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Méditation de l’évangile du dimanche 6 juin par le P.Xavier Guermonprez
Nous fêtons ce dimanche le Saint-Sacrement, le don du Corps et du Sang du Christ, ce que nos anciens appelaient la « Fête-Dieu »! Peut-être, certaines ou certains se souviennent de processions avec l’ostensoir à travers les rues ou les champs… Si les traditions populaires se sont amoindries, le sentiment de reconnaissance pour ce que Jésus-Christ nous a transmis n’est pas érodé!

INTRODUCTION :
«L’Eucharistie est le troisième sacrement de l’Initiation Chrétienne. Le mot “Eucharistie” signifie “action de grâces”. C’est le peuple qui rend grâce au Père, par son Fils, dans l’Esprit pour le don qu’il nous fait de sa Vie.
« »L’Eucharistie est la source et le sommet de toute la vie chrétienne » (Concile Vatican II, Constitution sur l’Église n° 11).
«C’est par l’Eucharistie que nous est donnée la Vie de Dieu, le Pain de la route. Recevoir le Pain de Dieu nous invite à partager notre pain avec nos frères en humanité. L’Eucharistie structure la vie chrétienne, elle la ponctue, elle est la respiration dans la vie spirituelle. C’est une actualisation de la Pâque et non pas sa répétition ou son simple souvenir. L’Eucharistie, ou la messe, est un rappel de la dernière Cène, de la mort et de la résurrection de Jésus Christ.»
(texte extrait de la page internet: https://eglise.catholique.fr/approfondir-sa-foi/la-celebration-de-la-foi/les-sacrements/leucharistie/)

PRIÈRE: À la table de Dieu
Toi, quand tu prends place à la table de Dieu,
Tu deviens le visage du Christ.
Regarde autour de toi: le peuple de tes frères;
Tu n’es pas seul, tu sais!
Ils sont aussi le visage de Dieu.
Toi, quand tu t’assieds à la table de Dieu,
Tu vas toucher le Corps du Christ.
Prends aussi la main de ton frère;
Tu n’es pas seul, tu sais!
Il est aussi le Corps du Christ.
Toi, quand tu manges à la table de Dieu,
Tu vas manger le Corps du Christ.
Partage avec la foule de tes frères;
Tu n’es pas seul, tu sais!
Ils sont aussi le cœur de Dieu.
Robert RIBER, dans « Mille Textes », 1996.

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc. (Mc 14,12-16.22-26)
Le premier jour de la fête des pains sans levain, où l’on immolait l’agneau pascal, les disciples de Jésus lui disent: «Où veux-tu que nous allions faire les préparatifs pour que tu manges la Pâque?» Il envoie deux de ses disciples en leur disant: «Allez à la ville; un homme portant une cruche d’eau viendra à votre rencontre. Suivez-le, et là où il entrera, dites au propriétaire: “Le Maître te fait dire: Où est la salle où je pourrai manger la Pâque avec mes disciples?” Il vous indiquera, à l’étage, une grande pièce aménagée et prête pour un repas. Faites-y pour nous les préparatifs.» Les disciples partirent, allèrent à la ville; ils trouvèrent tout comme Jésus leur avait dit, et ils préparèrent la Pâque.
Pendant le repas, Jésus, ayant pris du pain et prononcé la bénédiction, le rompit, le leur donna, et dit: «Prenez, ceci est mon corps.» Puis, ayant pris une coupe et ayant rendu grâce, il la leur donna, et ils en burent tous. Et il leur dit: «Ceci est mon sang, le sang de l’Alliance, versé pour la multitude. Amen, je vous le dis: je ne boirai plus du fruit de la vigne, jusqu’au jour où je le boirai, nouveau, dans le royaume de Dieu.»
Après avoir chanté les psaumes, ils partirent pour le mont des Oliviers.

