aujourd’hui en 2020. Bonne semaine sur ce chemin de la Croix !

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Samedi 4 avril

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 11,45-57

En ce temps-là, quand Lazare fut sorti du tombeau, beaucoup de Juifs, qui étaient venus auprès de Marie et avaient donc vu ce que Jésus avait fait, crurent en lui. mais quelques-uns allèrent trouver les pharisiens pour leur raconter ce qu’il avait fait. Les grands prêtres et les pharisiens réunirent donc le Conseil suprême ; ils disaient :« Qu’allons-nous faire ? Cet homme accomplit un grand nombre de signes. Si nous le laissons faire, tout le monde va croire en lui, et les Romains viendront détruire notre Lieu saint et notre nation. » Alors, l’un d’entre eux, Caïphe, qui était grand prêtre cette année-là, leur dit : « Vous n’y comprenez rien vous ne voyez pas quel est votre intérêt : il vaut mieux qu’un seul homme meure pour le peuple, et que l’ensemble de la nation ne périsse pas. » Ce qu’il disait là ne venait pas de lui-même ; mais, étant grand prêtre cette année-là, il prophétisa que Jésus allait mourir pour la nation ; et ce n’était pas seulement pour la nation, c’était afin de rassembler dans l’unité les enfants de Dieu dispersés. À partir de ce jour-là, ils décidèrent de le tuer. C’est pourquoi Jésus ne se déplaçait plus ouvertement parmi les Juifs ; il partit pour la région proche du désert,
dans la ville d’Éphraïm où il séjourna avec ses disciples. Or, la Pâque juive était proche, et beaucoup montèrent de la campagne à Jérusalem pour se purifier avant la Pâque. Ils cherchaient Jésus et, dans le Temple, ils se disaient entre eux : « Qu’en pensez-vous ? Il ne viendra sûrement pas à la fête ! » Les grands prêtres et les pharisiens avaient donné des ordres : quiconque saurait où il était devait le dénoncer, pour qu’on puisse l’arrêter.


Méditation du frère Paul Fruchet

Le signe de la résurrection de Lazare a suscité la foi en Jésus dans le cœur de beaucoup, nous dit saint Jean. Mais pour autant, Jésus ne fait pas l’unanimité : par ses paroles et par ses actes, il étonne et pour certains, il dérange.

Parmi ceux que Jésus dérange, les grands prêtres et les Pharisiens. « Vous ne voyez donc pas quel est votre intérêt ; il vaut mieux qu’un seul homme meure pour le peuple » ; autrement dit : ‘tuez-le avant qu’il ne nous tue. Ces paroles de Caïphe peuvent nous surprendre dans la bouche d’un haut responsable religieux. En fait Caïphe déplace l’action de Jésus du domaine religieux au domaine politique : si Jésus sème le trouble dans le pays, il faut s’attendre à ce que l’occupant romain réagisse brutalement. Caïphe veut éviter que les Juifs subissent les conséquences du trouble provoqué par celui qu’il considère comme un agitateur et un homme dangereux pour la religion juive et pour la société.

En rapportant les propos cyniques et méchants de Caïphe, Jean l’évangéliste va les retourner dans un tout autre sens : «comme il était grand prêtre, il prophétisa que Jésus allait mourir pour la nation » et bien plus encore, il va mourir « pour rassembler dans l’unité les enfants de Dieu dispersés ».
Ainsi, nous sommes renvoyés à la première lecture de ce jour où le prophète annonce le retour d’exil et l’unité retrouvée de tout le peuple de Dieu.

Les notables du Temple veulent la mort de Jésus. Mais ce qui devait avoir l’apparence d’un échec devient pour Dieu le moyen de sauver l’humanité. Dieu transforme la haine en amour. Jésus le sait et il s’engage librement dans ce combat de Dieu de racheter et de sauver l’humanité.

Nous vivons le temps du carême et cette année de manière si particulière. Alors que le péché nous disperse, qu’il nous éloigne de l’amour de Dieu, qu’il fragilise notre relation à Jésus, la conversion qui nous est demandée est de réunifier notre vie, de nous recentrer sur le Christ.

Jésus est mort pour rassembler dans l’unité tous les enfants de Dieu dispersés. Nos vies de disciples de Jésus doivent aussi contribuer à rassembler, à unifier. Cela interroge notre manière de vivre dans la société et dans les communautés chrétiennes dont nous sommes membres. Quelle énergie nous mettons à rassembler, pacifier, à vivre le pardon, à accueillir celui qui est différent ? À œuvrer pour que nos communautés soient ouvertes et accueillantes, qu’elles permettent à chacun de donner le meilleur de lui-même.

Je regarde et je contemple Jésus qui a donné sa vie pour rassembler les enfants de Dieu dispersés. Je demande à Jésus de nous aider à entrer dans ce grand désir de Dieu de rassembler tous ses enfants de la terre.

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Vendredi 3 avril 2020

Évangile selon Saint Jean (10, 31-42)

En ce temps-là, de nouveau, des Juifs prirent des pierres pour lapider Jésus. Celui-ci reprit la parole : « J’ai multiplié sous vos yeux les œuvres bonnes qui viennent du Père. Pour laquelle de ces œuvres voulez-vous me lapider ? » Ils lui répondirent : « Ce n’est pas pour une œuvre bonne que nous voulons te lapider, mais c’est pour un blasphème : tu n’es qu’un homme, et tu te fais Dieu. » Jésus leur répliqua : « N’est-il pas écrit dans votre Loi : J’ai dit : Vous êtes des dieux ? Elle les appelle donc des dieux, ceux à qui la parole de Dieu s’adressait, et l’Écriture ne peut pas être abolie. Or, celui que le Père a consacré et envoyé dans le monde, vous lui dites : “Tu blasphèmes”, parce que j’ai dit : “Je suis le Fils de Dieu”. Si je ne fais pas les œuvres de mon Père, continuez à ne pas me croire. Mais si je les fais, même si vous ne me croyez pas, croyez les œuvres. Ainsi vous reconnaîtrez, et de plus en plus, que le Père est en moi, et moi dans le Père. » Eux cherchaient de nouveau à l’arrêter, mais il échappa à leurs mains. Il repartit de l’autre côté du Jourdain, à l’endroit où, au début, Jean baptisait ; et il y demeura. Beaucoup vinrent à lui en déclarant : « Jean n’a pas accompli de signe ; mais tout ce que Jean a dit de celui-ci était vrai. » Et là, beaucoup crurent en lui. – Acclamons la Parole de Dieu. 

Méditation du père Xavier GUERMONPREZ

«J’ai multiplié sous vos yeux les œuvres bonnes qui viennent du Père.» dit Jésus aux Juifs qui l’accusent… Ces phrases viennent conclure le chapitre dix de l’Évangile de saint Jean, dans lequel Jésus se présente comme le bon pasteur, le vrai berger! La réponse des Juifs ne se fait pas attendre: ils veulent le lapider pour la septième fois! Ils l’accusent de blasphème, car il se déclare de rang divin, et pourtant lui s’appuie sur les Écritures… Après les passages de ces jours derniers (Jean 7 et 8), nous continuons de découvrir ce « dialogue de sourds » entre Jésus et ses contradicteurs.

Nous pouvons deviner que saint Jean profite de cet énième débat théologique pour nous affirmer deux choses essentielles dans ce chapitre. D’abord Dieu nous aime immensément, Il nous connaît personnellement et nous appelle chacun par son nom (Jn 10,3); Il sait se faire reconnaître et nous guide vers des lieux nourrissants pour notre foi (Jn 10,4). Et puis Dieu fait de nous ses propres enfants, héritiers du Royaume, sauvés par le don de son Fils bien-aimé sur la croix, associés à son action de création de tout l’univers! Comment ne pas aimer un tel Berger? Les Juifs ont bien tort de discutailler sur les lois et de se boucher les yeux sur le don de Dieu! Pour nous aujourd’hui, croyons au moins les œuvres: regardons les fruits que produisent la mise en pratique de la parole de Dieu! Cela pourra peut-être nous préparer à accueillir la déconcertante nouvelle de la Résurrection…

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 Jeudi 2 avril 2020

Évangile selon Saint Jean( 8, 51-59)

En ce temps-là, Jésus disait aux Juifs : « Amen, amen, je vous le dis : si quelqu’un garde ma parole, jamais il ne verra la mort. » Les Juifs lui dirent : « Maintenant nous savons bien que tu as un démon. Abraham est mort, les prophètes aussi, et toi, tu dis : “Si quelqu’un garde ma parole, il ne connaîtra jamais la mort.” Es-tu donc plus grand que notre père Abraham ? Il est mort, et les prophètes aussi sont morts. Pour qui te prends-tu ? » Jésus répondit : « Si je me glorifie moi-même, ma gloire n’est rien ; c’est mon Père qui me glorifie, lui dont vous dites : “Il est notre Dieu”, alors que vous ne le connaissez pas. Moi, je le connais et, si je dis que je ne le connais pas, je serai comme vous, un menteur. Mais je le connais, et sa parole, je la garde. Abraham votre père a exulté, sachant qu’il verrait mon Jour. Il l’a vu, et il s’est réjoui. » Les Juifs lui dirent alors : « Toi qui n’as pas encore cinquante ans, tu as vu Abraham ! » Jésus leur répondit : « Amen, amen, je vous le dis : avant qu’Abraham fût, moi, JE SUIS. » Alors ils ramassèrent des pierres pour les lui jeter. Mais Jésus, en se cachant, sortit du Temple. – Acclamons la Parole de Dieu. 

