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Méditation de l’évangile de dimanche 25 avril par le P.Xavier Guermonprez (dimanche des vocations)
Je lis après-coup un message de notre évêque Jacques Blaquart pour le 4ème dimanche de Pâques, et je me dis qu’il pourrait aussi nourrir votre prière en ce dimanche des Vocations! J’ajoute en pièce-jointe une plaquette du séminaire interdiocésain d’Orléans, qui a déjà été publiée mais qui contient des témoignages intéressants. Bonne lecture et en union de prière donc, aux intentions de l’Église que nous aimons.
Prier pour les vocations
Jésus, remué par la misère spirituelle des foules sans berger, demande à ses disciples de prier Dieu, « le maître de la moisson, d’envoyer des ouvriers à sa moisson » (Mt 10,36)Cette prière pour les vocations, notamment de prêtres, doit faire l’objet des attentions de tous les catholiques. Qu’ils en comprennent l’urgente nécessité !Dieu est prêt à donner si nous lui demandons avec foi (Mt 21,22). Nous devons supplier pas seulement lors de la journée mondiale de la prière pour les vocations (4ème dimanche de Pâques) mais chaque jour de notre vie.Oui, prions pour les vocations dont notre Église a tant besoin ! Soutenons aussi les jeunes qui se sentent appelés à donner leur vie au Christ ! Qu’ils comprennent que derrière les renoncements nécessaires, Dieu les appelle à la joie profonde à laquelle ils aspirent. Qu’ils n’aient pas peur ! dit le Pape François. « C’est beau et c’est une grande grâce d’être entièrement consacrés à Dieu et au service des frères. »Jacques Blaquart,
Évêque accompagnateur du séminaire interdiocésain d’Orléans
Depuis toujours, Dieu conduit l’humanité vers la connaissance de son Amour!
Par le passage de la Mer-Rouge, Dieu a conduit son peuple vers la liberté…
Puis par le message des prophètes, Il a répondu aux infidélités et aux espoirs par la promesse d’un Messie…
Par le passage de la Croix, en Jésus, Il nous a redit son Amour inconditionnel, en renouvelant le Pardon et la Paix.
Et par le passage de la Résurrection, son Fils nous a ouvert les portes du ciel!
Par le passage de l’Esprit-Saint, embrasement de la Pentecôte, Il va donner à chaque disciple la force du témoignage.
Ainsi, Dieu-Trinité conduit son Église dans son grand pèlerinage sur la terre!
Dans l’assurance de la foi, l’Église choisit des pasteurs pour la conduire.
Bien sûr l’unique Pasteur, le bon Berger, reste Jésus-Christ…
Mais au quotidien, mettant leurs pas dans ceux des patriarches et des saints,
les évêques, les prêtres, les diacres, les personnes consacrées, les théologiens, les laïcs missionnaires…
Bien des personnes sont choisies, appelées, consacrées ou bénies, et missionnées pour conduire des fraternités, des paroisses, des diocèses, sans oublier les familles!
Chacune, chacun, dans les charismes qui lui sont propres, peut contribuer à faire grandir l’Église, à l’embellir, à la consolider, à la renouveler ou à la propager…
Et la foi nous dit que notre Dieu lui-même accompagne toutes nos rencontres!
Cette réflexion nous fait entrer dans le mystère de la Vocation (thème de ce 4ème dimanche de Pâques)…
Mais avant tout, elle nous fait entrer dans la joie du chemin pascal déjà commencé!

PRIÈRE DE FOI & LUMIÈRE:
Seigneur, tu es venu sur notre terre,
pour nous révéler ton Père, notre Père,
et pour nous apprendre à nous aimer les uns les autres.
Envoie-nous l’Esprit-Saint que tu nous as promis.
Qu’il fasse de nous, dans ce monde de guerre et de division,
des instruments de paix et d’unité.
Jésus, tu nous as appelés à te suivre
dans une communauté Foi et Lumière.
Nous voulons te dire « oui ».
Nous voulons vivre une alliance d’amour
dans cette famille que tu nous as donnée,
pour partager nos souffrances et nos difficultés,
nos joies et notre espérance.
Apprends-nous à accueillir nos blessures, notre faiblesse
pour qu’en elles se déploie ta puissance.
Apprends-nous à découvrir ton visage et ta présence
en tous nos frères et sœurs, spécialement les plus faibles.
Apprends-nous à te suivre sur les chemins de l’Évangile.
Jésus, viens demeurer en nous et en nos communautés
comme tu as d’abord demeuré en Marie.
Elle fut la première à t’accueillir en elle.
Aide-nous à être toujours debout, avec elle,
au pied de la croix, proches des crucifiés de notre monde.
Aide-nous à vivre de ta Résurrection.
Amen !


