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Méditation de l’évangile du 1er dimanche de l’Avent

Bonjour de l’équipe de Montargis. Nous avons partagé l’Évangile de dimanche ce matin, avec le plaisir d’entrer dans la période de préparation à Noël…

Avec l’entrée en Avent, l’Église catholique nous invite à changer d' »année liturgique », pour (re)découvrir plus particulièrement l’Évangile de saint Marc. Le passage retenu pour dimanche est choisi de façon à réveiller notre attente du Messie…

INTRODUCTION À L’ÉVANGILE SELON SAINT MARC

L’auteur de l’Évangile selon Marc est le seul qui donne à son livre le titre de: «Évangile de Jésus-Christ, Fils de Dieu» (Mc 1,1). Pour cette raison, on peut le considérer comme le créateur de ce genre littéraire. Autrement dit, il serait le premier à mettre par écrit la tradition sur la personne, la vie et l’œuvre de Jésus-Christ qui, jusque-là, circulait sous une forme orale. L’Évangile à ses débuts était prédication, Bonne Nouvelle du salut en Jésus-Christ. Avec la disparition des témoins oculaires de la vie de Jésus, la préservation par écrit de ce qui se disait sur sa personne et son œuvre s’imposa. Marc serait le premier dans cette entreprise.

Le titre: «Évangile de Jésus-Christ, Fils de Dieu» résume le contenu de Marc. Pour lui, Jésus est le Fils de Dieu, l’homme en qui et par qui Dieu se manifesta au monde. En Jésus et en Jésus seul, Dieu se fait connaître, il s’incarne pour permettre aux hommes de le reconnaître comme Dieu, de croire en lui et de recevoir la vie véritable. De tous les quatre Évangiles, celui de Marc est le plus court. Il contient donc l’essentiel de ce que la tradition a voulu préserver au sujet de la vie et de l’œuvre de Jésus-Christ.

Le nom de l’auteur ne se trouve pas dans le texte de l’évangile, toutefois la tradition l’attribue à Marc. Il s’agirait de Jean-Marc (Ac 12,25; 13,5; 15,37), fils de Marie (Ac 12,12) et cousin de Barnabas (Col 4,10), compagnon de Paul (Phm 24,2; Tm 4,11), disciple de Pierre (1P 5,13). Il s’agirait donc d’un personnage suffisamment renseigné sur Jésus grâce aux apports de Pierre et de Paul, mais aussi à ses connaissances personnelles de chrétien probablement encore très jeune lors des événements de la passion de Jésus. Marc 14,51-52 apparaît comme une signature anonyme de l’auteur qui a voulu laisser une marque de son souvenir personnel.

Les destinataires de Marc sont des chrétiens d’origine païenne. En effet, quand on lit Marc, on se rend facilement compte qu’il prend soin, chaque fois que cela s’avère nécessaire, d’expliquer les usages des Juifs. C’est le cas en Mc 7,3: «Or, les pharisiens et tous les Juifs ne mangent pas sans s’être lavé soigneusement les mains, conformément à la tradition des anciens; et, quand ils reviennent de la place publique, ils ne mangent qu’après s’être purifiés».

Le message dramatique de Marc est que Jésus, pendant sa carrière terrestre, est resté incompris et, à la limite, mystérieux pour tous ceux qui l’entouraient, aussi bien ses opposants que ses propres disciples. Malgré ses enseignements en paroles et en actes, ses miracles et ses guérisons spectaculaires, le secret de sa messianité ne sera connu de tous qu’après sa mort et sa résurrection. La pédagogie de Marc consiste donc à rendre son lecteur participant de l’événement qui survient à l’écoute de la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ.

(Autres renseignements sur la page internet: https://www.bible.com/fr/bible/93/MRK.INTRO1.LSG

 Henri MATISSE, vitrail « Nuit de Noël » réalisé en 1952 pour la chapelle du Rosaire de Vence.

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc. (Mc 13, 33-37)
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples: «Prenez garde, restez éveillés: car vous ne savez pas quand ce sera le moment.

«C’est comme un homme parti en voyage: en quittant sa maison, il a donné tout pouvoir à ses serviteurs, fixé à chacun son travail, et demandé au portier de veiller.

«Veillez donc, car vous ne savez pas quand vient le maître de la maison, le soir ou à minuit, au chant du coq ou le matin; s’il arrive à l’improviste, il ne faudrait pas qu’il vous trouve endormis.