Méditation du père Stanislas de Christen

Aujourd’hui j’aimerais vous emmener faire une expérience moins méditative mais jouer avec les lettres… et les lettres en hébreu (ne vous inquiétez pas je les traduirai en forme latine).
« Es-tu donc plus grand que notre père Abraham ? » A cette question, la réponse de Jésus est : « Amen, amen, je vous le dis : avant qu’Abraham fût, moi, JE SUIS. »
Quel est le lien entre le nom d’Abraham et JE SUIS ?
D’abord regardons l’histoire du nom d’Abraham. Au début de l’histoire d’Abraham dans le livre de la Genèse, il s’appelait ABRAM. Au chapitre 17, Dieu fait alliance avec Abram et comme signe il l’appelle AbraHam. En lui donnant un nouveau nom, le Seigneur signifie que quelque chose de nouveau commence pour lui et sa descendance dans cette alliance.
Dieu ajoute dans son nom la lettre H. Ce n’est pas n’importe quelle lettre c’est une des lettres du tétragramme, du nom de Dieu YHWH qu’il donnera à Moïse lors de sa rencontre au buisson ardent.
Dieu a mis une partie de son nom dans le nom d’Abram, il lui a donné en quelque sorte une partie de sa divinité, en l’appelant AbraHam
Mais face à ceux qui se présentent comme les descendants d’Abraham, Jésus lui se présente comme JE SUIS. Ce fameux JE SUIS est la traduction du tétragramme YHWH qui correspond à la racine du verbe être. Jésus se nomme lui-même avec le nom de Dieu, il a donc bien plus qu’une lettre du nom de Dieu, il a toutes les lettres car il est Dieu ! Qui peut donner son identité en disant « je suis » sans ajouter des renseignements ? A part Dieu ?
Alors cette parole de Jésus : « Amen, amen, je vous le dis : si quelqu’un garde ma parole, jamais il ne verra la mort. » peut être accueillie dans la foi, car j’accueille celui qui donne la vie car il est Dieu, qui donne sa vie pour que nous soyons des ressuscités comme nous le célébrons à Pâques !

Intentions de prière:
Dieu notre Père, ton Fils Jésus sur la croix a uni le ciel et la terre. Permets-nous d’accueillir sa Parole de Vie, une parole toujours nouvelle, et de la garder dans notre cœur. Que ton Esprit-Saint nourrisse en nous le désir de te connaître davantage.

Seigneur Jésus, invite-nous à nous réjouir de te voir un jour, à l’exemple d’Abraham.

Seigneur, je te confie tous ceux qui doutent de ta présence, qui refusent d’accueillir ta parole comme une Parole de Vie: ceux qui veulent croire mais n’y arrivent pas; et ceux qui croient en toi sans te connaître.

Seigneur Jésus, j’accueille avec joie tes paroles de vie, tes gestes de miséricorde et tes attitudes de confiance. Aide-moi à les traduire tout au long de ce jour pour celles et ceux que j’aime.

Dieu notre Père, je te confie ma préoccupation pour toutes les personnes malades et isolées. Soutiens-les davantage par ton Esprit de réconfort et de paix. Inspire-leur tout le soin dont nous voudrions les entourer.

Seigneur, je te rends grâce pour ce jour nouveau, pour ceux qui retrouvent la santé après leur maladie. Je te confie tous ceux qui souffrent actuellement dans leur âme ou dans leur corps. Viens à notre secours. Amen.

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Mercredi 1er avril 2020

Évangile selon Saint Jean (8, 31-42)

En ce temps-là, Jésus disait à ceux des Juifs qui croyaient en lui : « Si vous demeurez fidèles à ma parole, vous êtes vraiment mes disciples ; alors vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres. » Ils lui répliquèrent : « Nous sommes la descendance d’Abraham, et nous n’avons jamais été les esclaves de personne. Comment peux-tu dire : “Vous deviendrez libres” ? » Jésus leur répondit : « Amen, amen, je vous le dis : qui commet le péché est esclave du péché. L’esclave ne demeure pas pour toujours dans la maison ; le fils, lui, y demeure pour toujours. Si donc le Fils vous rend libres, réellement vous serez libres. Je sais bien que vous êtes la descendance d’Abraham, et pourtant vous cherchez à me tuer, parce que ma parole ne trouve pas sa place en vous. Je dis ce que moi, j’ai vu auprès de mon Père, et vous aussi, vous faites ce que vous avez entendu chez votre père. » Ils lui répliquèrent : « Notre père, c’est Abraham. » Jésus leur dit : « Si vous étiez les enfants d’Abraham, vous feriez les œuvres d’Abraham. Mais maintenant, vous cherchez à me tuer, moi, un homme qui vous ai dit la vérité que j’ai entendue de Dieu. Cela, Abraham ne l’a pas fait. Vous, vous faites les œuvres de votre père. » Ils lui dirent : « Nous ne sommes pas nés de la prostitution ! Nous n’avons qu’un seul Père : c’est Dieu. » Jésus leur dit : « Si Dieu était votre Père, vous m’aimeriez, car moi, c’est de Dieu que je suis sorti et que je viens. Je ne suis pas venu de moi-même ; c’est lui qui m’a envoyé. » – Acclamons la Parole de Dieu. 

Méditation du père Paul Bénézit

LA VERITE VOUS RENDRA LIBRES

Les débats, que dis-je, les querelles sur la liberté ne datent pas d’hier !

  • « Dis-moi quel est ton Maître et je te dirai si tu es (vraiment) libre. »

 Ce temps de confinement est une bonne occasion pour parler de liberté. Alors que nous n’avons plus la liberté de nous déplacer, de travailler, de recevoir les soins ordinaires, de veiller nos proches dans leurs derniers instants… nous nous interrogeons. Quelle est cette liberté que tu veux nous enseigner Seigneur ? Je relèverai trois points pour notre méditation de ce jour.

Tout d’abord, Jésus nous révèle que nous sommes faits pour la liberté. Ceux qui pensent que la morale chrétienne est un carcan qui n’a été imaginé que pour brimer et frustrer les âmes n’ont vraiment rien compris. La vie chrétienne est une vie de grande et profonde liberté. « Aime et fais ce que tu veux » enseignait Saint Augustin. Nous sommes libres à chaque fois que nous aimons.

Jésus nous révèle ensuite qu’il n’y a pas de liberté (vraie) sans LIBERATION. Notre cœur est divisé ! C’est le drame du péché. Comme le rappelle le pape François dans Laudato Si, nous manquons d’amour dans les trois relations fondamentales de notre existence : avec Dieu, avec notre prochain, avec la Création qui nous est confiée ! « Maintenant vous cherchez à me tuer » nous dit Jésus dans l’Évangile. A chaque fois que nous n’aimons pas, nous cherchons à étouffer notre Seigneur qui veut parler à notre cœur. Allons, n’attendons pas plus longtemps pour reconnaître nos esclavages multiples et si bien cachés. Comment faire me direz-vous ? C’est en contemplant le Christ entrer en relation par exemple avec la Samaritaine, ou encore avec la femme adultère que nous nous rendrons compte par contraste de nos manques de liberté intérieure, de nos manques d’amour, de notre péché.

Jésus nous gratifie enfin d’une promesse. « Réellement vous serez libres ! ». Il est formidable de prendre conscience que cette promesse est adressée à TOUS sans aucune distinction. Il suffit pour cela de demeurer fidèle à la parole du Christ, d’être vraiment ses disciples, et enfin de s’abandonner à la vérité qu’Il nous communique. C’est très important ! Être chrétien, ce n’est pas détenir la vérité. La vérité est une personne, la personne du Christ. Or, personne ne peut mettre la main sur le Christ. On n’a jamais fini de Le découvrir, de mieux le connaître. Être chrétien c’est plutôt consentir à laisser LA VERITE (le Christ) nous détenir ! Il veut nous prendre par la peau du cou (délicatement) et nous montrer les verts pâturages vers lesquels Il veut nous conduire, Lui qui est notre Unique Berger, notre Maître.