COMMENTAIRES:
Comme au jeudi-saint (1er avril dernier) l’Évangile nous raconte le dernier repas de Jésus avec ses Apôtres. Mais le 1er avril nous était présenté l’Évangile de saint Jean, tandis que ce dimanche nous sera présenté celui de saint Marc… C’est mieux, la diversité nous enrichit! Mais cela pose quand même un petit problème de datation… problème qui poursuit d’ailleurs les spécialistes de la Bible depuis 19 siècles! En effet, saint Marc, saint Matthieu et saint Luc situent le dernier repas de Jésus (la Cène) pendant la veillée pascale, donc le vendredi soir, puisque les Juifs fêtent Pâques le samedi… Tandis que saint Jean met en scène la Passion de Jésus le vendredi, et donc la Cène le jeudi soir. À ce jour, les exégètes n’ont pas résolu cette difficulté, sinon que la liturgie a fait le choix du jeudi soir depuis le IV° siècle.* Derrière cette « anecdote » se cache une question de foi, à savoir ce qui est le plus important, entre l’exactitude historique des événements qui nous sont transmis, et la cohérence du sens qu’ils ont pour nous, ou comment ils permettent à notre foi de grandir… Cette fête du Saint-Sacrement nous donne l’occasion de méditer sur le don du Christ, qui nourrit l’espérance de la multitude.
* Celle ou ceux qui désirent mieux comprendre cette difficulté de datation peuvent lire l’article érudit de A. Jaubert dans la Revue de l’Histoire des Religions, à l’adresse suivante: https://www.persee.fr/docAsPDF/rhr_0035-1423_1954_num_146_2_7015.pdf
«Un homme portant une cruche d’eau viendra à votre rencontre…» La prédiction est une des marques des prophètes, et d’ailleurs la marque la plus ancienne. En effet, avant le prophète Élie, les prophètes officiels étaient surtout des devins, chargés de prédire l’avenir aux rois inquiets de préserver leurs peuples de la guerre ou de la famine… Saint Marc ne s’appesantit pas sur cette caractéristique divinatrice, mais il ne se montre pas non plus farouche avec cette capacité de Jésus. Les derniers prophètes avant Jésus avaient insisté sur l’idée que la Sagesse de Dieu nous donne de construire un monde plus stable, capable de résister aux épreuves à venir! Et c’est peut-être là le plus important dans notre foi: quoi qu’il arrive, savoir ce qui est le plus important à vivre…
Pour illustrer, je cite un passage du prophète Isaïe: «Que m’importe le nombre de vos sacrifices? –dit le Seigneur… Cessez d’apporter de vaines offrandes… Lavez-vous, purifiez-vous, ôtez de ma vue vos actions mauvaises, cessez de faire le mal. Apprenez à faire le bien: recherchez le droit, mettez au pas l’oppresseur, rendez justice à l’orphelin, défendez la cause de la veuve… Si vous consentez à m’obéir, les bonnes choses du pays, vous les mangerez…» (Is 1,11…19)
En écrivant, je reprends conscience que je n’ai jamais fait le tour de la richesse de signification de l’Eucharistie, et que je n’en ai d’ailleurs pas l’ambition! Car si le Don de Dieu est infini, alors on n’aura jamais épuisé (même intellectuellement) les résonances de ce Don! Dans un sens plus positif, on trouvera toujours matière à méditation sur ce Don eucharistique! La Communion respire avec la vie…

COMMENTAIRE sur le Saint-Sacrement par dom Robert Le-Gall:
«L’Eucharistie est appelée le « Saint-Sacrement », parce qu’elle est le sacrement par excellence, celui qui contient réellement l’auteur même de la grâce. Le cadre naturel et primordial du culte eucharistique est la célébration de la messe, sacrement du sacrifice du Calvaire, auquel participent les fidèles, par le consentement attentif et par la communion. La messe du Jeudi saint au soir et celle de la Solennité du Saint-Sacrement du corps et du sang du Christ, au jeudi ou au dimanche qui suit la sainte Trinité, célèbrent spécifiquement l’Eucharistie.
«Bien que la messe soit l’acte-référence de la liturgie eucharistique, le culte du Saint-Sacrement en dehors de la messe est surtout orienté vers la présence réelle du Seigneur sous l’espèce du pain, en vertu de la transsubstantiation. Quand la primauté de la messe est maintenue, le culte de l’Eucharistie en dehors d’elle est légitime. Il se pratique de plusieurs façons.
«On conserve l’Eucharistie ou sainte réserve dans le tabernacle, avec la révérence dûe au Seigneur réellement présent, afin de rendre toujours possible la communion en dehors de la messe, surtout pour les malades et pour les mourants; des rituels sont prévus pour cela. Les fidèles peuvent aussi venir prier plus personnellement en présence du Christ, comme l’Église l’a toujours recommandé.
«En outre, l’Eucharistie est l’objet d’un culte particulier lors du salut du Saint-Sacrement, comportant une exposition, une adoration et une bénédiction. En des circonstances particulières, spécialement lors de la Fête-Dieu ou à l’occasion de pèlerinages importants, on peut prévoir une procession du Saint-Sacrement. Les congrès eucharistiques constituent une manifestation privilégiée de foi envers le Saint-Sacrement.»
Dom Robert Le Gall – Dictionnaire de Liturgie © Editions CLD, tous droits réservés.
(Texte extrait de la page internet: https://liturgie.catholique.fr/lexique/saint-sacrement/)

