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Méditation de l’évangile du dimanche 14 février par le P. Xavier Guermonprez
Nous arrivons déjà au « dernier » dimanche ordinaire, avant le Carême! Nous voyons Jésus poursuivre sa mission dans l’Évangile de saint Marc, mais peut-être pas de la manière que nous aurions prévue! Cette fois, un homme, impur car porteur d’une maladie potentiellement contagieuse, prend l’initiative de venir au-devant de Jésus. Du coup, la mission, en la fin du chapitre 1, prend des couleurs de compassion et de désobéissance à la Loi juive…
Les activités de cette semaine ne m’ont pas permis d’écrire aucun commentaire personnel! Permettez-moi cette fois-ci de vous adresser des textes tous copiés… Vous en souhaitant une fructueuse lecture!
INTRODUCTION de Marcel DOMERGUE, jésuite:
On le sait, les maladies, dans les évangiles, sont symboles d’un déficit spirituel: «Ils ont des yeux et ne voient pas; ils ont des oreilles et n’entendent pas…» La lèpre représente tout ce qui nous coupe, nous sépare des autres et nous empêche de faire corps avec eux. C’est pour cela que le lépreux doit se tenir dans les lieux déserts. Il est «impur», ce que nous pouvons traduire par «en déficit d’amour». Le défaut d’intégrité physique montre déjà notre insuffisance spirituelle. Répétons-le: nous sommes dans le symbolique et, dans le concret, un infirme peut être d’une haute qualité humaine. Cela dit, notons que la lèpre nous dit que notre mal intime est contagieux, transmissible. Elle récapitule tous nos déficits. Le récit que nous lisons aujourd’hui nous parle donc de nous et de notre histoire personnelle; et aussi de l’histoire de toute l’humanité. Nous voici donc tous lépreux, d’une manière ou d’une autre. L’ignorer ou refuser de le reconnaître redouble notre infirmité. Le reconnaître dans l’affliction, le désespoir, le «pessimisme» est pire encore: notre mal remporte alors son ultime victoire. Que va faire Dieu, la puissance créatrice qui nous fait être, devant ce refus de la Création à son image? La Bible, pour nous faire prendre conscience de la force destructrice de notre mal, nous a souvent parlé de châtiments, que l’on peut comprendre comme de simples conséquences de notre «lèpre». Avec le Christ, aboutissement de tout le Livre, nous apprenons que devant notre infirmité, Dieu est «pris de compassion» (v. 41).
(Texte extrait de la page internet: https://croire.la-croix.com/Paroisses/Textes-du-dimanche/2018/6e-dimanche-ordinaire-dimanche-11-fevrier-2018/Tous-lepreux)
PRIÈRE d’une lépreuse, par sœur Véronique:
Seigneur, tu es venu, tu m’as tout demandé et je t’ai tout donné.
J’aimais la lecture et maintenant je suis aveugle.
J’aimais courir dans les bois et maintenant mes jambes sont paralysées.
J’aimais cueillir les fleurs au soleil du printemps et je n’ai plus de mains.
Parce que je suis femme, j’aimais regarder la beauté de mes cheveux, la finesse de mes doigts, la grâce de mon corps : à présent, je suis presque chauve et à la place de mes beaux doigts fins, il ne me reste plus que des morceaux de bois rigides.
Regarde, Seigneur, comme mon corps gracieux est abîmé.
Mais je ne me révolte pas. Je te rends grâce. Toute l’éternité je te dirai MERCI car si je meurs cette nuit, je sais que ma vie a été merveilleusement bien remplie.
En vivant l’Amour, j’ai été comblée bien au-delà de ce que mon cœur désirait, Ô mon Père.
Comme tu as été bon pour ta petite Véronique et ce soir, Ô mon Amour, je te prie pour les lépreux du monde entier.
Je te prie surtout pour ceux que la lèpre morale abat, détruit, mutile et terrasse. Ceux-là surtout, je les aime, et je m’offre en silence pour eux, car ils sont mes frères et sœurs.
O mon Amour, je te donne ma lèpre physique pour qu’ils ne connaissent plus le dégoût, l’amertume et la froideur de leur lèpre morale.
Je suis ta petite fille, Ô mon Père, conduis-moi par la main, comme une maman conduit son bébé.
Presse-moi sur ton cœur comme un Père.
Plonge-moi dans l’abîme de ton cœur et que j’y demeure avec tous ceux que j’aime durant toute l’éternité.
(Texte extrait de la page internet: https://www.paris.catholique.fr/priere-d-une-lepreuse.html)
Évangile de Jésus Christ selon saint Marc. (Mc 1,40-45)
En ce temps-là, un lépreux vint auprès de Jésus; il le supplia et, tombant à ses genoux, lui dit: «Si tu le veux, tu peux me purifier.» Saisi de compassion, Jésus étendit la main, le toucha et lui dit: «Je le veux, sois purifié.» À l’instant même, la lèpre le quitta et il fut purifié.