Intentions de prière:

Seigneur, fais-nous connaître la Vérité qui rend libre!

Seigneur, tu m’invites à accueillir la vérité de l’autre, même quand elle me dérange, car elle peut être signe de son amour. Seigneur, tu m’invites à être vrai pour mieux aimer les autres… Seigneur, aide-moi à dire la vérité avec amour!

Seigneur, donne-moi de demeurer fidèle à ta Parole.

Pour faire tes œuvres, Seigneur, je peux compter sur ta parole. Elle est la Lumière qui guide mes pas. Elle me rapproche de toi et donc de mes frères.

Dieu notre Père, donne-moi ton regard plein d’espérance, afin que je puisse regarder le monde avec le cœur plein de miséricorde et l’esprit assoiffé de vérité.

Quand je cherche la Lumière, quand je quête une lueur d’espoir, quand je m’essouffle dans la solitude, Seigneur rejoins-moi!

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Mardi 31 mars 2020

Évangile selon Saint Jean (8, 21-30)

En ce temps-là, Jésus disait aux Pharisiens : « Je m’en vais ; vous me chercherez, et vous mourrez dans votre péché. Là où moi je vais, vous ne pouvez pas aller. » Les Juifs disaient : « Veut-il donc se donner la mort, puisqu’il dit : “Là où moi je vais, vous ne pouvez pas aller” ? » Il leur répondit : « Vous, vous êtes d’en bas ; moi, je suis d’en haut. Vous, vous êtes de ce monde ; moi, je ne suis pas de ce monde. C’est pourquoi je vous ai dit que vous mourrez dans vos péchés. En effet, si vous ne croyez pas que moi, JE SUIS, vous mourrez dans vos péchés. » Alors, ils lui demandaient : « Toi, qui es-tu ? » Jésus leur répondit : « Je n’ai pas cessé de vous le dire. À votre sujet, j’ai beaucoup à dire et à juger. D’ailleurs Celui qui m’a envoyé dit la vérité, et ce que j’ai entendu de lui, je le dis pour le monde. » Ils ne comprirent pas qu’il leur parlait du Père. Jésus leur déclara : « Quand vous aurez élevé le Fils de l’homme, alors vous comprendrez que moi, JE SUIS, et que je ne fais rien de moi-même ; ce que je dis là, je le dis comme le Père me l’a enseigné. Celui qui m’a envoyé est avec moi ; il ne m’a pas laissé seul, parce que je fais toujours ce qui lui est agréable. » Sur ces paroles de Jésus, beaucoup crurent en lui.

Méditation du père Richard MENTION

Vous, vous êtes d’en bas ; moi je suis d’en haut…

et pourtant la rencontre est possible. Non seulement elle est possible, mais elle est voulue et elle a lieu. Celui qui est d’en haut vient de Dieu, c’est son Fils. Ceux qui sont d’en bas, ce sont les hommes, « de ce monde », oui, mais aussi de Dieu, créés par Dieu. Croire en Jésus, c’est croire qu’IL EST. L’accueillir dans nos vies, c’est croire que nous sommes. Nous comptons pour Dieu, nous comptons pour le Christ, c’est pourquoi si nous sommes piqués par « des serpents à la morsure brûlante », il veut que nous restions en vie en portant notre regard vers en haut, pas seulement « un serpent de bronze » mais la croix où la Vie nous est donnée car le Christ est « élevé ».

Notre monde est piqué par un virus qui sème la mort. Nous sommes invités alors à regarder avec foi le Christ élevé de terre. Le Pape François nous l’a rappelé lors de la magnifique liturgie de vendredi dernier : « Seigneur, tu nous adresses un appel, un appel à la foi qui ne consiste pas tant à croire que tu existes, mais à aller vers toi et à se fier à toi ». L’évangile d’aujourd’hui se termine par ces mots : « sur ces paroles de Jésus, beaucoup crurent en lui » et la première lecture montre aussi la foi et l’espérance des Hébreux en la parole de Dieu qui sauve (et non le serpent attaché au mât). Gardons tous aussi cette même foi.

La croix est un sommet, celui de la vie de Jésus, de ses paroles et de ses œuvres de salut, mais aussi celui de notre propre vie. Là on atteint le sommet du service de l’amour du Christ pour nous. Nous sommes entrés depuis hier dans le temps de la Passion durant lequel nous avons à regarder la croix et le Christ qui fait corps avec elle pour que nous fassions corps avec lui. Alors, le Christ qui est d’en haut mais qui est descendu vers nous, nous fait monter, nous élève, nous qui sommes d’en bas, vers Dieu et la vie qu’il ne cesse de nous offrir.

Quelle magnifique invitation à croire ! En Jésus venu sauver, « attirer à lui » tous les hommes ; en Dieu qui ne laisse pas son Fils seul et ne nous laissera pas non plus dans une désespérance ; en l’homme appelé à passer de ce monde au Père, d’en bas à plus haut, jusqu’en haut, jusqu’à Dieu. Jésus est le trait d’union, le trait de (comm-)union entre Dieu et nous et cette union s’appelle la Vie.

Intentions de prière:

Seigneur Jésus, toi qui ne cesse de nous rejoindre dans nos chutes les plus basses pour nous relever ; conduis-nous vers le Père, alors nous pourrons te rendre gloire

Seigneur, apprends-nous à te connaitre davantage, merci pour ta parole qui nous inspire, je te confie toutes les personnes qui annoncent qui TU ES.

Seigneur, aide nous à découvrir et à a accueillir tous ceux qui croient en toi et qui n’ont pas toujours les mots, les bonnes expressions pour dire leur foi et qui pourtant disent à leur manière que Jésus EST.

Seigneur Jésus, donne-nous la vie en reconnaissant que tu es Dieu.

Seigneur Jésus, tu n’es pas de ce monde mais moi oui! Je te prie de m’éclairer de ta Parole et de m’accompagner de ton Esprit, pour que je sois de plus en plus solidaire de ce monde, et que faisant ainsi mon expérience humaine je me rapproche de toi!

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Méditation du lundi 30 mars

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là, Jésus disait aux pharisiens : « Moi, je suis la lumière du monde. Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, il aura la lumière de la vie. » Les pharisiens lui dirent alors : « Tu te rends témoignage à toi-même, ce n’est donc pas un vrai témoignage. » Jésus leur répondit : « Oui, moi, je me rends témoignage à moi-même, et pourtant mon témoignage est vrai, car je sais d’où je suis venu, et où je vais ; mais vous, vous ne savez ni d’où je viens, ni où je vais. Vous, vous jugez de façon purement humaine. Moi, je ne juge personne. Et, s’il m’arrive de juger, mon jugement est vrai parce que je ne suis pas seul : j’ai avec moi le Père, qui m’a envoyé. Or, il est écrit dans votre Loi que, s’il y a deux témoins, c’est un vrai témoignage. Moi, je suis à moi-même mon propre témoin, et le Père, qui m’a envoyé, témoigne aussi pour moi. » Les pharisiens lui disaient : « Où est-il, ton père ? » Jésus répondit : « Vous ne connaissez ni moi ni mon Père ; si vous me connaissiez, vous connaîtriez aussi mon Père. » Il prononça ces paroles alors qu’il enseignait dans le Temple, à la salle du Trésor. Et personne ne l’arrêta, parce que son heure n’était pas encore venue.

Méditation du père Julien Tellier

Aujourd’hui encore, Jésus enseigne dans le Temple de Jérusalem. Les scribes et les pharisiens viennent lui présenter un « cas d’école », qu’il soumet à son discernement moral : une femme a été surprise en situation d’adultère, que faut-il faire ?

Les religieux viennent questionner Jésus, ils sont à un carrefour, faut-il choisir la route qui mène vers la vie, ou celle qui conduit à la mort ? Malheureusement, leur choix est déjà fait, cette femme doit mourir, par lapidation conformément à la loi de Moïse. Ils sont certains de leur décision, il faut prendre le chemin de la mort. Mais leur hypocrisie les empêche de discerner quelle est véritablement la volonté du Seigneur. Ils sélectionnent l’enseignement qui les arrange en oubliant soigneusement les autres, et surtout le « tu ne tueras pas » qui fait partie des dix commandements donné par Dieu à Moïse.

Jésus est lui aussi à un carrefour, mais contrairement aux scribes et aux pharisiens, il choisi la route qui mène à la vie. Son attitude est tout autre, au lieu de répondre immédiatement, il prend le temps du discernement et de l’humilité. Il s’abaisse jusqu’à l’humus, la terre pour tracer sur le sol l’unique commandement qui récapitule toute la Loi : « tu aimeras le Seigneur ton Dieu et ton prochain comme toi-même ». C’est ce commandement qui l’aidera à discerner.