Évangile de Jésus Christ selon saint Jean. (Jn 10,11-18)
En ce temps-là, Jésus déclara: «Moi, je suis le bon pasteur, le vrai berger, qui donne sa vie pour ses brebis.
«Le berger mercenaire n’est pas le pasteur, les brebis ne sont pas à lui: s’il voit venir le loup, il abandonne les brebis et s’enfuit; le loup s’en empare et les disperse. Ce berger n’est qu’un mercenaire, et les brebis ne comptent pas vraiment pour lui.
«Moi, je suis le bon pasteur; je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent, comme le Père me connaît, et que je connais le Père; et je donne ma vie pour mes brebis.
«J’ai encore d’autres brebis, qui ne sont pas de cet enclos: celles-là aussi, il faut que je les conduise. Elles écouteront ma voix: il y aura un seul troupeau et un seul pasteur.
«Voici pourquoi le Père m’aime: parce que je donne ma vie, pour la recevoir de nouveau. Nul ne peut me l’enlever: je la donne de moi-même. J’ai le pouvoir de la donner, j’ai aussi le pouvoir de la recevoir de nouveau: voilà le commandement que j’ai reçu de mon Père.»

COMMENTAIRE:
Dans le chapitre 10 de l’Évangile de saint Jean, Jésus s’affirme lui-même le bon et vrai Berger des croyants. Dans les 3 autres Évangiles, il le dit sous forme de parabole (aller à la recherche de la brebis perdue). Il reprend ainsi une image traditionnelle de l’Ancien-Testament, qui décrit Dieu prenant soin de son peuple comme un berger de son troupeau (voir notamment les prophètes: Jérémie chapitres 23 et 25, Ézékiel 34, Psaume 22). Évidemment Jésus s’affirme ainsi comme le Fils de Dieu, sur qui est descendu son Esprit (Jn 1,33-34). Mais ne pourrait-on pas dire aussi qu’il s’inscrit dans la longue lignée des patriarches et des prophètes, qui ont porté le souci de conduire le peuple de Dieu, au prix de leurs sueurs ou larmes, et même des tourments qu’on leur infligea? Et ne pourrait-on pas dire non plus, que seul Dieu est capable de bien conduire les cœurs et d’éclairer les consciences, qu’aucun être humain ne le peut, et que donc la foi est essentielle dans la construction d’un avenir pour tous? La force de cette image du Pasteur traduit à sa manière l’attente et l’accueil -ou le rejet- du Messie, du Christ, du Béni de Dieu!
Certaines peintures classiques nous habituent à imaginer la scène champêtre et bucolique d’un jeune homme portant une brebis sur son dos… Mais les habitués de la nature savent bien le labeur et parfois la peine nécessaires pour effectuer une telle besogne! des matins frileux, des heures de guet, des pluies interminables, des inquiétudes récurrentes, des solitudes, et j’en passe. Tout cela fait bien partie de l’allégorie de Jésus, qui fait allusion au loup, aux voleurs et bandits, à la porte de la bergerie, aux « moutons de Panurge », aux étrangers… Devenir pasteur d’âmes n’est pas une sinécure mais un sacerdoce! Jésus-Christ non seulement nous montre le chemin, mais aussi nous accompagne tous comme « le bon pasteur, le vrai berger, qui donne sa vie pour ses brebis ». Alors ne condamnons pas trop vite les artistes, quand ils cherchent à décrire la beauté de Celui qui nous apporte tant d’attentions!
Peut-être que l’apport le plus original et saisissant de Jésus dans l’Évangile de saint Jean réside dans la personnalisation du lien entre le berger et les brebis. «Mes brebis écoutent ma voix; moi, je les connais, et elles me suivent.» (Jn 10,27) Celles ou ceux qui possèdent un animal domestique se rendent bien compte du lien unique que l’on développe avec lui. On finit par se connaître par cœur! chacun gagne la confiance de l’autre… on anticipe même les défauts réciproques! on goûte l’affection reçue et on cherche à grandir dans l’estime de l’autre… Au-delà du plaisir de vivre dans la nature et des difficultés de veiller sur quelqu’un, Jésus ouvre notre esprit à l’idée d’un appel personnel, « personnalisé », et d’un lien unique dans lequel chacun peut vraiment s’épanouir dans la foi. Nous aurions peut-être avantage à nous en rappeler quand nous retrouvons notre communauté paroissiale avec ses lourdeurs et ses défauts, ou ses petites rancunes!
Alors, cette allégorie du pasteur dit tellement notre lien avec Dieu! Juste une question pour finir: Comment Dieu se montre-t-il un bon berger pour moi? Dans l’histoire de ma vie, quels moments remontent dans mon souvenir comme des enseignements, ou des accompagnements, ou des orientations de la part de Dieu? Dans le quotidien de ces jours pascals, comment résonne ma « vie pastorale », dans mes méditations et mes rencontres? Et pour quelle attention personnelle de Dieu est-ce que je veux Le remercier?
NOTA: cela vaut la peine de relire en entier les versets 1 à 30 du chapitre 10 de saint Jean. Une belle méditation introductive à une prière pour les Vocations! Vous pouvez cliquer sur ce lien: https://www.aelf.org/bible/Jn/10