«Ce que je vous dis là, je le dis à tous: Veillez!»

PARTAGE DE VENDREDI MATIN:
1) Avec ce premier dimanche de l’Avent, nous entrons dans une nouvelle année liturgique. Je fais le lien avec les textes que nous avons entendu cette semaine (fin de l’année A). Saint Luc emploie un registre apocalyptique (discours sur la « fin des temps »). Il s’agit pour nous d’être prêts, vigilants pour que ces heures qui sont les dernières ne nous surprennent pas. Je sens ici un appel à la vigilance sous deux angles :
– être vigilant dans la prière et dans le respect des exigences liées à notre foi : amour, charité…
– notre capacité à être prêt en laissant l’espace à l’imprévu ! Laisser la place à ce Dieu qui nous visite au moment où l’on s’y attend le moins. Lorsque l’on a fini de tout planifier, c’est à ce moment qu’Il nous surprend.

2) « Veillez »! Dans la fin de l’Évangile de ce vendredi 27 novembre: «Le ciel et la terre passeront, mes paroles ne passeront pas». Nous avons des expériences de veille, par exemple en attendant une naissance: il y a à la fois un terme annoncé (heureux événement bien sûr!), mais en s’attendant aussi à certaines surprises…
Notre temps de l’Avent, c’est veiller ainsi en attendant l’Enfant-Roi (Jésus-Emmanuel). On ne sait ni le jour ni l’heure. Il nous surprend comme un voleur. Et pourtant c’est un bébé. Je pense à la Vierge Marie, et à la toute-puissance de l’amour de Dieu dans un enfant.
Veiller, c’est un savoir-être, quelque chose de constant. C’est une manière d’être à l’opposé d’être endormi, d’être mollasson. Même dans le repos, il ne s’agit pas d’être mollasson! C’est rester dans un esprit de service et d’attention envers ceux qu’on aime, et envers Dieu. Il faut toujours se rappeler que l’on est un serviteur, serviteur de notre Roi qui est cet enfant Jésus.

3) J’aime beaucoup ce texte de l’Évangile, qui est enchâssé dans une liturgie bien construite de 1er dimanche de l’Avent. « Veiller »… Nous sommes parfois trop préoccupés par les obstacles de la vie pour rester attentifs! Je m’aperçois qu’il faut d’abord accueillir les évènements avant de vouloir les transformer.
Ce que je retiens pour moi: «Veillez». Je l’entends plutôt avec Charles de Foucauld et Madeleine Delbrêl: comment entendre aujourd’hui les appels que Tu nous adresses?
Par exemple qu’est-ce que le « droit à l’eucharistie »? Nous défendons notre droit de célébrer, mais être disciple du Christ ce n’est pas d’abord affaire de défendre ses droits… Suis-je capable de rendre grâce pour ce qui est donné? Suis-je capable de prendre soin des autres? Pas besoin de chercher loin les réponses à ces questions…
Madeleine Delbrel écrivait: «Seigneur tu n’es pas loin si je Te laisse entrer». Au travers de ma petitesse, c’est au coeur de ma vie que Dieu dépose sa présence et son action salvatrice.
Une anecdote me vient à l’esprit: pour une veillée de 24 décembre il y a longtemps, on avait tout préparé, et je disais à qui voulait l’entendre: «mais le plus important c’est la disponibilité pour l’imprévu». Le soir même, un homme «abîmé» mettait le feu au sapin qui était à côté de la crèche dans l’église. Et un paroissien de conclure: «L’imprévu, point trop n’en faut!»