Plutôt que de donner une réponse toute faite à ceux qui l’interrogent, Jésus les renvoie à leur conscience en leur permettant de vivre une introspection : « que celui qui n’a jamais péché lui jette une pierre ». De nouveau les scribes et les pharisiens sont à un carrefour, mais cette fois-ci ils décident d’emprunter un autre chemin. Ce sont les plus âgés qui reconnaissent qu’il y a eu bien des moments dans leur vie où tout n’était pas ajusté : ils se reconnaissent pêcheurs, c’est la sagesse des anciens sans doute !

Quant à la femme, elle est réintégrée dans sa dignité, dans sa liberté et dans la vie par Jésus : « va et désormais ne pèche plus ». Merveille que ce Dieu qui pardonne tout en rappelant l’exigence de la Loi, qui libère des fardeaux pour aller vers le chemin de la vie.
Nous sommes nous aussi confrontés à des choix cruciaux, c’est le temps du discernement, où il faut prendre la meilleure décision en conscience.

Avec Jésus, nous sommes à un carrefour. A ce moment-là, la voix du Seigneur résonne dans notre conscience : « je mets devant toi la vie ou la mort, la bénédiction ou la malédiction. Choisis donc la vie ».

Dimanche 29 mars 2020

Homélie du 5è dimanche du Carême : La Résurrection de Lazare

Évangile selon Saint Jean (11, 3-7.17.20-27.33b-45)

En ce temps-là, Marthe et Marie, les deux sœurs de Lazare, envoyèrent dire à Jésus : « Seigneur, celui que tu aimes est malade. » En apprenant cela, Jésus dit : « Cette maladie ne conduit pas à la mort, elle est pour la gloire de Dieu, afin que par elle le Fils de Dieu soit glorifié. » Jésus aimait Marthe et sa sœur, ainsi que Lazare. Quand il apprit que celui-ci était malade, il demeura deux jours encore à l’endroit où il se trouvait. Puis, après cela, il dit aux disciples : « Revenons en Judée. » À son arrivée, Jésus trouva Lazare au tombeau depuis quatre jours déjà. Lorsque Marthe apprit l’arrivée de Jésus, elle partit à sa rencontre, tandis que Marie restait assise à la maison. Marthe dit à Jésus : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. Mais maintenant encore, je le sais, tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l’accordera. » Jésus lui dit : « Ton frère ressuscitera. » Marthe reprit : « Je sais qu’il ressuscitera à la résurrection, au dernier jour. » Jésus lui dit : « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ; quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? » Elle répondit : « Oui, Seigneur, je le crois : tu es le Christ, le Fils de Dieu, tu es celui qui vient dans le monde. » Jésus, en son esprit, fut saisi d’émotion, il fut bouleversé, et il demanda : « Où l’avez-vous déposé ? » Ils lui répondirent : « Seigneur, viens, et vois. » Alors Jésus se mit à pleurer. Les Juifs disaient : « Voyez comme il l’aimait ! » Mais certains d’entre eux dirent : « Lui qui a ouvert les yeux de l’aveugle, ne pouvait-il pas empêcher Lazare de mourir ? » Jésus, repris par l’émotion, arriva au tombeau. C’était une grotte fermée par une pierre. Jésus dit : « Enlevez la pierre. » Marthe, la sœur du défunt, lui dit : « Seigneur, il sent déjà ; c’est le quatrième jour qu’il est là. » Alors Jésus dit à Marthe : « Ne te l’ai-je pas dit ? Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu. » On enleva donc la pierre. Alors Jésus leva les yeux au ciel et dit : « Père, je te rends grâce parce que tu m’as exaucé. Je le savais bien, moi, que tu m’exauces toujours ; mais je le dis à cause de la foule qui m’entoure, afin qu’ils croient que c’est toi qui m’as envoyé. » Après cela, il cria d’une voix forte : « Lazare, viens dehors ! » Et le mort sortit, les pieds et les mains liés par des bandelettes, le visage enveloppé d’un suaire. Jésus leur dit : « Déliez-le, et laissez-le aller. » Beaucoup de Juifs, qui étaient venus auprès de Marie et avaient donc vu ce que Jésus avait fait, crurent en lui.

Méditation du Père Didier MAVOKA                          

 Nous nous trouvons en face d’un récit dont le cadre, les noms, le contexte jouissent d’une valeur on ne peut plus symbolique.

Lazare ( Eléazar en hébreu) signifie  » Que Dieu ait pitié ». Il représente ici tout homme qui invoque la miséricorde de Dieu.

Béthanie (Beth   ani ) , le village de Lazare, peut se traduire , littéralement, par « Maison de détresse « . Ce village est le symbole de toutes les maisons frappées par le deuil, la détresse, comme notre monde aujourd’hui frappé par le COVID 19.

Le séjour de 4 jours au tombeau ( Jean 11, 17 ) met en relief le caractère désespéré voire dramatique du récit. En effet, chez les juifs, l’espérance de la résurrection est possible jusqu’à 3 jours après la mort. Dépassé ce délai, l’âme , qui jusque là rodait autour du corps, s’en éloigne définitivement, et la résurrection devient inconcevable. Alors en ressuscitant Lazare le quatrième jour,  Jésus , manifeste son autonomie et sa puissance agissant même à l’encontre de certains principes traditionnels juifs.

Ce récit de la résurrection de Lazare préfigure la Résurrection de Jésus. Celui qui a ressuscité Lazare devra logiquement être ressuscité lui aussi.

                              De Béthanie à Béthanie

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 Quand Jésus reçoit la nouvelle relative à la dégradation de la santé de Lazare, il se trouve là où Jean-Baptiste  baptisait, au-delà du Jourdain (Jean 10, 40). Ce territoire s’appelle aussi Béthanie , selon Jean 1, 28. Jésus doit donc quitter la Béthanie de Jean-Baptiste pour se rendre à Béthanie de Lazare. Entre les 2 Béthanie ( maison de détresse) , Jésus doit effectuer un voyage à haut risque. Les disciples l’en préviennent:  » Rabbi, tout récemment les juifs cherchaient à te lapider, et tu retournes là-bas. ( Jean 11, 8). En décidant de s’y rendre, Jésus s’expose à la mort pour sauver Lazare de la mort.

Tout comme en ressuscitant Lazare, Jésus a supprimé la détresse qui régnait dans cette maison de détresse qu’est Béthanie.

Et Marie, la soeur de Lazare, quand elle a appris que Jésus venait d’arriver, elle accourut auprès de lui et lui dit: « Seigneur, si tu as été ici, mon frère ne serait pas mort ».

L’attitude de Marie est l’attitude de tous ceux qui sont dans la peine et la désespérance.  Laquelle désespérance qui habite certains d’entre nous ces jours ci en apprenant le nombre de morts que le Covid 19 occasionne dans nos hôpitaux, maisons de retraite ces derniers temps, et dans certains pays voisins au nôtre. Nous nous retrouvons apeurés et même perdus. C’est là que nous expérimentons notre fragilité. Mais Jésus dit à chacun d’entre nous les confinés, comme il l’a dit à Marie, la soeur de Lazare :   « NE TE L’AI-JE PAS DIT? SI TU CROIS, TU VERRAS LA GLOIRE DE DIEU. »

                                  Ayons seulement confiance en lui car il peut TOUT.

                      Bonne montée vers Pâques à vous tous, et bon courage

 

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Samedi 28 mars. Evangile de St Jean  (7, v 40 à 53)

 En ce temps-là, Jésus enseignait au temple de Jérusalem. Dans la foule, on avait entendu ses paroles, et les uns disaient : « C’est vraiment lui, le Prophète annoncé ! » D’autres disaient : « C’est lui le Christ ! » Mais d’autres encore demandaient : « Le Christ peut-il venir de Galilée ? L’Écriture ne dit-elle pas que c’est de la descendance de David et de Bethléem, le village de David, que vient le Christ ? » C’est ainsi que la foule se divisa à cause de lui. Quelques-uns d’entre eux voulaient l’arrêter, mais personne ne mit la main sur lui. Les gardes revinrent auprès des grands prêtres et des pharisiens, qui leur demandèrent : « Pourquoi ne l’avez-vous pas amené ? » Les gardes répondirent : « Jamais un homme n’a parlé de la sorte ! » Les pharisiens leur répliquèrent : « Alors, vous aussi, vous vous êtes laissé égarer ? Parmi les chefs du peuple et les pharisiens, y en a-t-il un seul qui ait cru en lui ? Quant à cette foule qui ne sait rien de la Loi, ce sont des maudits ! » Nicodème, l’un d’entre eux, celui qui était allé précédemment trouver Jésus, leur dit : « Notre Loi permet-elle de juger un homme sans l’entendre d’abord pour savoir ce qu’il a fait ? » Ils lui répondirent : « Serais- tu, toi aussi, de Galilée ? Cherche bien, et tu verras que jamais aucun prophète ne surgit de Galilée ! » Puis ils s’en allèrent chacun chez soi.