EXPLICATION de l’EUCHARISTIE par Magali Michel (pour Le Jour du Seigneur) :
Le sacrement de l’Eucharistie
Au sens propre, le mot grec eu-charistia signifie « reconnaissance, gratitude ». C’est au cours d’une prière d’action de grâce que Jésus institua l’eucharistie au cours du dernier repas pris avec ses disciples, la veille de sa mort.
Les quatre évangiles rapportent cette scène, la dernière Cène, du latin cena, « le dîner ». « Avant la fête de la Pâque, Jésus, sachant que son heure était venue de passer de ce monde vers le Père, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’à la fin. », rapporte l’évangéliste Jean qui était présent. Dans l’épître aux Corinthiens, l’apôtre Paul relate que « la nuit même où il fut livré, le Seigneur prit du pain, puis, ayant rendu grâce, il le rompit, et dit : « Ceci est mon corps, donné pour vous. Faites cela en mémoire de moi. » Après le repas, il fit de même avec la coupe, en disant : « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon Sang. Chaque fois que vous en boirez, faites cela en mémoire de moi. » Telle est l’origine de l’eucharistie.
Dans le monde sémitique, la nourriture a valeur sacrée. On bénit Dieu pour le pain, l’eau, le vin ou les fruits qui sont ses dons. Le repas lui-même a valeur religieuse. Manger en commun établit entre les convives, et d’eux à Dieu, des liens sacrés. Dans la révélation biblique, nourriture et repas servent dès lors à exprimer la communication de vie que Dieu fait à son peuple. Jésus choisit précisément un rite de nourriture pour se donner lui-même et se rendre présent sous les espèces du pain et du vin. Un jour, à Hippone en Kabylie, saint Augustin, raconte qu’il entendit une voix lui dire : « Je suis l’aliment des forts, grandis et mange-moi ! Mais tu ne me transformeras pas en toi comme si j’étais un aliment matériel, c’est toi qui seras transformé en ce que je suis. »
L’eucharistie est une source et un sommet. Les pères de l’Eglise et les saints en parlent comme d’un trésor. Réelle et pleine présence du Christ, l’eucharistie est parmi les sept sacrements celui par lequel Jésus-Christ livre son corps et son sang afin que les chrétiens qui le reçoivent soient unis à lui dans la sainte communion. Par elle, ils sont ainsi liés au seul corps du Christ, l’Église. Le dimanche est le jour par excellence de la célébration de l’eucharistie. Toutefois, les prêtres perpétuent le sacrifice de la messe tous les jours. De nombreux fidèles s’en nourrissent quotidiennement car l’eucharistie n’est pas qu’un devoir dominical, mais une rencontre gratuite avec l’amour de Dieu. Les chrétiens peuvent exactement redire ce que déclaraient les martyrs d’Abitène en Tunisie, au IVe siècle : « Nous ne pouvons pas vivre sans le repas du Seigneur. »
La célébration de l’Eucharistie
La messe comporte une liturgie de la Parole, avec des chants, des prières et plusieurs lectures tirées de la Bible expliquées dans une homélie et une liturgie eucharistique, au cours de laquelle les offrandes du pain et du vin sont transformées sur l’autel pour devenir le corps et le sang du Christ.
Au terme de la prière eucharistique, l’assemblée des fidèles donne son assentiment par un Amen solennel. On peut alors prononcer le Notre Père qui est la prière des fils réconciliés avec le Père grâce au sacrifice de son Fils fait homme – et procéder au rite de la paix en signe de réconciliation des frères entre eux. L’assemblée se déplace ensuite en procession vers l’autel pour recevoir la communion eucharistique. Des rites d’entrée (chant, vénération de l’autel, encens, signe de croix, prière pénitentielle) et des rites de conclusion (bénédiction et envoi) encadrent la célébration eucharistique.
La Communion
Qui veut s’unir au Christ et participer à la table eucharistique peut faire sa communion. Il faut pour cela être baptisé et dans les dispositions requises. Avec l’âge de raison, les enfants font leur première communion. Ce jour-là, ils reçoivent l’hostie consacrée par le prêtre au cours de la messe paroissiale ou privée. Ce sacrement de l’initiation chrétienne est aussi appelé communion privée. Il est administré dès que l’enfant est en âge de comprendre qu’il communie au corps du Christ et devient lui-même membre de ce corps. Toutefois de plus en plus d’adultes, baptisés dans leur enfance, se rapprochent de l’Église et demandent à recevoir l’eucharistie. Pour ces « recommençants », des parcours catéchétiques permettent de grandir dans la foi avec d’autres chrétiens. En communiant, ils entrent progressivement dans l’intimité du Fils pour participer par lui à la vie de la trinité. « De même que le Père, qui est vivant, m’a envoyé et que je vis par le Père, de même celui qui me mange, lui aussi vivra par moi. » dit Jésus dans l’évangile de Jean. (Jn 6, 57)
Au cours des âges, on a démultiplié les mots pour désigner le sacrifice eucharistique. D’abord, « messe » piqué à la formule latine conclusive « ite missa est ! » puis « repas du Seigneur », « fraction du pain », « assemblée eucharistique », « mémorial de la Passion », « sainte et divine liturgie », « saints mystères », « sainte communion ». Cette multiplication des mots exprime la richesse spirituelle de l’eucharistie, immense source d’inspiration pour les théologiens poètes comme Thomas d’Aquin ou Jean Chrysostome, alias « la bouche d’or ».
Magali Michel