4) Je note dans ce court passage d’Évangile la redondance des mots « veiller », « éveillé », « pas endormi »… Nous sommes fortement interpellés pour veiller et attendre le moment… «Vous ne savez pas quand ce sera le moment»? Le moment de quoi? de la mort? de l’aujourd’hui du Christ? de la fin des temps? Ce « moment » me semble multiple…
Veiller, c’est se donner les bons moyens pour se préparer! Ce n’est pas une veille passive! Par exemple veiller par rapport à la mort: se préparer à mourir sereinement, ou à quitter des proches dans la paix. Notre société ne nous pousse pas à cette préparation intérieure. Aujourd’hui, on évacue la mort! On le sent dans la manière dont nous vivons la pandémie. On nie la mort, on ne voudrait pas qu’elle ne fasse pas partie de notre vie.
J’ai de la chance, dans ma famille, la mort fait partie de la vie, et je n’en ai pas peur.
Attendre, c’est se préparer à accueillir la venue du Christ. La venue du Christ pour la fin des temps, je ne maîtrise pas grand-chose. La venue du Christ aujourd’hui: quand on s’y attend, on s’y prépare. Attention, quand on est dans les préparatifs, on oublie parfois l’essentiel! L’image du serviteur, du portier dans l’Évangile, manifeste une responsabilité confiée. Il y a une exigence. Ça se prépare d’être veilleur!
Nous sommes encore dans le temps spécifique de la pandémie. Et il faut repenser à frais nouveaux à chaque fois! L’événement vient nous bousculer. Ce n’est pas celui que nous aurions désiré. Soit je râle et je peste. Soit je réponds généreusement à l’invitation d’entrer dans un esprit d’abandon et de confiance, sans oublier la dimension du travail…
Temps de l’Avent, de la veille; se laisser bousculer, l’imprévu des catastrophes… Il y a un lien entre cette dernière semaine du temps liturgique que nous venons de vivre, et l’ouverture du temps de l’Avent. Qu’est-ce qu’on va en faire de cette crise? Il faut que l’on monde change disait-on après le premier confinement. Or, tout était reparti comme avant… Toutes les contraintes imposées par la crise: sommes-nous sur des questions de sens, en voyant les choses en profondeur (Saisissons cette occasion pour bâtir le monde nouveau)? Ou bien sommes-nous simplement en train de nous demander comment faire tourner à nouveau la boutique?

5) Veiller c’est comme rester à l’écoute! C’est tenir ses sens éveillés pour découvrir le « Monde divin » à travers les humbles signes de ce monde terrestre. Et c’est réveiller son Esprit pour mettre en œuvre tout ce qui est possible pour faire grandir ce « Royaume des Cieux » que nous attendons… Cette période de crise sanitaire et économique nous réveille bien! mais réveillons-nous en nous de la colère et de la tristesse, ou bien un autre regard sur la vie?
Prier ensemble, c’est redonner du sens à ce qu’on vit, dans l’ordre de l’action de grâce et de l’intercession, sans oublier les conversions nécessaires à la promotion de la paix et de l’unité… La société croit pouvoir s’en passer, mais pas nous!

6) Le mot « veiller » me fait penser que dormir est un besoin vital! Il est impossible de veiller en permanence. Et l’alternance du sommeil et de la veille est à la base de notre biorythme. La pointe de ce passage d’Évangile est évidemment spirituelle: Gardez vos âmes en état d’éveil. Il faut donc éviter l’endormissement de l’âme…
Pour faire droit à la comparaison, je me suis demandé quels sont les signes d’un endormissement imminent? Baisse de vigilance. Baisse des réflexes. Mollesse. Baisse d’énergie. Appliquons cela à notre âme: manque de vigilance spirituelle, baisse des réflexes spirituels, mollesse spirituelle, baisse d’énergie spirituelle. Jésus-Christ nous invite vigoureusement à réveiller notre âme!
Comme pour le sommeil du corps, à chacun d’apprendre à se connaître… pour recouvrer la vigilance spirituelle.  Par exemple, quelles sont les démarches qui me ressourcent, qui réveillent mon âme? Lecture, prière prolongée, découvrir la vie d’un saint… Le temps de l’Avent est tout indiqué pour mener l’enquête. Quelles «veilles» le Seigneur m’invite-t-il à intégrer dans mes journées, mes semaines?

Ceci est vraisemblablement notre dernier partage en équipe, car à partir de la semaine prochaine beaucoup d’activités pastorales vont reprendre 
notre disponibilité
… Merci de nous avoir lus! Nous vous souhaitons de tout cœur un temps de l’Avent serein et confiant.

Vous avez probablement déjà vu: le diocèse d’Orléans nous propose un « pèlerinage virtuel » en ce temps de confinement, avec de beaux témoignages vidéo. Cliquer sur ce lien: http://www.orleans.catholique.fr/pele-esperance

Chant de Taizé pour le temps de l’Avent: Wait for the Lord. «Attends le Seigneur, dont le jour est proche. Attends le Seigneur, reste vigilant et garde courage!»
Cliquez sur le clien suivant: https://www.youtube.com/watch?v=s7GexIvX8HU

Une idée pour décorer la maison pendant le temps de l’Avent: reproduire et mettre des couleurs sur le vitrail « Nuit de Noël » d’Henri MATISSE à la chapelle du Rosaire de Vence, réalisé en 1952.