Méditation du père Jean-Marie RICHARD

Aujourd’hui, le texte porte la marque du drame qui vient :Le procès de Jésus est  commencé. L’évangéliste présente des attitudes contrastées  plus encore que des camps bien délimités.                                  Il y a des accusateurs qui finiront par obtenir  la mise à mort de Jésus. Ils lui reprochent sa liberté de gestes et de parole.. Leur argumentation est liée à leur lecture de la bible. « Le Christ peut-Il venir de Galilée, » .. un recours à l’écrit biblique, comme si tout était déjà bien cadré par les écrits antérieurs ;

Il y a les gardes, envoyés pour l’arrêter et revenus sans Jésus : « Jamais un homme n’a parlé comme cet homme » Ils connaissent moins les écrits, mais ils reçoivent  avec cœur le témoignage de Jésus tel qu’Il leur vient.

Il y a Nicodème, un peu craintif…Notre Loi, permet-elle  de ne pas savoir ce qu’Il a fait.

Évidemment, il s’agit aussi de nous ; En 2020, notre lecture de l’Écriture accueille-t-elle  dans  les évènements qui  surviennent ,  une Nouveauté  du Don de l’Esprit-Saint ?  Notre émotion d’un moment a-t-elle aussi  recours à la Parole qui vient éclairer nos chemins ?  

 Aujourd’hui, en ce confinement… comment m’est-il possible  d’accueillir LA Nouvelle, Bonne , que l’Esprit ne cesse de nous  présenter ? Qu’est-ce qui va m’aider à relire avec foi vivante et nouvelle, ce que l’actualité  place au menu de ce jour ?

Partage d’intentions de prière:
Seigneur que notre pastorale permette aux petits et pauvres de partager ta parole pour qu’ils nous éclairent de leur sagesse, de leur intelligence et nous aident ainsi à accueillir ta parole de vie, ta parole vraie.

Seigneur, donne-moi le goût de ta parole que j’y puise la nourriture pour être davantage disciple et fais de moi un missionnaire audacieux, qui n’a pas peur d’annoncer à tous le Christ.


Merci Seigneur de révéler à de simples gardes ce qui reste obscur pour des chefs des prêtres!

Seigneur, je te confie tous ceux et celles qui en ce temps de confinement subissent des violences verbales ou physiques., ceux qui donnent de leur temps au service des autres en risquant leur propre vie. Que ce temps de confinement nous aide à être en communion avec les malades qui sont condamnés à rester toute leur vie sur un lit sans être capables de bouger.

Merci Seigneur pour ta Parole qui me rejoint chaque jour. Elle fait ma joie, elle me rapproche de toi, elle me conseille et m’anime!

Pardon Seigneur pour ma surdité, quand je me ferme à des propositions pastorales, juste parce qu’elles me font peur ou me dérangent dans mon humanité.

Seigneur aide-moi à voir en chaque personne rencontrée, en chaque collègue, en chaque voisin, une personne que tu aimes avant tout

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Vendredi 27 mars 2020 Évangile selon Saint Jean (7, 1-2.10.14.25-30)

En ce temps-là, Jésus parcourait la Galilée : il ne voulait pas parcourir la Judée car les Juifs cherchaient à le tuer. La fête juive des Tentes était proche. Lorsque ses frères furent montés à Jérusalem pour la fête, il y monta lui aussi, non pas ostensiblement, mais en secret. On était déjà au milieu de la semaine de la fête quand Jésus monta au Temple ; et là il enseignait. Quelques habitants de Jérusalem disaient alors : « N’est-ce pas celui qu’on cherche à tuer ? Le voilà qui parle ouvertement, et personne ne lui dit rien ! Nos chefs auraient-ils vraiment reconnu que c’est lui le Christ ? Mais lui, nous savons d’où il est. Or, le Christ, quand il viendra, personne ne saura d’où il est. » Jésus, qui enseignait dans le Temple, s’écria : « Vous me connaissez ? Et vous savez d’où je suis ? Je ne suis pas venu de moi-même : mais il est véridique, Celui qui m’a envoyé, lui que vous ne connaissez pas. Moi, je le connais parce que je viens d’auprès de lui, et c’est lui qui m’a envoyé. » On cherchait à l’arrêter, mais personne ne mit la main sur lui parce que son heure n’était pas encore venue.

Méditations du frère Paul Fruchet

Nous pouvons être étonnés de voir l’attitude de Jésus dans cette page d’Évangile. Au début, il ne part pas à la fête à Jérusalem avec les autres. Puis, il y a va mais secrètement. Et finalement, il parle haut et fort. Jésus n’a pas cherché la mort ; mais Jésus ne s’est pas dérobé à sa mission. Dans notre vie de disciple de Jésus, nous n’avons pas à chercher la provocation, et cependant, notre mission exige de ne pas cacher le témoignage que nous avons à donner. « Vous me connaissez ? Vous savez d’où je suis? » Qui est Jésus ? Les évangélistes ont été écrits précisément pour répondre à cette question. Nous lisons régulièrement les Évangiles pour mieux connaître Jésus . Jésus lui-même a posé la question à ses apôtres ; « Pour vous, qui suis-je ? » Cette question nous est posée à chacun de nous ; qui est Jésus pour moi ? Ma réponse est importante pour savoir comment Jésus donne un sens à ma vie, à mon engagement de citoyen et de chrétien. Les contemporains de Jésus ont eu du mal à répondre à cette question, à reconnaître en lui l’envoyé de Dieu. Ce qu’il voyait de Jésus, ce qu’il savait de lui ne correspondait pas à l’image qu’ils avaient de Jésus. Jésus se faisait voir à eux sous des traits qui leur semblaient trop vraiment familiers : il avait l’accent de sa Galilée natale, il parlait avec des images et des comparaisons de la vie de tous les jours ; il parlait d’humilité, de petitesse, de simplicité. Pour nous aussi, Jésus ne correspond pas toujours à ce que nous attendons. Il ne nous est pas facile, ni évident de reconnaître Jésus dans le petit, le faible, l’opprimé. Il nous invite à le connaître et le servir dans celui qui vient chez nous et qui est étranger et qui n’a la même culture, dans celui qui ne me plaît pas. Jésus lui-même s’efface devant « Celui qui m’a envoyé et que vous ne connaissez pas ». Jésus a la passion de nous faire connaître le Père. Sa vie et son message veulent nous faire connaître et aimer ce Père qui nous aime et veut notre bonheur. Jésus lui-même nous invite à enseigner par l’Esprit Saint et à le laisser prier en nous Dieu notre Père.

Partage d’intentions de prière:

Merci Seigneur pour ta Parole de vie. Donne-nous davantage de te connaître. Je te prie pour tous ceux qui sont dans le doute et qui se détournent de toi.

Seigneur, tu nous invites à approfondir notre relation à toi, pour mieux te connaître, pour mieux nous connaître et ainsi faire grandir notre identité de chrétiens, créés à ton image: pleinement hommes, et vivants à la manière du Christ ressuscité pour tous les hommes.

Seigneur Jésus-Christ, permets-nous de te connaître chaque jour davantage.

Jésus, tu n’es pas seul dans le Temple! Nous sommes une foule autour de toi… pour transformer ce monde et l’offrir à Dieu notre Père, comme une prière de reconnaissance unanime.

Seigneur Christ, merci pour ton Esprit de sagesse et de force, qui affermit mes paroles quand les autres veulent contredire ma foi.

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Évangile selon Saint Jean (5, 31-47) Jeudi 26 mars 2020

En ce temps-là, Jésus disait aux Juifs : « Si c’est moi qui me rends témoignage, mon témoignage n’est pas vrai ; c’est un autre qui me rend témoignage, et je sais que le témoignage qu’il me rend est vrai. Vous avez envoyé une délégation auprès de Jean le Baptiste, et il a rendu témoignage à la vérité. Moi, ce n’est pas d’un homme que je reçois le témoignage, mais je parle ainsi pour que vous soyez sauvés. Jean était la lampe qui brûle et qui brille, et vous avez voulu vous réjouir un moment à sa lumière. Mais j’ai pour moi un témoignage plus grand que celui de Jean : ce sont les œuvres que le Père m’a donné d’accomplir ; les œuvres mêmes que je fais témoignent que le Père m’a envoyé. Et le Père qui m’a envoyé, lui, m’a rendu témoignage. Vous n’avez jamais entendu sa voix, vous n’avez jamais vu sa face, et vous ne laissez pas sa parole demeurer en vous, puisque vous ne croyez pas en celui que le Père a envoyé. Vous scrutez les Écritures parce que vous pensez y trouver la vie éternelle ; or, ce sont les Écritures qui me rendent témoignage, et vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie ! La gloire, je ne la reçois pas des hommes ; d’ailleurs je vous connais : vous n’avez pas en vous l’amour de Dieu. Moi, je suis venu au nom de mon Père, et vous ne me recevez pas ; qu’un autre vienne en son propre nom, celui-là, vous le recevrez ! Comment pourriez-vous croire, vous qui recevez votre gloire les uns des autres, et qui ne cherchez pas la gloire qui vient du Dieu unique ? Ne pensez pas que c’est moi qui vous accuserai devant le Père. Votre accusateur, c’est Moïse, en qui vous avez mis votre espérance. Si vous croyiez Moïse, vous me croiriez aussi, car c’est à mon sujet qu’il a écrit. Mais si vous ne croyez pas ses écrits, comment croirez-vous mes paroles ? »

Méditation de Xavier Guermonprez, prêtre à Montargis.