Si vous désirez vous arrêter dans la prière sur la séquence du Saint-Sacrement (Poème de saint Thomas d’Aquin, qui est lu ou chanté juste avant l’Évangile de ce jour), et la méditer, vous pouvez profiter d’un diaporama avec 26 belles illustrations… Cliquez sur ce lien: https://slideplayer.fr/slide/12495631/PICTURE-08
Dans un autre style, vous pouvez découvrir cette séquence chantée en français, « Voici le pain des Anges », avec de belles images liturgiques: https://www.youtube.com/watch?v=Rf7rr74V_7c


UN PEU D’HUMOUR?
L’évêque fait passer un examen aux futurs communiants:
– Qu’a dit le Seigneur en instituant le sacrement du baptême? demande-t-il à un premier enfant.
– Il a dit: «Je te baptise au nom du père, du fils et du saint esprit.»
– Très bien. Et toi, demande-t-il à un second enfant, qu’a-t-il dit pour l’Eucharistie?
– Il a dit: «Prenez et mangez, car ceci est mon corps…»
– Parfait. Et toi, demande-t-il au petit Toto, qu’a dit le Seigneur en instituant le sacrement du mariage?
– Euh… c’est quand il a dit: «Pardonnez-leur, mon père, car ils ne savent pas ce qu’ils font.»?

Xavier Guermonprez, prêtre à Montargis.xguermonprez45@gmail.com
Méditation de l’évangile du dimanche de la Trinité ( 30 mai) par le P.Xavier Guermonprez
Nous fêterons ce dimanche la Trinité, dans l’élan de Pâques et de la Pentecôte… le Fils et l’Esprit unis au Père. On se demande souvent si on a bien compris cette notion théologique, mais nous pourrions nous demander aussi si la communion si belle au cœur de Dieu nous aide à vivre unis aux autres au quotidien?
Pour ma part, je ne cherche plus tant des calculs mathématiques sur les possibilités de Dieu, que d’entretenir un lien de confiance avec Lui… autrement dit de Le laisser se révéler tel qu’Il est, de Le laisser m’aimer tel que je suis, et d’avancer humblement dans la foi…
Mais l’Évangile de ce dimanche ne nous parle pas que du Père, du Fils et du Saint-Esprit! Il nous parle davantage de répandre partout la foi!