«Derrière toute vocation au sacerdoce ou à la vie consacrée et avant elle, il y a toujours la prière forte et intense de quelqu’un: d’une grand-mère, d’un grand-père, d’une mère, d’un père, d’une communauté… Voilà pourquoi Jésus a dit: « Priez le maître de la moisson – c’est-à-dire Dieu le Père – d’envoyer des ouvriers à sa moisson! » (Mt 9,38). Les vocations naissent dans la prière et de la prière; et elle ne peut persévérer et porter du fruit que dans la prière.» (pape François pour la Journée mondiale de prière pour les vocations en 2013)
PRIÈRE POUR LES VOCATIONS
Seigneur Jésus, par ta Parole et ton Pain partagé,
sacrement de ton Amour, tu nous donnes la vie.
Fais de ton Église un peuple de prêtres,
signe, en ce temps, de ton Alliance,
et donne-lui des ministres pour la servir.
Donne-lui des prophètes, témoins inlassables de l’Espérance
qui ouvrent un avenir à tant de vies blessées.
Donne-lui des serviteurs, artisans de justice et de paix
pour que le monde croie en ta Bonne Nouvelle.
Père de tous les hommes, donne-nous ton Esprit
pour oser notre vie avec Jésus le Christ.
Autres prières pour les vocations sur la page internet:
https://www.diocese-bourges.org/vivre-sa-foi/eclairer-et-nourrir-sa-foi/service-des-vocations/priere/florilege-de-prieres-pour-les-vocations

Qu’est-ce que la Journée mondiale de prière pour les vocations:
Depuis plus de 50 ans – à l’initiative de la France qui fut la première à créer un Service national des vocations en 1959 et à suggérer au pape Paul VI d’instaurer une Journée Mondiale de prière pour les vocations – la journée du 4ème dimanche de Pâques rappelle l’importance de prier pour les vocations. Elle est par conséquent une journée mobile dans le calendrier.C’est une journée d’invitation à la réflexion : quand on parle de vocation, on parle de ce qui touche l’être humain au plus intime de sa liberté. C’est aussi une journée d’invitation à la prière : pour qu’une liberté humaine découvre son chemin, elle a besoin d’être éclairée et stimulée. C’est le rôle du Saint Esprit.
(Texte extrait de la page internet: https://eglise.catholique.fr/sengager-dans-la-societe/jeunes-en-eglise/434096-quest-ce-que-la-journee-mondiale-de-priere-pour-les-vocations/)
Le lien ci-contre vous donne accès au message du Pape François pour la 58e Journée mondiale de prière pour les vocations, “Saint Joseph: le songe de la vocation”: https://eglise.catholique.fr/vatican/messages-du-saint-pere/495748-saint-joseph-le-songe-de-la-vocation-message-du-pape-pour-la-58e-journee-mondiale-de-priere-pour-les-vocations/