«Comment croirez-vous mes paroles, si vous n’avez pas en vous l’amour de Dieu?»

Comment sait-on que quelqu’un est inspiré par Dieu? Comment sait-on s’il est vraiment rempli de la sagesse de Dieu, de sa présence? Comment sait-on si on peut lui faire confiance… Une controverse entre Jésus et ses persécuteurs, suite à la guérison que Jésus a réalisée à la source de Bethzatha, donne l’occasion à saint Jean d’écrire une longue méditation sur ce sujet. Jésus ne cherche pas la gloire des hommes en guérissant des gens comme un coup de baguette magique! Mais Jésus cherche le témoignage de Dieu-Père, c’est-à-dire être témoin de sa bonté gratuite et gracieuse révélée dans le Premier Testament, et recevoir de Lui l’authentification de sa parole par le moyen des signes de guérison. Pour nous, pas d’autre vérification que celle-là! Pas d’autre moyen de connaître Dieu que la « parole donnée »! Nous resterons sur notre faim si nous ne faisons pas le « saut dans la foi » qui consiste à regarder autrement les fruits de la parole et de l’action de Jésus! Jésus, un homme comme les autres limité dans sa capacité de persuasion, le Christ, «fils de Dieu sur qui l’Esprit est descendu et demeure»!

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Évangile selon Saint Luc (1, 26-38) mercredi 25 mars 2020

En ce temps-là, l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, à une jeune fille vierge, accordée en mariage à un homme de la maison de David, appelé Joseph ; et le nom de la jeune fille était Marie. L’ange entra chez elle et dit : « Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi. » À cette parole, elle fut toute bouleversée, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation. L’ange lui dit alors : « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n’aura pas de fin. » Marie dit à l’ange : « Comment cela va-t-il se faire, puisque je ne connais pas d’homme ? » L’ange lui répondit : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint, il sera appelé Fils de Dieu. Or voici que, dans sa vieillesse, Élisabeth, ta parente, a conçu, elle aussi, un fils et en est à son sixième mois, alors qu’on l’appelait la femme stérile. Car rien n’est impossible à Dieu. » Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole. » Alors l’ange la quitta.

Méditation du père Stanislas de Christen

En cette fête de l’Annonciation, nous voici invités à méditer cet Evangile bien connu de l’Annonce de Jésus à Marie. Nous pouvons le relire à la lumière de notre vie chrétienne.
Comme Marie, un certain nombre de personnes ont fait la rencontre du Seigneur à travers un appel, un moment décisif qui a bouleversé leur vie.
Pour d’autres, cette page d’Evangile se déploiera tout au long de leur Vie. Il faudra du temps pour accueillir l’appel, qui se fera petit à petit, dans de simples évènements, dans des expériences spirituelles banales.
Mais aussi, il faudra du temps pour accueillir ce projet de Dieu avec des questions, des peurs, des inquiétudes, des incompréhensions… jusqu’au moment où il y aura, petit à petit, notre réponse dans la confiance et l’abandon. Nous pouvons ainsi découvrir que notre vie est remplie de petites annonciations qui marquent notre histoire. C’est l’occasion, pendant ce temps de retraite forcée de relire notre histoire sainte, notre histoire avec Dieu !
Mais aujourd’hui avec les événements du Covid-19, nous sommes interpellés jusque dans notre foi : où est le projet d’amour de Dieu ? Il annonce à Marie, la venue du Fils du Très-Haut pour la vie du monde. Et que voyons-nous dans cette situation : ce sont les petits, les plus faibles qui se retrouvent fragilisés par leur petit réseau, les aides sont plus difficiles et la violence peut éclater. Nous le voyons déjà dans nos quartiers, mais alors comment se passe ce confinement dans les bidonvilles de Calculta en Inde, dans les quartiers populaires de Ouagadougou au Burkina Faso où une famille de 8 personnes habite une seule pièce en terre battue ? « Comment cela va-t-il se faire ? » Face à nos peurs, nous sommes invités à redire notre confiance à la manière de Marie : une confiance d’abandon mais aussi de résistance au mal en développant notre intelligence pour essayer de repérer ceux qui souffrent et de trouver des moyens pour les soutenir ! Ainsi ne pas être passif mais rentrer dans une obéissance active comme Marie : « Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole. »

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Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 5, 1-16) Mardi 23 mars 2020

A l’occasion d’une fête juive, Jésus monta à Jérusalem. Or, à Jérusalem, près de la porte des Brebis, il existe une piscine qu’on appelle en hébreu Bethzatha. Elle a cinq colonnades, sous lesquelles étaient couchés une foule de malades, aveugles, boiteux et impotents. Il y avait là un homme qui était malade depuis trente-huit ans. Jésus, le voyant couché là, et apprenant qu’il était dans cet état depuis longtemps, lui dit : « Veux-tu être guéri ? » Le malade lui répondit : « Seigneur, je n’ai personne pour me plonger dans la piscine au moment où l’eau bouillonne ; et pendant que j’y vais, un autre descend avant moi. » Jésus lui dit : « Lève-toi, prends ton brancard, et marche. » Et aussitôt l’homme fut guéri. Il prit son brancard : il marchait ! Or, ce jour-là était un jour de sabbat. Les Juifs dirent donc à cet homme que Jésus avait remis sur pied : « C’est le sabbat ! Il ne t’est pas permis de porter ton brancard. » Il leur répliqua : « Celui qui m’a guéri, c’est lui qui m’a dit : “Prends ton brancard, et marche !” » Ils l’interrogèrent : « Quel est l’homme qui t’a dit : “Prends ton brancard, et marche” ? » Mais celui qui avait été rétabli ne savait pas qui c’était ; en effet, Jésus s’était éloigné, car il y avait foule à cet endroit. Plus tard, Jésus le retrouve dans le Temple et lui dit : « Te voilà guéri. Ne pèche plus, il pourrait t’arriver quelque chose de pire. » L’homme partit annoncer aux Juifs que c’était Jésus qui l’avait guéri. Et ceux-ci persécutaient Jésus parce qu’il avait fait cela le jour du sabbat.

Méditation du père Julien Tellier


Il y a foule à la piscine de Bethzatha. Tous les rejetés, les pauvres, les exclus s’y retrouvent avec dans le cœur un unique désir : celui d’une guérison et d’une amélioration de leur triste sort. Pour cela il faut plonger dans l’eau, réputée pour ses vertus thérapeutiques. Le Christ n’a pas peur de s’approcher de cette foule de pestiférés, c’est d’ailleurs pour eux qu’il vient en priorité : « ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades » (Mt 9, 12).
Jésus observe puis fixe son regard sur un malade, sans doute le plus nécessiteux. Il est saisi de compassion pour cet isolé qui est dans cet état depuis plus de 38 ans. Jésus doit bien se douter de quoi il souffre. Pourtant il n’impose pas un remède miracle et ne se met jamais dans une attitude de surplomb. Lui, le Fils de Dieu se met à hauteur d’homme, et pose cette question bouleversante : « veux-tu être guéri ? ».
De son coté, le malade a baissé les bras depuis longtemps, il n’a plus la force de se battre. Il est seul, et personne ne vient l’aider. Il a l’impression de ne compter pour personne… sauf aujourd’hui. Car la question posée par Jésus ouvre un nouvel horizon. Il fallait ce déclencheur pour créer une étincelle de vie dans le cœur de cet homme, pour initier un chemin de guérison intérieure.
Brisant le silence, la parole de Jésus se réalise immédiatement : « lève-toi, prends ton brancard, et marche ». Aussitôt, l’homme est guéri, il marchait ! Mais qui est ce guérisseur ?
Il faut une deuxième rencontre entre Jésus et l’ancien malade pour que ce dernier comprenne que sa guérison venait de Jésus. C’est le temps de la relecture, qui consiste à voir la présence agissante de Dieu dans nos vies !
En ce temps de carême, sachons reconnaitre notre besoin d’être sauvés, libérés de nos égoïsmes, de nos tristesses, et de nos angoisses. Il est bon de nous laisser rejoindre par Jésus-Christ à la piscine de Bethzatha, et de croiser son regard plein de miséricorde. Sa voix pleine d’amour chuchote à notre oreille : « veux-tu être guéri ? »