Prière: Seigneur, apprends-nous…
Seigneur,
apprends-nous à changer notre regard.
Ouvre nos yeux sur les réalités de notre monde
pour que nous puissions les voir, pour ne pas les mépriser,
pour ne pas les redouter, mais pour les accueillir
comme un rendez-vous avec Dieu Trinité.
Apprends-nous à changer notre regard
sur les certitudes qui nous enferment, sur les valeurs qui nous rassurent,
sur les autres que nous verrouillons dans nos jugements tout faits !
Que ton Amour, Dieu Trinité, nous libère.
Donne-nous de savoir apporter,
de savoir recevoir, de savoir demander,
de savoir dire à l’autre le besoin qu’on a de lui…
et de voir en l’autre ton Image, Dieu Trinité.
Apprends-nous à entrer dans l’avenir,
non pas à reculons comme des nostalgiques,
mais comme dans un avenir où Dieu nous attend,
où Il est déjà Visage de l’Amour de Dieu trois fois Saint.
Apprends-nous à écouter, à reconnaître les besoins de l’autre,
comme des Paroles de Dieu, à voir en l’autre
la Présence qui l’habite,
et à ne pas avoir peur de l’inconnu
qui est le visage de Dieu d’ Amour.
(Et autres prières à la Trinité sur la page internet: https://www.trinitaires.org/spiritualite/prieres-a-la-trinite/)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu. (Mt 28,16-20)
En ce temps-là, les onze disciples s’en allèrent en Galilée, à la montagne où Jésus leur avait ordonné de se rendre. Quand ils le virent, ils se prosternèrent, mais certains eurent des doutes. Jésus s’approcha d’eux et leur adressa ces paroles: «Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre. Allez! De toutes les nations faites des disciples: baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde.»

Commentaires:
Ce passage se situe à la fin de l’Évangile de saint Matthieu. Il nous rapporte donc des paroles essentielles à retenir, à la fois en forme de conclusion et en forme d’ouverture sur l’avenir. Il est assez court, et offre donc une densité d’expressions! Presque chaque mot compte! Le verbe « allez » par exemple, ressort d’autant plus…
Nous retrouvons la Trinité essentiellement dans le commandement de Jésus: «baptisez-les [les disciples de toutes les nations] au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit.» Il est étonnant que Jésus parle du Fils, n’est-ce pas? Pour plus d’un exégète, cela veut dire que cette phrase: «Je te baptise au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit» était déjà bien mémorisée à l’époque, et est donc ressortie telle quelle… Ils en déduisent que les baptêmes tels que nous les célébrons aujourd’hui étaient déjà réalisés, en substance, par les apôtres. Quant à la Trinité, elle semble naturelle, habituelle… Le Père envoie le Fils pour nous sauver des différentes morts auxquelles nous sommes affrontés, et nous plonge dans son Esprit d’amour éternel! À priori, pas de calcul théologique, mais un sens intuitif de l’histoire d’Alliance.
«Baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit.» On pourrait traduire: «Plongez-les dans le Nom trinitaire de Dieu»! Pour les Juifs et les Romains de l’époque, c’était un discours révolutionnaire! Le Nom de Dieu, pour les Juifs, est unique et inaccessible aux êtres humains. Il est donc blasphématoire de vouloir le changer ou se l’approprier! Pour les Romains, les divinités inspiraient bien des unions mais des guerres aussi, suivant leurs humeurs et leurs influences… Il est inimaginable pour eux, et même anti-religieux, de définir un Dieu-communion, un Dieu articulé en trois personnes alliées! Le message chrétien apporte donc une notion radicalement neuve: Dieu est riche de trois Personnes!
«Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde.» Jésus nous accompagne, chacune et chacun personnellement, au long de notre pèlerinage sur la terre. Pas d’inquiétude: Il est avec nous chaque jour! Pas de tristesse: nous ne sommes jamais seuls! Le Paradis? pas encore puisque nous n’avons pas encore vu la fin du monde! Alors? «Certains eurent des doutes», et moi aussi je peux me sentir inquiet ou triste quand le doute me gagne! «Notre Père… ne nous laisse pas entrer en tentation», que la force de ton Esprit nous accompagne quand nous sommes tentés par le doute!