Avec fermeté, Jésus le renvoya aussitôt en lui disant: «Attention, ne dis rien à personne, mais va te montrer au prêtre, et donne pour ta purification ce que Moïse a prescrit dans la Loi: cela sera pour les gens un témoignage.» Une fois parti, cet homme se mit à proclamer et à répandre la nouvelle, de sorte que Jésus ne pouvait plus entrer ouvertement dans une ville, mais restait à l’écart, dans des endroits déserts. De partout cependant on venait à lui.
COMMENTAIRE de Marie-Noëlle THABUT:
1) LA GUÉRISON DU LÉPREUX
C’est le premier voyage missionnaire de Jésus: jusqu’ici, il était à Capharnaüm, que les évangélistes présentent comme sa ville d’élection en quelque sorte, au début de sa vie publique; Jésus y avait accompli de nombreux miracles et il avait dû s’arracher en disant: «Allons ailleurs dans les bourgs voisins, pour que j’y proclame aussi l’évangile.» Et Marc ajoute: «Il alla par toute la Galilée; il prêchait dans leurs synagogues et chassait les démons.» Nous sommes donc quelque part en Galilée, hors de Capharnaüm, quand un lépreux s’approche de lui.
Il y a en fait dans ce récit deux histoires au lieu d’une: la première, celle qui saute aux yeux, à première lecture, est le récit du miracle; le lépreux est guéri, il retrouve sa peau saine, et, du même coup, sa place dans la société. Mais en même temps que ce récit de miracle débute ici une tout autre histoire, bien plus longue, bien plus grave, celle du combat incessant que Jésus a dû mener pour révéler le vrai visage de Dieu. Car, en prenant le risque de toucher le lépreux, Jésus a posé un geste audacieux, scandaleux même.
C’est certainement là-dessus que Marc veut attirer notre attention car les mots «purifier» et «purification» reviennent quatre fois dans ces quelques lignes: c’est dire que c’était un souci du temps; la pureté, on le sait, était la condition pour entrer en relation avec le Dieu Saint. Tous les membres du peuple élu étaient donc très vigilants sur ce sujet. Et le livre du Lévitique (dont nous lisons un extrait en première lecture de ce dimanche) comporte de nombreux chapitres concernant toutes les règles de pureté; Marc lui-même le rappelle plus loin, dans la suite de son évangile: «Les Pharisiens, comme tous les juifs, ne mangent pas sans s’être lavé soigneusement les mains, par attachement à la tradition des anciens; en revenant du marché, ils ne mangent pas sans avoir fait des ablutions; et il y a beaucoup d’autres pratiques traditionnelles auxquelles ils sont attachés: lavage rituel des coupes, des cruches et des plats.» (Mc 7,3-4).
Cette recherche de pureté entraînait logiquement l’exclusion de tous ceux que l’on considérait comme impurs; et malheureusement, à la même époque, on croyait spontanément que le corps est le miroir de l’âme et la maladie, la preuve du péché; et donc, tout naturellement, on cherchait, par souci de pureté, à éviter tout contact avec les malades: c’est ce que nous avons entendu dans la première lecture «le lépreux, homme impur, habitera à l’écart, sa demeure sera hors du camp.» (Lv 13). Ce qui veut dire que quand Jésus et ce lépreux passent à proximité l’un de l’autre, ils doivent à tout prix s’éviter; ce qui veut dire aussi, et qui est terrifiant, si on y réfléchit, que, du temps de Jésus, on pouvait être un exclu au nom même de Dieu.
Le lépreux n’aurait donc jamais dû oser approcher Jésus et Jésus n’aurait jamais dû toucher le lépreux: l’un et l’autre ont transgressé l’exclusion traditionnelle, et c’est de cette double audace que le miracle a pu naître.
Le lépreux a probablement eu vent de la réputation grandissante de Jésus puisque Marc a affirmé un peu plus haut que «sa renommée s’était répandue partout, dans toute la région de Galilée.» Il s’adresse à Jésus comme s’il était le Messie: «Il tombe à ses genoux et le supplie: Si tu le veux, tu peux me purifier.» D’une part, on ne tombe à genoux que devant Dieu; et d’autre part, à l’époque de Jésus, on attendait avec ferveur la venue du Messie et on savait qu’il inaugurerait l’ère de bonheur universel; dans les «cieux nouveaux et la terre nouvelle» promis par Isaïe, il n’y aurait plus larmes ni cris (Is 65,19), ni voiles de deuil (Is 61,2). C’est bien cela que le lépreux demande à Jésus, la guérison promise pour les temps messianiques. Et Jésus répond exactement à cette attente: (littéralement) «Je veux, sois purifié.»
Jésus s’affirme donc ici d’entrée de jeu comme celui qu’on attendait; plus tard, il dira aux disciples de Jean-Baptiste: «Allez rapporter à Jean ce que vous entendez et voyez: les aveugles retrouvent la vue et les boiteux marchent droit, les lépreux sont purifiés et les sourds entendent, les morts ressuscitent et la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres.» (Mt 11,4-5). Pauvre, ce lépreux l’est vraiment: et de par sa maladie, et de par son attitude empreinte d’humilité: «Si tu veux, tu peux me guérir». Il suffit de cet élan de foi pour que Jésus puisse agir.