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Évangile de Jésus Christ selon saint Jean. (Jn 4, 43-54)lundi 22 mars 2020


En ce temps-là, après avoir passé deux jours chez les Samaritains, Jésus partit de là pour la Galilée. – Lui-même avait témoigné qu’un prophète n’est pas considéré dans son propre pays. Il arriva donc en Galilée ; les Galiléens lui firent bon accueil, car ils avaient vu tout ce qu’il avait fait à Jérusalem pendant la fête de la Pâque, puisqu’ils étaient allés eux aussi à cette fête. Ainsi donc Jésus revint à Cana de Galilée, où il avait changé l’eau en vin.
Or, il y avait un fonctionnaire royal, dont le fils était malade à Capharnaüm. Ayant appris que Jésus arrivait de Judée en Galilée, il alla le trouver ; il lui demandait de descendre à Capharnaüm pour guérir son fils qui était mourant. Jésus lui dit : « Si vous ne voyez pas de signes et de prodiges, vous ne croirez donc pas ! » Le fonctionnaire royal lui dit : « Seigneur, descends, avant que mon enfant ne meure ! » Jésus lui répond : « Va, ton fils est vivant. » L’homme crut à la parole que Jésus lui avait dite et il partit.
Pendant qu’il descendait, ses serviteurs arrivèrent à sa rencontre et lui dirent que son enfant était vivant. Il voulut savoir à quelle heure il s’était trouvé mieux. Ils lui dirent : « C’est hier, à la septième heure (au début de l’après- midi), que la fièvre l’a quitté. » Le père se rendit compte que c’était justement l’heure où Jésus lui avait dit : « Ton fils est vivant. » Alors il crut, lui, ainsi que tous les gens de sa maison.
Tel fut le second signe que Jésus accomplit lorsqu’il revint de Judée en Galilée.


Partage d’Évangile:
Je suis touché par la réaction de ce fonctionnaire royal, qui met son espérance en Jésus, et sa foi dans sa parole, sans voir le résultat. On peut le rapprocher de la fin de ce même évangile , quand Jésus dit à Thomas: «Heureux ceux qui croient sans avoir vu!»
Ce texte me rappelle l’importance de la foi, au sens de confiance. La foi attire la bénédiction de Dieu comme un aimant! Je peux aussi constater la puissance de la parole de Jésus, qui opère immédiatement.

Moi-même je ne vois pas Jésus, mais j’éprouve le besoin de faire l’expérience concrète de son action dans ma vie.

Ce texte semble nous perdre dans des digressions… Mais saint Jean suit un fil directeur: la foi demandée par Jésus. Le premier « signe » de Cana était quand Jésus a changé l’eau en vin pour les invités des noces dans ce village Cana.

Qui est Jésus? Il accomplit de nombreux signes qui le démarquent des autres hommes… Qui est-il pour moi? Quelle est son attitude humaine? Quelle est sa parole divine?

La foi est un don de Dieu. Jésus est à l’initiative de cet acte de foi, manifestant ainsi que Dieu donne la foi. La foi se nourrit de « signes », et de témoignages. Quelle est ma vie de foi? Ai-je assez de foi pour voir des « signes » de Dieu dans ma vie, et pour en témoigner?

Le début du texte met en lumière la tension entre un prophète non reçu (Jésus en Samarie) et une reconnaissance de sa compétence (en Galilée grâce au témoignage venant de Jérusalem).

Jésus interpelle le fonctionnaire royal sur la pertinence de sa demande. Cette parole de Jésus fait réagir l’homme, donc aller plus loin dans sa foi… Et moi, je me sens invité à ne pas aller trop vite dans ma prière, dans ma réflexion intérieure quand je me mets en présence du Christ! Puis le fonctionnaire pose un acte de foi, ce qui ouvre une nouvelle étape dans sa (re)connaissance de Jésus. Enfin c’est sa maisonnée qui croit, grâce à son témoignage, pour une nouvelle étape encore, d’une foi partagée finalement.

La rencontre du fonctionnaire royal se situe aussitôt après la rencontre de la Samaritaine. Or cette dernière rencontre est qualifiée par saint Jean de « deuxième signe de Cana ». Ce qui veut dire que pour saint Jean le village converti par le témoignage de la Samritaine n’est pas un « signe »! Donc pour lui le mot « signe » ne désigne pas la conversion, mais un changement tangible, ce que nous appelons un miracle… La conversion est le plus important puisque décrite dans plusieurs rencontres, et le « signe » en est l’élément déclencheur dans certaines de ces rencontres…

Il y a ici pour moi 2 signes de foi! Le premier se trouve au moment de la conversion du fonctionnaire royal, quand il a entendu la parole de Jésus: « Va, ton fils est vivant. » Le deuxième est dans le moment de la conversion de sa maisonnée, quand elle établit le lien entre l’heure de la guérison et la même parole de Jésus: « Va, ton fils est vivant. »! 2 signes pour le prix d’1!

Comme pour le premier signe de Cana (l’eau changée en vin), Jésus montre l’immensité de la Miséricorde de Dieu malgré sa contrariété. Pour les invités de la noce il change 600 litres d’eau en vin tout en répondant «Mon heure n’est pas venue»; et ici il guérit le fils du fonctionnaire tout en interpellant «vous ne croirez donc pas»!

Comment comprendre l’appel du fonctionnaire: «Seigneur, DESCENDS… (chez moi)». Capharnaüm au bord du lac de Tibériade étant entouré de collines, on comprend bien sûr l’indication géographique du verbe descendre. Mais on pourrait aussi l’interpréter de façon mystique: Jésus, descend en moi, dans les profondeurs de mon épreuve.

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Évangile selon St Jean (4, 43-54) Lundi 23 mars 2020

En ce temps-là, après avoir passé deux jours chez les Samaritains, Jésus partit de là pour la Galilée. – Lui-même avait témoigné qu’un prophète n’est pas considéré dans son propre pays. Il arriva donc en Galilée ; les Galiléens lui firent bon accueil, car ils avaient vu tout ce qu’il avait fait à Jérusalem pendant la fête de la Pâque, puisqu’ils étaient allés eux aussi à cette fête. Ainsi donc Jésus revint à Cana de Galilée, où il avait changé l’eau en vin. Or, il y avait un fonctionnaire royal, dont le fils était malade à Capharnaüm. Ayant appris que Jésus arrivait de Judée en Galilée, il alla le trouver ; il lui demandait de descendre à Capharnaüm pour guérir son fils qui était mourant. Jésus lui dit : « Si vous ne voyez pas de signes et de prodiges, vous ne croirez donc pas ! » Le fonctionnaire royal lui dit : « Seigneur, descends, avant que mon enfant ne meure ! » Jésus lui répond : « Va, ton fils est vivant. » L’homme crut à la parole que Jésus lui avait dite et il partit. Pendant qu’il descendait, ses serviteurs arrivèrent à sa rencontre et lui dirent que son enfant était vivant. Il voulut savoir à quelle heure il s’était trouvé mieux. Ils lui dirent : « C’est hier, à la septième heure (au début de l’après- midi), que la fièvre l’a quitté. » Le père se rendit compte que c’était justement l’heure où Jésus lui avait dit : « Ton fils est vivant. » Alors il crut, lui, ainsi que tous les gens de sa maison. Tel fut le second signe que Jésus accomplit lorsqu’il revint de Judée en Galilée.

Encore Cana. Je pense qu’on se souvient bien de cette ville de Cana où Jésus avait accompli son premier miracle, et qui était un miracle sensationnel et spectaculaire en changeant l’eau en vin lors d’un mariage au début même de sa vie publique.
Cette fois ci, il y retourne où il fait un miracle mais à distance où il ne se déplace pas, il ne se présente même pas auprès du malade qui est à Capharnaüm.
Ce qui est intéressant dans cet Evangile, c’est la foi de ce fonctionnaire royal qui croit sans même voir les résultats sur son fils malade.  » L’HOMME CRUT à LA PAROLE QUE JESUS LUI AVAIT DITE ET IL PARTIT ».
Cet homme est un exemple pour nous, qui tenons à tout prix à voir les signes pour croire. Par contre, ce fonctionnaire fait un acte de foi sans même voir la guérison annoncée de son fils puisqu’en ce moment là, il était encore avec Jésus à Cana, et que son fils, lui, il était à Capharnaüm.
Jésus se heurtait souvent aux gens qui, pour eux, avant de croire, il faut qu’ils voient d’abord des signes. il leur faisait souvent de reproche pour les interpeller à aller au-delà des signes, à aller plus loin c’est-à dire à croire simplement sans voir les signes. Et c’est d’ailleurs la même remarque qu’il avait faite à Thomas après sa résurrection: « Heureux celui qui croit sans avoir vu ».