Quelques extraits des commentaires de mes confrères vendredi:
Jésus parle de se rendre sur une haute montagne: cela nous suggère une « théophanie » (manifestation divine) comme au jour de la Transfiguration…
Les apôtres eurent des doutes. On ne nous dit pas ce sur quoi portent les doutes…
J’entends presque une contradiction: «Ils se prosternèrent (signe de conviction), mais certains eurent des doutes». Une opposition qui fait écho à notre itinéraire chrétien. Pouvons-nous faire confiance malgré ou avec le doute?
Quand on m’invite pour aller bénir une maison dans laquelle «des choses bizarres se passent», je réponds en m’appuyant sur la présence du Christ. Je ne suis pas seul, et c’est ça qui me donne la force. Tout ce que je fais, ce n’est pas en mon nom, c’est au nom du Christ. De même, aux messes, je n’ai jamais douté des gestes que je pose. Je sais que ce n’est pas moi, mais le Christ qui fait tout.
On ne peut pas appréhender la totalité du visage de Dieu. On pourrait dire même trois visages qui se complètent… Si on ne voit pas clairement l’un des visages de Dieu, les autres visages sont là pour nous rassurer.
Saint Hilaire de Poitiers souligne que le fondement de la foi trinitaire, c’est la foi baptismale.
Jésus commande: «apprenez-leur», ce qui est différent de «enseignez leur»! Il s’agit plus d’un apprentissage par l’exemple et l’accompagnement, que d’un cours magistral! En France, nous sommes dans une tradition d’enseignement, dans laquelle le «maître» interroge les «élèves» qui sont a priori ignorants. La logique évangélique voudrait le contraire: tous apprennent les uns par les autres… Nous sommes en train de bouger dans le monde des enseignants, mais lentement.
«Certains» eurent des doutes. Dans le grec, «Ils eurent des doutes». Le lectionnaire a sans doute amoindri le texte grec? Je cherche toujours à ce que la profession de foi ait lieu le dimanche de la Trinité.
Doute: sentiment d’absence… La foi est un lâcher-prise et une confiance!
«Faites des disciples»: la mission de l’Église est de faire des disciples! Nous sommes à la fois disciples et missionnaires (voir le document d’Aparecida, n°144-148).
Ce texte me fait penser particulièrement à celles et ceux qui n’ont pas la possibilité d’exprimer librement leur foi. En plus du doute, il peut y avoir une grande peur! Mais Celui qui vient d’être mis à mort envoie ses disciples encore plus loin… Il nous invite à la confiance… Mais je pense à celles ou ceux qui ont peur d’exprimer leur foi à cœur ouvert, un préalable pourtant nécessaire pour devenir disciples!
Nous sommes baptisés – plongés – dans la Trinité, dans ce type de relation à Dieu. Quand on n’a plus de questions sur la foi, on est statique, on ne bouge plus! Et si j’ai une hésitation dans la récitation liturgique du CREDO, je sais pouvoir m’appuyer sur mes frères chrétiens…
Jésus nous donne rendez-vous dans les Galilée modernes! C’est dans ces régions mal croyantes que Jésus nous envoie en mission!
Le commandement «Allez!» s’adresse aux disciples. Or le Christ est au début, au centre et au terme de cet appel. «Tout pouvoir m’a été donné»: c’est le Christ qui est puissant. «Baptisez-les au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit»: nous ne baptisons pas en notre nom propre, mais en tant que disciples. «Ce que je vous ai commandé»: nous n’organisons pas ce qui vous arrange, ni ce qui vous semble intéressant à vue humaine!
«Je suis avec vous…»: ces mots concluent l’Évangile de saint Matthieu, comme le nom d’Emmanuel (« Dieu avec nous ») l’a commencé! C’est comme si saint Matthieu écrivait le titre: Jésus, l’homme qui est Dieu avec nous!
Question: suis-je conscient de la présence du Seigneur à tous les moments de ma vie? Il est là! À moi de découvrir sa présence.
«Et moi, je suis avec vous tous les jours»: Le Christ est bien là! Et Il nous accompagne dans nos partages de foi!
Jésus nous apprend à prier le Père en nous appuyant sur l’aide de l’Esprit: «Notre Père…»

D’autres façons de prier la Trinité?
Un chant de Taizé qui s’inspire des méditations de saint Grégoire de Nazianze, Patriarche de Constantinople au 4ème siècle, « Ô Toi, l’au-delà de tout »: https://www.youtube.com/watch?v=pmKC3SKXq-Q
Voici les paroles de ce chant: «Ô Toi, l’au delà de tout, quel esprit peut te saisir? Tous les êtres te célèbrent, le désir de tous aspire vers toi.»