2) LE COMBAT DE JÉSUS CONTRE TOUTE EXCLUSION
Mais ce miracle de Jésus est aussi le premier épisode de son long combat contre toutes les exclusions: car cette Bonne Nouvelle qu’il annonce et que le lépreux va s’empresser de colporter, c’est que désormais personne ne peut être déclaré impur et exclu au nom de Dieu. La description du monde nouveau dans lequel «les lépreux sont purifiés» est vraiment une «Bonne Nouvelle» pour les pauvres: non seulement les malades et autres lépreux sont guéris, mais ils sont «purifiés» au sens de «amis de Dieu». Ce qui veut dire que si l’on veut ressembler à Dieu, être comme le Dieu qui «entend la plainte des captifs et libère ceux qui doivent mourir» (Ps 101/102), il ne faut exclure personne, mais bien au contraire, se faire proche de tous. Ressembler au Dieu saint, ce n’est pas éviter le contact avec les autres, quels qu’ils soient, c’est développer nos capacités d’amour. C’est très exactement l’attitude de Jésus ici, vis-à-vis du lépreux (Mc 1,40).
Et Paul (dans la deuxième lecture de ce dimanche) nous invite tout simplement à imiter le Christ: «Prenez-moi pour modèle, mon modèle à moi, c’est le Christ.» (1Co 11,1). Il reste que, pour aller jusqu’au bout du commandement d’amour («Tu aimeras ton prochain comme toi-même»), Jésus a transgressé la lettre de la Loi: il vient de poser un geste d’une extraordinaire liberté, mais tout le monde n’est pas prêt à comprendre; d’où la consigne de silence qu’il impose au lépreux purifié: «Aussitôt Jésus le renvoya avec cet avertissement sévère: «Attention, ne dis rien à personne, mais va te montrer au prêtre.» Dès le début de sa vie publique, le combat qui va le mener à la mort est ébauché. La Passion est déjà évoquée dans ces lignes: Jésus rabaissé plus bas qu’un lépreux, souillé de sang et de crachats, exclu plus qu’aucun autre, exécuté en dehors de la Ville Sainte, sera le Bien-Aimé du Père, l’image même de Dieu: le «Pur» par excellence.
(Texte extrait de la page internet: https://eglise.catholique.fr/approfondir-sa-foi/la-celebration-de-la-foi/le-dimanche-jour-du-seigneur/commentaires-de-marie-noelle-thabut/)
Quelques dates de fête:
Le 14 février: saint Valentin! mais aussi saints Cyrille et Méthode, apôtres des Slaves (IXe siècle).
Le 18 février: sainte Bernadette Soubirous, jeune fille à laquelle la Vierge Marie apparut à Lourdes (1844-1879).
Nous entrerons en Carême mercredi 17 février, avec la « messe des Cendres », pour celles ou ceux qui peuvent se rendre disponibles. Bien sûr les personnes qui travaillent sont excusées -vu les horaires-, et nous prierons volontiers pour elles!
«Le Mercredi des cendres, premier jour du Carême, est marqué par l’imposition des cendres: le prêtre dépose un peu de cendres sur le front* de chaque fidèle, en signe de la fragilité de l’homme, mais aussi de l’espérance en la miséricorde de Dieu. (* Cette année les prêtres éviteront de toucher le front, et feront plutôt tomber quelques cendres sur la tête…)
«On trouve déjà le symbolisme des cendres dans l’Ancien Testament. Il évoque globalement la représentation du péché et la fragilité de l’être. On peut y lire que quand l’homme se recouvre de cendres, c’est qu’il veut montrer à Dieu qu’il reconnaît ses fautes. Par voie de conséquence, il demande à Dieu le pardon de ses péchés: il fait pénitence.
«Tous, nous faisons l’expérience du péché. Comment s’en dégager? Jésus nous apprend que nous serons victorieux du péché quand nous aurons appris par l’Évangile à remplacer le feu du mal par le feu de l’Amour. Car le feu qui brûle ce jour détruit d’abord mais, en même temps, ce feu éclaire, réchauffe, réconforte, guide et encourage.
«La cendre est appliquée sur le front* pour nous appeler plus clairement encore à la conversion, précisément par le chemin de l’humilité. La cendre, c’est ce qui reste quand le feu a détruit la matière dont il s’est emparé. Quand on constate qu’il y a des cendres, c’est qu’apparemment il ne reste plus rien de ce que le feu a détruit. C’est l’image de notre pauvreté. Mais les cendres peuvent aussi fertiliser la terre et la vie peut renaître sous les cendres. […]»
(Texte extrait de la page internet: https://eglise.catholique.fr/approfondir-sa-foi/la-celebration-de-la-foi/les-grandes-fetes-chretiennes/careme-et-paques/careme/371472-mercredi-des-cendres/)
Horaires des messes du mercredi 17 février dans le Montargois:
– à 11h00 à Lombreuil;
– à 15h00 à l’église sainte-Madeleine de Montargis, avec les enfants du catéchisme;
– à 16h00 à l’église Notre-Dame-des-Cités de Montargis.
ATTENTION: la messe de 20h00 à l’église saint-Didier de Villemandeur est ANNULÉE (à cause du couvre-feu)!