Sur ce, le grand pas spirituel que nous devons faire dans notre vie, c’est simplement de CROIRE. De croire qu’il est vivant, de croire qu’il peut tout dans notre vie. Même en ce temps difficile où la pandémie fait le ravage dans notre monde en détruisant des vies humaines, n’hésitons pas de nous dire que nous ne sommes pas seuls, Jésus est là, il nous accompagne, il nous assiste et ne nous abandonne jamais. Avec son appui, notre monde sortira vainqueur de ce fléau.

Seigneur, augmente en nous la FOI,

Prenez soin de vous et des autres. N’oublions pas de téléphoner aux personnes vulnérables.

Père Didier MAVOKA

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Evangile selon Saint Jean Ch 9. Dimanche 22 mars.

Jésus vient pour que voient ceux qui ne voyaient pas ; et pour que ceux qui voient, ne voient pas. Dur dur !Jésus LUMIERE, vient illuminer la vie de l’un… et d’autres restent dans une critique envers le guéri comme envers Jésus Lui-même. Ils refusent d’entrer dans le chemin des découvertes.
-Pourquoi est-il aveugle  demandent les disciples ? mais c’est pour que se réalise davantage en lui, l’œuvre de Dieu. Jésus appelle non à expliquer le passé, mais à inventer de l’avenir : d’ailleurs Jésus, avec la salive et la boue reprend le geste du potier créateur… IL CREE du nouveau ;
Et voici que l’homme guéri voit de mieux en mieux : d’abord il voit l’homme qu’on appelle Jésus ; puis au cœur des débats, il affirme  « C’est un prophète » ; quand le débat sur l’identité de Jésus s’envenime, sa foi se précise « s’il n’était pas de Dieu, il ne pourrait rien faire », et quand Jésus lui demande « Crois-tu au Fils de l’Homme ? » sa réponse est celle des futurs baptisés : « je crois, SEIGNEUR ».
-Grâce personnelle de guérison, discussions multiples, questions pièges, contradiction ferme, et même menace d’exclusion…Voilà le chemin qui conduit le converti, le baptisé à la profession de sa foi.. On ne peut pas dire, j’ai la foi, ou je n’ai pas la foi… Jésus nous entraine, par ses questions et par les évènements, à voir et regarder comme Lui ;
Voilà le temps du catéchuménat pour ceux qui seront baptisés ; voilà le temps du carême et de la vie baptismale ; ET MOI, et NOUS, en ce dimanche, quand je laisse Jésus illuminer mon regard, qu’est-ce que je vois, que je vis, que je dis du covyd 19 si présent en notre actualité ? Dirons-nous aussi « c’est pour que les œuvres de Dieu se manifestent aujourd’hui. »

Partage d’évangile selon St Luc : samedi 21 mars 2020

Bonjour à tous de la part de notre équipe composée de Stanislas, Julien, Yohann, Warren et moi Xavier. Aujourd’hui 21 mars 2020, nous avons prié les laudes puis partagé autour de l’Évangile du 3ème samedi de Carême. Voici quelques échos de nos réflexions ci-dessous. D’abord le texte de l’Évangile, que nous avons médité en silence quelques minutes. Puis  l’apport de chacun, que les autres écoutent sans intervenir (éventuellement des questions à la fin). Encore un temps de silence pour laisser la Parole descendre dans le cœur, et formuler une (ou plusieurs) intention de prière. Enfin partager ces intentions de prière et dire ensemble un Notre-Père.

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Évangile de Jésus Christ selon saint Luc. (Lc 18, 9-14)

En ce temps-là, à l’adresse de certains qui étaient convaincus d’être justes et qui méprisaient les autres, Jésus dit la parabole que voici :

« Deux hommes montèrent au Temple pour prier. L’un était pharisien, et l’autre, publicain (c’est-à-dire un collecteur d’impôts). Le pharisien se tenait debout et priait en lui-même : “Mon Dieu, je te rends grâce parce que je ne suis pas comme les autres hommes – ils sont voleurs, injustes, adultères –, ou encore comme ce publicain. Je jeûne deux fois par semaine et je verse le dixième de tout ce que je gagne.” Le publicain, lui, se tenait à distance et n’osait même pas lever les yeux vers le ciel ; mais il se frappait la poitrine, en disant : “Mon Dieu, montre-toi favorable au pécheur que je suis !”

Je vous le déclare : quand ce dernier redescendit dans sa maison, c’est lui qui était devenu un homme juste, plutôt que l’autre. Qui s’élève sera abaissé ; qui s’abaisse sera élevé. »

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Partage d’Évangile:

On peut rapprocher ce passage du précédent (le juge inique), pour chercher quelle est la justice de Dieu. Le pharisien semble être un homme bien! Et ce n’est déjà pas facile de faire ce qu’il fait. Ce que Jésus lui reproche est son orgueil, et c’est cette qualité qui change tout!

Un très beau texte qui essaie de décrire notre relation à Dieu et aux autres. L’attitude du pharisien montre qu’on peut se tromper, diminuer ou écraser l’autre, mais revenir à l’humilité. Or le pharisien sur ce plan n’a pas compris! Oui ce texte peut m’inspirer sur mon attitude personnelle vis-à-vis des autres et de Dieu, par exemple pour reconnaître que je suis pécheur.

À l’écoute de cet Évangile s’éveille une question en moi: où va ton regard? Comme toute parabole les traits sont un peu caricaturaux, mais nous portent à la réflexion intérieure. Le pharisien se tient debout, la posture du vivant, mais ne se regarde que lui-même et utilise les autres comme prétexte à son autosatisfaction. De l’autre côté le publicain n’ose même pas lever son regard et se tient à distance, pourtant il est bien en relation avec Dieu dans le secret du coeur. Il se reconnaît pécheur, premier pas vers un ajustement à la volonté de Dieu et vers un rapprochement des autres. «Dis-moi quel est ton regard, et je te dirai comment tu aimes!»

Le début met en scène des personnes qui pensent être arrivées au but, et n’avoir plus de progrès à faire (ils se qualifient de justes). De plus ils se mettent en danger de juger les autres.

Le pharisien se compare aux autres, et donc se met à juger! Certes il est capable de rendre grâce, mais il est pourtant dans l’incapacité de reconnaître sa propre pauvreté. Finalement il n’a pas besoin de Dieu, il n’a pas besoin de Salut! Au contraire le publicain comprend combien il a besoin de Dieu… Et moi comment est-ce que je me situe en vérité devant Dieu? Est-ce que je reconnais mes limites, mes fragilités. La spiritualité devient un chemin d’humilité, et de douceur envers les autres.

Jésus réalise quand même une belle caricature! Comme si je comparais aujourd’hui un parti politique bien en vue avec un travailleur étranger! Mais une caricature entraîne-t-elle l’écoute des auditeurs? Jésus prend le risque de ne pas être entendu pour manifester la force de son appel!

Ce que Jésus réclame, comme souvent dans ses débats, est la sincérité du cœur! Il rejette une religion qui ne serait remplie que d’actes formels et d’exclusion des non initiés… Il veut montrer le visage d’un Dieu accessible à tous, simple et plein d’humanité. En ce sens il se situe vraiment dans l’Alliance -la relation personnelle- entre Dieu et chaque être humain.

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Partage d’intentions de prière:

Seigneur Jésus, toi qui es venu m’apporter le Salut sans que je m’en sois montré digne, aide-moi à porter sur les autres un regard de compréhension et d’encouragement.

Merci Seigneur pour le don de la vie! Donne-moi de reconnaître ma pauvreté, de me reconnaître pécheur afin que je puisse être sauvé par toi. Donne-moi de mettre en pratique ta Parole. Amen.

Être juste Seigneur, n’est pas un constat, mais une démarche constante où je suis invité à être vrai devant Dieu et les autres, en rendant grâce pour tout ce que j’ai reçu, et en reconnaissant mes pauvretés et mes limites, car c’est toi Seigneur qui me sauves.

Seigneur donne-moi ton regard, que je puisse rendre grâce pour les merveilles présentes dans ma vie, et donne-moi assez d’humilité pour poser un pas de plus sur le chemin de la sainteté.

Seigneur montre-nous ta justice qui n’est pas celle des hommes.

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Bonne journée à tous. Rendez-vous pour ceux qui veulent/peuvent demain à 11h00 pour la messe (sur la page https://www.facebook.com/ParoissedeMontargis). Amicalement