Nous pouvons porter dans nos prières les pèlerins qui se préparent à aller à Lourdes du 2 au 7 août prochain, ainsi que celles et ceux qui ne peuvent pas y aller à cause de la crise sanitaire (personnes trop fragiles, personnes en perte de repères).
Nous pourrions porter dans nos prières les hospitalités de Tours, Nevers et Autun qui pour la seconde année consécutive, sont dans l’obligation d’annuler leurs pèlerinages qui auraient dû avoir lieu respectivement du 17 au 21 août, du 2 au 8 aout, du 12 au 17 juillet, soit par décision de l’évêque, des médecins et/ou par manque de forces vives.


«Notre temps veut que l’homme soit au Centre.
L’homme a poussé son Créateur à l’arrière-plan.
Dans ce chef-d’œuvre, l’homme se trouve aussi au centre. Mais quel homme !
Regarde… Regarde l’homme.
Non pas l’homme autonome, conscient et fier de ses propres valeurs.
Mais l’être humain dans toute sa faiblesse et sa misère.
Et cet homme est bel et bien au centre.
Au centre de quoi ?
Au centre de toute l’attention de Dieu, de sa charité et de sa miséricorde.
Il est entouré de tous les côtés par ce Dieu qui se met de côté.
Plein d’amour, le Père se penche sur l’homme.
Il le tient, le porte, prend soin de lui, l’embrasse.
Jésus, Fils de Dieu, s’abaisse, descend aussi bas que l’être le plus bas. Il saisit ses pieds, les couvre de baisers, les lave.
Pour accomplir envers nous l’acte d’Amour le plus grand, il pose ce geste le plus humble qui soit.
L’Esprit Saint fait irruption par le haut vers l’homme.
Il veut le remplir de son Amour, de sa Lumière, de sa Paix.
Pour Dieu, l’homme est au centre.
Qui ne souhaiterait être au cœur d’un tel échange ?
Cet homme, c’est toi, c’est moi…
Accepter ma faiblesse
Et l’abandonner à Celui qui m’aime tel(le) que je suis,
Me laisser tomber en Dieu, ne plus rien faire,
Continuer seulement à être, accepter de me laisser aimer…
… aimer jusque là.»
(Texte d’après « Regarde » de Dietrich Théobald)
(Si vous voulez voir les détails de cette image: https://quovadis.sarthecatholique.fr/wp-content/uploads/2015/10/Trinit%C3%A9-mis%C3%A9ricordieuse-c%C3%A9ramique.jpg)

La mosaïque de l’abside de l’église de Germigny-des-Prés reste un exemple remarquable d’iconographie chrétienne pendant l’ère carolingienne. En effet, il évite les représentations trop « terrestres » qui ont amené à la crise iconoclaste, et il centre l’attention sur l’Alliance entre Dieu et l’humanité. Ce dessin est un croquis réalisé en 1848 pour la restauration de la mosaïque.
«C’est la seule mosaïque byzantine de France avec deux anges qui entourent l’Arche d’alliance et cette scène s’inspire à l’évidence de mosaïques de la basilique Saint-Vital de Ravenne (Italie)… La mosaïque occupe dans l’église la place que la tradition byzantine réserve aux images de la Vierge Marie trônant, le Christ sur ses genoux, et entourée de deux anges, l’un à droite et l’autre à gauche…
«Le mosaïste, et derrière lui Théodulf d’Orléans, semblent se situer à mi-chemin entre l’iconoclasme et la position des partisans byzantins des images (Jean Damascène et Théodore Studite, par exemple). Cette position intermédiaire est exactement celle des théologiens de Charlemagne, du concile de Francfort de 794 qui condamne les iconoclastes, et des Livres carolins dont Théodulf est l’auteur.»
Plus de renseignements sur la page internet: https://fr.wikipedia.org/wiki/Oratoire_carolingien_de_Germigny-des-Pr%C3%A9s
Et pour l’humour…



Xavier Guermonprez, prêtre à Montargis.xguermonprez45@gmail.com