COMMENTAIRE d’Élisabeth LAMOUR sur l’histoire de la représentation du Bon-Pasteur:
Plusieurs types de représentations du Christ se succèdent et évoluent en fonction des époques. Le Bon pasteur (ou Bon berger) est un des noms donnés à Dieu dans le Psaume 23 (Le Seigneur est mon berger, je ne manque de rien), le Livre d’Ezéchiel (34,12) ou le Livre d’Isaïe (40,11).
Dans le Nouveau Testament, le thème du Bon pasteur est surtout présent dans l’Évangile de Jean (10,11-16) ainsi que, d’une autre façon, dans la parabole de la brebis égarée de Luc (15,3-7)
«Je suis le bon berger: le bon berger se dessaisit de sa vie pour ses brebis. Le mercenaire, qui n’est pas vraiment un berger et à qui les brebis n’appartiennent pas, voit-il venir le loup, il abandonne les brebis et prend la fuite (…)
«Je suis le bon berger, je connais mes brebis et mes brebis me connaissent, comme mon Père me connaît et que je connais mon Père: et je me dessaisis de ma vie pour les brebis. J’ai d’autres brebis qui ne sont pas de cet enclos et celles-là aussi, il faut que je les mène; elles écouteront ma voix (…)» (Jean 10, 11-16)
Au tout début du christianisme, alors que les chrétiens sont persécutés, les images du Christ sont le plus souvent, par prudence, allégoriques ou symboliques. Dans l’iconographie des premiers siècles, Il est souvent figuré comme l’Agneau de Dieu et parfois porté par saint Jean-Baptiste. Puis l’image du berger s’impose et perdure, même après le IVe siècle quand le christianisme devient religion officielle.
Cette iconographie s’ancre dans la mythologie grecque où apparaît l’Hermès criophore (du grec « krios », «bélier» et « phoros », «qui porte»), c’est-à-dire celui qui porte un bélier sur ses épaules. Hermès, le messager des dieux, se voit attribuer de nombreuses épithètes dont le Protecteur des moutons.
Quelques traces subsistent de ces représentations paléochrétiennes et je vais en évoquer deux:
Une des plus anciennes est une fresque des Catacombes de Sainte Priscille à Rome qui date de la seconde moitié du IIIe siècle. Le Christ, jeune homme imberbe, y est représenté vêtu d’un pagne blanc et portant une gourde, dans une sorte de jardin paradisiaque. Une brebis est juchée sur les épaules alors que deux autres l’entourent.
L’autre est une mosaïque du mausolée de Galla Placidia à Ravenne qui date de 425 à 450. Le Christ est assis sur un rocher qui est déjà presque un trône. Le regard tourné vers le loin, il est entouré de six brebis et caresse l’une d’entre elles de sa main droite tandis qu’il porte une croix de l’autre main. Le Christ est représenté comme un jeune homme imberbe aux cheveux longs comme c’est encore l’usage à cette époque. L’accent est mis sur une certaine souveraineté et la confiance des brebis, tournées vers leur maître qui les guide et les protège.
La mosaïque du Bon Pasteur de Ravenne constitue l’une des dernières évocations de ce type, qui s’efface au Moyen Âge pour revenir ensuite dans la peinture occidentale (Jean-Baptiste de Champaigne, Murillo, etc.)
Cette représentation met l’accent sur les thèmes de la confiance et de l’abandon.
Élisabeth LAMOUR, peintre d’icônes, le 26 février 2018.
https://iconeslamour.wordpress.com/tag/catacombes-de-sainte-priscille/

Saint Marc, fêté ce 25 avril, est un des quatre évangélistes de la Bible.
Les spécialistes s’accordent pour dire qu’il est l’inventeur du genre évangélique. En effet son livre, écrit dans un grec simple et semé de sémitismes, fut composé très tôt à Rome. Il fut probablement diffusé dans les communautés chrétiennes peu avant l’an 67, précurseur des trois autres Évangiles. Par ailleurs, certains considèrent que saint Marc aurait été le premier diffuseur de la religion chrétienne en Égypte, ce qui n’est pas invraisemblable!L’auteur serait donc un jeune Jean, surnommé Marc, fils d’une certaine Marie (prénom fréquent) chez qui la première communauté chrétienne de Jérusalem se réunissait pour prier (cf. Actes 12,12). Il accompagna Paul et Barnabé dans leur mission à Chypre, et fut ainsi à l’école de leurs méthodes d’évangélisation. Plus tard, il connut quelques divergences de vue avec saint Paul… mais fut adopté par saint Pierre (cf. 1Pierre 5,13). Et c’est ensemble qu’ils rédigèrent l’«Évangile selon saint Marc», à destination des Chrétiens de Rome et du monde entier!


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Xavier Guermonprez, prêtre à Montargis.xguermonprez45@gmail.com